Bull. XXXI
"2. Bull. XXXI, "216. Deux autres délibérations sont du -23 octobre et du 8 novembre. Voir encore les délibérations de Ribaule (Bull. XXX, 26), Ganges {Reg-. délib., 6 nov.), Anduze (Hugues, p. 007), Vallerauj;ue (Reg. délib., 10 nov.), Xîmes (Borrel, p. 32i). Après avoir tenu les Etats de la province, Noailles porta toutes les délibérations à la Cour (Gaultier, II, 121).
3. Lieutenant général des armées du roi en l'absence de Noailles.
\. C. 160, 11 mars 1686. Ordonnance de Bàville. « Les assemblées qui ont été laites ayant été provoquées par quelques fugitifs qui ont abandonné leur demeure et qui trouvent leur sûreté dans la retraite qui leur est donnée par les particuliers...», défense est proclamée de les recevoir sous peine de rébellion et raseraent de maisons. Les communautés devront leur courir sus à peine de logement de soldats en pure perte.
C. 100. Ban de La Trousse du -2.) décembre 1686. Il y mentionne encore « les assemblées faites dans le seul dessein de troubler la tranquillité publique >>. Quiconque aura donné asile à un fugitif aura sa maison rasée, et payera 5{XI livres d'amende <iui seront versées au dénonciateur. Les auxiliaires seront emprisonnés, des troupes logeront sur le territoire où les fugitifs auront été re<;us.
188 LES l'RÉDICANTS PROTESTANTS
munautés furent rappelées à leur devoir. Elles reçurent, de plus, l'assurance d'un soulagement pécuniaire considérable dès qu'elles auraient remis douze réfractaires.
La chasse aux protestants errants, dure besogne, surtout par les mois d'hiver, resta cependant particulièrement confiée aux soldats. Les compagnies qui suivirent Tessé jusque dans les lieux les moins accessibles des Gévennes, avaient reçu l'ordre de fouiller tous les villages et hameaux séparés, aussi bien que les bois et les montagnes, « pour tâcher de prendre ces malheureux prédicants qui donnaient tant de peine. » Rien ne rendait les Cévenols plus insolents et plus disposés à se révolter que l'opinion oii ils étaient que l'on ne pouvait pénétrer chez eux, et Bâville pensa dès ce moment à percer des chemins par où les troupes pussent rapidement arriver aux régions dangereuses. Noailles réussit, par de mauvais sentiers, à lancer tant de détachements dans les vallées rebelles que les fugitifs durent se réfugier dans les bois des plus hauts sommets. C'est de la fin de l'année 108G qu'il faut dater un Projet pour prendre les ministres et prédicants et fugitifs que nous avons retrouvé aux Archives du Languedoc \ L'auteur inconnu qui l'a rédigé, un homme de guerre certainement, y propose une méthode pour investir les montagnes de l'Aigoual, de l'Espérou, du Liron, de la Lozère. « Il faut, dit-il, faire traquer les bois, visiter les cavernes et tous les lieux suspects, comme si Von chassait au sanglier ». Il expose en détail un plan d'encerclement de l'Aigoual. Les soldats garderaient les seuls passages par où il soit possible de sortir de la forêt qui le couvre, et entre ces divers postes, sans discontinuité, battant les fourrés et les broussailles, s'avancerait une file d'habitants des communautés environnantes. Pour éviter que ceux-ci ne se fissent complices du gibier poursuivi, ils seraient convoqués au dernier moment, sans savoir en vue de quelle besogne, et quelques dragons les surveilleraient dans leur marche en avant. L'ensemble des Cévennes serait divisé en trois régions. M'' le marquis de Rozes [Rozen] aurait de la montagne de Lozère jusqu'à Saint-Jean du Gard. La montagne du Liron, de Saint- Jean à Saint-Marcel, serait confiée à M. Dugua. Lé chevalier de Tessé se chargerait de l'Aigoual et de l'Espérou. Le projet était ingénieux. Mais il demandait trop de troupes, et il ne paraît pas qu'il ait été exécuté.
i. C. "274. Voir nos P. J.