‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 171 sur 284 · Hist. du Fanatisme, I, pp. 100, OiK · texte numérisé non relu

Hist. du Fanatisme, I, pp. 100, OiK

LES /ÉLATEl'RS DE GENKVE 281

Deux pasteurs des Cévennes, Jean Antoine Dautun (ancien ministre de Saint-Privat de Vallongue)' qui logeait chez le professeur de théologie Turretini, et Fran(;ois Durand (ancien ministre de Genolhac) % étaient désireux de regagner leur patrie où Durand avait peut-être fait une course rapide en 1G87. Tous deux avaient entraîné l'adhésion d'un proposant. Louis Lafoux, originaire de Durfort, passé à Genève en juillet 1G88, et inscrit à l'Académie de la ville comme étudiant en théologie '. Un autre jeune homme, Louis Bonnemère, de Montpellier, qui de l'exil avait déjà envoyé à des amis des exhortations manuscrites à la repentance, s'était lié avec le prédicant Serein. Celui-ci le mit en rapport avec Laloux et les pasteurs, et Bonnemère promit qu'il rentrei'ait aussi '. Un proposant, encore, né à Genève, Jean-Pierre Boisson ou plutôt Bauzon\ était, dit Brousson, X accouru du fond de l'Allemagne » où des circonstances inconnues l'avaient poussé. Peut-être est-ce lui, que Modenx, sous le

1. Dautun, né vers 1()j3, pasteur à Aif^remont 1671-73, à Saint-Julien d'Arpaon, 1674-78 et à Sainl-Privat, 1678-83. Condamné i)ar défaut à la potence le 3 juillet 168i, Mort à Francfort-s.-le-Mein en 1714 (Bull. XLIX, 638, avec un sij;nalenient qui date de 1690). Bonnemère (dossier Bonnemère C. 170) le dit « ministre de Portes ». Ch. Dardier (.■1 propos d'une lettre d'un abbé à un pasteur, Xîmcs, 1883, p. 36), a publié une lettre de Dautun au professeur genevois Turretini, du '21 juillet 1686. Dautun était alors à Vangue, entre Berne et Bàle, préce[>teur chez un bailli de Soleure. Sa lettre est une condamnation de Jurieu qui ose interpréter les prophéties de l'Ecriture, et de Merlat, trop sévère pour les réfugiés, et qui d'autre ])art, touchant «le droit des souverains », se prépare, dit Dautun, au « Ludovicisme ».

± François-Guillaume Durand (dit : Durand Foncouverte), né à Montpellier le 11 sept. 16W, ministre à l'zcs (?) en 1679 et 1680, épousa à l'/.ès (25 fév. 1680) Anne de Brueys Foncouverte : il obtient le 30 oct. 1685 jiour lui et son lils Daniel Fran- (;ois, âgé de 3 ans et '2 mois (sa femme n'est ])as nommée), un passeport [lour la Suisse. Ce lils demeura en France, fut élevé par les jésuites, obtint en 1700 le (lij)lôme de bachelier en lois, et devint capitaine d'infanterie. Il épousa Marguerite d'AudiHVet, lille d'un maître de postes de Montpellier et nièce du marquis (h^ la Fare. Daniel François ou l'un de ses descendants sortit de France, car les petits-hls actuels d'un révérend de Guernesey, Daniel François Durand (doyen de rile en 17'J4) portent les armes de Foncouverte dans leur blason. (Communie. Leenhardt Pomier ; Bull. XLIX, 638, corrigé par ihid., p. 642).

3. Livre du recteur : a 14 août 1688, Ludovicus Lafon Durofortensis». Dossiei- Lafoux, C. 170. Lafoux avait 26 ans en 1689. Il était le neveu du viguier Teissier, pendu à Lasalle.

V. Bonnemère avait 28 ans en 1689. Brousson, qui ne l'a pas connu, le donne comme «un proposant». Il faut entendre le mol, sans doute, au sens de prédicant, car Bonnemère ne j)arle nullement de ses études. Dans un interrogatoire de 1690 il se dit cordonnier (une de ses lettres de 1685 est adressée à un cordonnier). (Dossier Bonnemère, C. 170).

5. Brousson dit : Boisson. Daniel Bas, i)rédicant, de Genève, dit : Bozon (Pap. (Jourt, 17, B, 112). Bàville après avoir interrogé sa victime, écrit son nom : Bauzon. Une lettre de 1695 dit que Boisson «prêchait à Lausanne», en 1689 (Bull. L, 339).

nom de Basset, a recommandé à M. de Mirmand, et que les pasteurs de Zurich ont examiné, puis consacré. Comme lui, Lafoux eut le privilège de recevoir l'imposition des mains avant l'achèvement de ses études. Il était le cousin germain du pasteur Isaac Tessier. Ce dernier, auxiliaire à Arzier du ministre Cailler, obtint par le moyen de celui-ci un « brevet de Berne » enjoignant au Consistoire de Lausanne de « recevoir pour pasteur » le proposant de Durfort ' .

Peut-être Lafoux avait-il été seulement consacré en secret par quelques ministres de Lausanne gagnés à la cause que défendait dans leur ville Brousson. L'un d'eux au moins nous est connu, François Dubruc, exilé en IG80, après avoir défendu avec opiniâtreté son temple d'Aulas '. Comme Brousson, Dubruc se complaisait à des pratiques de dévotion minutieuses ou ascétiques. Une même forme de piété les avait liés l'un à l'autre.

Ces proposants et ces pasteurs étaient soutenus et encouragés dans leurs desseins par des prédicants de la première heure. Nous avons nommé Serein. Ajoutons ici Dombres, demeuré à Lausanne, Lapierre qui de Berlin, soit spontanément, soit sur un signe de Vivent, était revenu en Suisse, décidé à rentrer dans les Cévennes ', et enfin Vivent lui-même, arrivé à Lausanne après un séjour à Zurich et à Berne'. Vivent avait à présenter aux pasteurs de la ville la lettre que leur adressait Jurieu. Mais il tenait aussi à y saluer Merlatde la part du pasteur Mathurin. d'Arnheim, qui lavait connu'. L'ancien pasteur de Saintes s'était à demi réconcilié avec Brousson, après l'avoir invectivé. Il reconnaisait que dans le sermon auquel l'avocat avait dû répondre, a il s'était contredit «. Les vivacités de Merlat ne

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