‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 128 sur 284 · LA SECONDE TROUPE DES EXILÉS · texte numérisé non relu

LA SECONDE TROUPE DES EXILÉS

Le Conti'ôle porte encore le signalement de Jean Jean, de Pomaret (Saint-André de Yalborgne),eardeur de laine (40 ans) « fanatique et à demi-prédicant ». Sa femme l'accompagne a Marie Arnald [Arnal ? ou Arnaud ?], 30 ans. la physionomie d'un homme, et fort mauvaise».

Parmi les autres hommes de la troupe (ce sont surtout des jeunes gens), notons Claude Salendres (35 ans) travailleur de terre, de Soudorgues, frère de Jacques qui vient d'être pendu, et qui, comme lui, porte le surnom de Capitaine'. Salendres a avec lui sa sœur Catherine, dont le mari, Antoine Mazel « est aux Iles ».

Relevons, pour achever, le nom des deux dernières femmes que nous n'ayons pas encore mentionnées, Suzanne Portalès, veuve de François Durand, de Lasalle(48 ans) désignée comme «une diablesse», et Jeanne Gautière, veuve de Jean Roques, de Caderles (24 ans) «dont le mari a été pendu avec Manuel (.Sic)».

Les 45 personnes de cette première bande, comme en témoigne l'en-têtede la liste, furent donc conduites jusqu'en Espagne. Il est presque certain que Vivent et ses amis avaient pensé être dirigés du côté de Genève. Cependant plus d'un fugitif pour cause de religion, avait déjà pris la route de la Catalogne. Bien que la patrie de l'inquisition ne fût pas une terre hospitalière aux réformés, le port de Barcelone recevait des vaisseaux anglais ou hollandais, grâce auxquels on pouvait atteindre aux pays de la liberté -, Les compagnons de Vivent, après des dillicultés sérieuses où quelques-uns périrent, échappèrent à l'Eglise et aux Miquelets, et réussirent à prendre passage sur un bâtiment qui les déposa en Hollande.

Une seconde troupe, traitée plus durement que la première, comprit seulement 22 Cévenols, parmi lesquels ne se trouvait plus aucun prédicant, à moins qu'il ne soit permis de donner ce nom à Dombres et à Bonijoly, les deux chantres qui avaient naguère suivi Vivent. Elle avait à sa tête un religionnaire considéré, ancien secrétaire du Consistoire de Soudorgues, Daniel Guérin, et comptait probablement un fugitif de Saumane, Henri Pourtal, que nous retrouverons ^ Nous n'avons pas de ceux qui

t. l'n autre frér<\ Fran(;ois, avait été déjà déporté. Il échappa au naufrage de YEspérancc (M. Lclicvre, Un déporté.... p. 63).

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