Nous ignorons de quel départ il est question
142 LES PRKDICANTS PROTESTANTS
Ces paroles semblent exactement contredire ce que Pourtal avait écrit à Brousson quelques semaines auparavant. Mais le découi'agement d'Henri n'avait été que passager. 11 n'avait point discontinué sa tâche. Peut-être même avait-il sa responsabilité directe dans les colères qui inquiétaient Mandajors. Le 10 février 169G, en effet, il avait copié une Lettre de consolation pour une j enne fille qui, étant enfermée dans un couinent, est persécutée à changer de religioîi par les ministres de r Antéchrist romain, les émissaires du démon, qui ne lui donnent pas de relâche. La Lettre contenait des considérations religieuses sur l'épreuve et la nécessité de la résistance morale, mais aussi la promesse d'une vengeance terrible et prochaine :
On entend déjà la voix de l'époux qui vient avec puissance et grande gloire, c'est niainlcnant que Dieu vient avec les instruments de sa vengeance pour réduire le pays en désolation et pour exterminer les pécheurs. . . Maintenant nous voyons déjà des assemblées par tous les quatre coins de la France, on prêche déjà TEvangile par toute la terre, l' Antéchrist est déjà à la lîn de son régne. Ce grand ennemi de Jésus-Christ est maintenant enserré de tous côtés, il est combattu avec l'épée de la chair et avec l'épée de l'Esprit, qui est la Parole de Dieu, on sape le fondement de son empire tyrannique ; à ce coup faut-il que son règne soit détruit et aboli pour jamais. . . Dieu divise déjà les ennemis de l'Evangile, tellement qu'ils se poignardent l'un l'autre ; nous voyons des armées qui ont environné cette nouvelle Egypte de toutes parts, qui font ruisseler des rivières de sang sur toutes ses frontières, qui vont entrer apparemment dans le cœur de ce malheureux royaume pour y humilier les mondains, les idolâtres... et généralement tous les profanes... et pour délivrer ceux qui sont opprimés pour son nom. . . Il faudra qu'on nous mette en liberté bon gré ou mal gré qu'ils en aient. (Dieu) vengera le sang innocent... qui crie vengeance comme celui d'Abel. Il le vengera d'une terrible manière.
Cette pièce, qui paraphrase sans doute un original de Brousson, ne se rapportait guère à la situation des armées coalisées, telle qu'elle se présentait en 1696. Mais Pourtal l'avait transcrite toute entière. L'avenir appartenait à la cause de l'Evangile. Les méchants seraient écrasés, le roi vaincu'.
1. C. 173. Dossier Pourtal. Le même dossier contient la copie, de la main du prédicant, d'une pièce dont le fond vient aussi de Brousson. une Lettre de consolation pour une fidèle qui est enfermée dans un couvent pour la cause de l'Evangile. On y lit ces lig:nes, analogues à celles que nous venons de citer : « Dieu commence déjà à frapper de toutes ces plaies cette nouvelle Eg-yple et ces impies persécu-