‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 115 sur 284 · LA CHASSE AUX FUGITIFS · texte numérisé non relu

LA CHASSE AUX FUGITIFS

Le 5 novembre, un placard de Noailles, provoqué par quelque dénonciation, fit défense « à toutes personnes de donner retraite aux nommés Manuel (sic) et Bringuier, du lieu de Lasalle. et au nommé Géré de Tournac, et autres vagabonds, à peine de la vie conti^e ceux dans la maison de qui ils seraient trouvés, et à peine aux communautés de souffrir des logements en pure perte. » Mille livres de récompense étaient proposées à qui les ferait prendre, et les conmiunautés qui les livreraient seraient exemptes des troupes'.

Les trois prédicants nommément menacés passèrent encore, cependant, à travers les mailles du filet. Un quatrième prit plaisir à narguer l'intendant. Bàville était monté lui-même dans les Basses-Gévennes avec sa suite, pour s'assurer de l'exécution des mesures qu'il avait ordonnées". Nous avons mentionné déjà son passage à Alais où il harangua les notables. Il traversa Lasalle pour gagner Saint- André. « Quand il eut passé le Pont de Vallongue, raconte Gavanon(de Lasalle), en haut sur la hauteur il ne passa qu'à six pas de M. Vivent et de sa troupe qui étaient en nombre de quinze personnes, ce que M. Vivent lui écrivit par une belle lettre quand il fut de retour à Montpellier, en lui marquant qu'on le traitait de perturbateur du repos public, mais que s'il avait été tel, lorsqu'il était passé si proche de lui (en lui nommant l'endroit), que sa vie ne dépendait que de lui, mais qu'il n'avait garde de répandre le sang à moins qu'il ne se vît attaqué » ',

Les battues de Noailles, les menaces de Bàville aux communautés, les incommodités de Ihiver, arrêtèrent net dans les Hautes-Gévennes, les manifestations séditieuses. Quelques fugitifs, épuisés, se laissèrent prendre ou se rendirent '. Claude Menut (29 ans), fils d'un notaire de Marvéjols, fut saisi le l^' décembre à Saint-Lager de Peyre. Ge qui aggravait sou cas. c'est qu'il avait colporté des a Ghansons spirituelles», «par lesquelles le pape était traité de maroufle, le règne de tyrannie, et les catholiques de persécuteurs ». Un ecclésiastique de Marvéiols les avait remises à Bouvière « sans vouloir signer sa

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