‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 129 sur 284 · Bull. XLVII · texte numérisé non relu

Bull. XLVII

3. Gavanon affirme que (piatrc bandes furent formées. Il ne connaît pas le nom de ceux qui devaient être à la tète des deux dernières, dont il ne sait rien. La première est celle de ^'ivenl. « La seconde fut conduite par M. (îuérin de Soudorgues. Guérin était un bon religionnaire fort renommé. Sa famille était

212 I.ES PRKUICANTS TROTESTAMS

la composaient une liste ofllciellc pareille au Contrôle précédent. Il est possible quelle se soit perdue. Peut-être aussi ne fut-elle pas dressée, par la raison que la bande eut cette lois moins de chemin à faire et point de frontière à traverser. Bà ville l'enferma dans lîlot fortifié de Brescou, au large d'Agde, l'y garda trois semaines au régime des prisonniers, et la lit enfin transporter par mer sur les plages italiennes. Par Gênes et les Alpes, les émigrants atteignirent la Suisse, en suivant une route sur laquelle d'autres protestants du Languedoc les avaient précédés '.

Les prédicants disparus, l'intendant ne se soucia plus de former des convois nouveaux, et les fugitifs dont Vivent et ses amis avaient fourni les noms sans pouvoir tous peut-être les avertir, jugèrent bientôt de la probité des olliciers du roi. Ceuxci n'avaient point de parole pour les hérétiques. Les listes ollicielles que Vidal rapporta à Daudé en aoi'it, se trouvèrent superllues, « à cause que Vivent avait déclaré les noms des fugitifs ». Bàville oublia même de payer les frais d'un voyage (ju'il avait ordonné '.

Un placard, daté du 30 août 1G87, et signé de La Trousse, publia le nom des 'Èi2 pei*sonnes qu'il restait à conduire à l'étranger, enjoignant aux diverses communautés des Cévenues « d'arrêter, chacune à leur égard les particuliers dénommés, et de les remettre dans quinzaine au plus tanl entre les mains de INI. Dugua, colonel de cavalerie, pour en disposer selon ses instructions, à peine, contre les communautés qui ne satisferont pas à la présente ordonnance, de logements de troupes en pure perte ' «. La Trousse pensait en outi'c par cette ailiche jeter le

nombreuse, personne ne siiccoiulia. Tous lurent Hdéles {Pap. Court, 17, B, l'"' '.)!> et 79)». La leniine de Guériu, Jeanne l'"cs(niet, teste à Soudorgues en 1701 et mentionne trois de ses eulanls, Marie, Franeoise et l'iulippe, comme sortis de France. La liste des déportés, dans ia/'>. Prot., indi(|ue Marie et Philippe comme ayant tout au moins été c<jnduits dans un ])ort pour y être embaïqucs.

l'ourlai (ou Portai) était du mas de |{ourj;nolles (Saumane). Brousson dit <iu'il quitta la France avec Tune des deux bandes. Il est possible cependant qu'il se soit exilé seul, comme Serein (voir ci-aprés).

Page 1