‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 155 sur 284 · décembre 1688, 17, O, f · texte numérisé non relu

décembre 1688, 17, O, f

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avec ses amis du Languedoc, il savait aussi s'exprimer en un français assez correct. De bonne et saine souche huguenote, possédant cette assurance qui est souvent le privilège des hommes de la campagne, nous pouvons allirmer qu'il néprouva nulle part le moindre embarras à raconter ses aventures, ni à dire ses espoirs nouveaux.

Il est naturel qu'en Hollande il se soit trouvé en relations avec Jurieu. Celui-ci, curieux de tout ce qui touchait aux assemblées du désert et aux manifestations étranges de l'Esprit, ne se lassait pas d'interroger. Vivent un jour put lui amener trente ou quarante auditeurs des chants miraculeux, qu'il avait, lui aussi, entendus résonner dans les airs '. Nous savons que le prédicant fréquentait aussi chez un autre ministre réfugié, Gabriel Mathurin -, qui après avoir quitté son Eglise de La Réole, était devenu pasteur à Arnheim. Mathurin devait plus tard rentrer en France. Quand il connut Vivent il venait de publier (1687) sous le titre: Les Jeuilles de figuier, ou vanité des excuses de ceux qui ont succombé sous la persécution, un ouvrage dont le ton indigné, et la verve acerbe devaient plaire au Cévenol fougueux. Les sarcasmes dont il poursuivait une soumission prétendue nécessaire à la volonté du roi, trouvaient un écho dans le cœur du prédicant indignement trompé par les officiers de Louis XIV.

A Arnheim même, et en rapports étroits avec le ministre et sa femme Rachel Garrigue, vivaient deux frères et une sœur, tristes épaves de la famille Papus de la Verdaugie, de Chaignes près de Bergerac. Le père et la mère, un autre lîls et sa femme, étaient alors prisonniers à Bordeaux \ Vivent se lia particulièrement avec Pierre, l'ainé des deux garçons exilés, qui avait dix-sept ou dix-huit ans. Il lui iit partager ses enthousiasmes et ses colères avec d'autant moins de peine que le jeune homme, était d'une profonde et touchante piété.

Nous ne savons rien de plus du séjour du prédicant en Hollande, et nous ignorons ce qu'y devinrent Antoine Berthezène. Chapus et Carrière. Lapierre, après avoir vu Jurieu. alla à Berlin, peut-être pour y rejoindre un membre de sa famille. Bringuier

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