‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 161 sur 284 · A Mirmand, 16 février 1689 : 17, O, f · texte numérisé non relu

A Mirmand, 16 février 1689 : 17, O, f

6. M. de ^léjanes à Modenx. De Lausanne, 19 lévrier 1689 : 17, O, f" 77.

LES IMl'ATIENCES DE MODENX 2(39

Modenx « compte que pour peu que le temps change, il faudra que plus de vingt ministres de ce pays-ci marchent tout à la fois le mois de mai prochain »'. Le 2 avinl, il prie M. de Mirmand de recommander aux pasteurs de Zurich « M. Basset proposant, d'un fort bon caractère, pour le savoir, pour l'esprit et la prononciation, mais surtout pour le cœur. Il va à Zurich pour y être examiné et y recevoir l'imposition des mains... Il m'a assuré, dit-il, qu'il voulait passer en France. Il y a à Genève, un autre proposant d'un excellent caractère, qui a déjà appris ce qu'il faut souffrir pour le nom de Jésus-Christ, qui est dans le même dessein » -.

Modenx cependant ne partait point. Peut-être se grisait-il de son enthousiasme et de ses projets, et n'avait-il pas la vocation du martyre autant qu'il le croyait. Il semble cependant ((uil fût sincère, et que l'approche du mois de mai, marqué par IBrousson pour l'achèvement de la résurrection des Deux Témoins, fut la seule cause de la grandiloquence inquiète de ses démonstrations.

La raison matérielle de son retard, qui ressort assezde toutes ses letti'es, c'est le manque de ressources. Par lésa choses » qu'il souhaitait de voir « prêtes » avant de se décider à partir, il entend les sommes nécessaires à l'entreprise. Les guides coûtaient cher, le séjour aux Cévennes pouvait être dispendieux. Modenx estimait que le voyage de sept ou huit pasteurs demanderait 4 à 5,000 livres, qui seraient versées entre les mains de M. de Mirmand, pour les distribuer au moment du départ, ou les envoyer ensuite en France. Il suppliait Mirmand de les demander, ou tout au moins 4 à 500 écus, en Hollande ou en Allemagne. « Tant y a qu'on ne saurait absolument rien faire sans argent, et si nous n'en avons pas par votre moyen, je ne sais pas d'où nous en prendrons (18 janvier) w^ Il s'adressait indirectement à M. de Convenant (agent des Provinces Unies à Zurich), à Jurieu ; protestait qu'il était homme à partir, Dieu aidant, « avec de l'argent ou sans argent, dès qu'il verrait le

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