C. 1G'.I. Dossier Mijaiicl
-2. Le dénonciateur, qui tient le fait de Méjanel, dit : «Vincent, ministre». Deux l)asteurs de ce nom, Jean Vincens, dWumcssas et David >'incent, d'.Vnduze. sont sortis de France en 108,"». Ni l'un ni l'autre, que nous sachions, n't-lant revenu en France, l'interlocuteur de Méjanel aura mal entendu le nom de ^■ivent. Peut-être l'erreur est elU; imputable au i-retfier qui a rédigé la déposition.
3. Le Cap de Costc de Xavez est un quartier de laci>mmune d'Arpliy, touchant la montajïue de la Luzette. Voir Bull. XXXV, 324.
320 LES PRKniCANÏS PROTESTANTS
Après l'heureuse issue delà première réunion des prédieants, un jour de jeûne avait été fixé au 25 août, qui devait, selon lusage, être solennisé par plusieurs cultes successifs'. Le 24, des troupes en détachement s'étant approchées de la retraite de Brousson et de ses compagnons, une terreur panique paralysa les meilleures volontés. On discuta les dangers de l'assemblée, ses suites possibles. Dubruc conseillait la prudence. Le zèle de Brousson était au contraire excité parle péril, et n'en méprisait que plus fort la sagesse humaine. Ce fut lui qui l'emporta. Méjanel effrayé s'enfuit vers Béziers, et s'alla faire prendre au Pouget, près de Paulhan -. Dubruc descendit vers Uzès, d'où quelques jours plus tard il partait pour la Suisse.
Le 25 août, selon l'austère coutume des huguenots qui « lorsqu'ils jeûnaient ne mangaient pas », une assemblée entière demeura sans nourriture toute la journée, et écouta plusieurs exhortations avec une piété dont Brousson fut émerveillé. Le lendemain, il écrivait à l'un de ses amis de Suisse pour lui rapporter le fait, et donner de ses nouvelles. II ne disait rien cependant des discussions qui avaient précédé le jeûne, ni du départ de Dubruc. La lettre de Brousson est d'une importance capitale, car il y révèle clairement, les projets qu'il nourrissait alors. Nous n'en possédons plus l'original, mais seulement une copie transmise par M. de Mirmand à Jurieu le 10, 20 septembre, et qui subsiste dans les Archives de Londres, Jurieu, à son tour, l'ayant communiquée aux ministres de Guillaume III ^ Nous la reproduirons intégralement.
Copie de la liettro des Sevenes ^
Le 26 d'aoïit.
Nous continuons encore, mon cher Monsieur, a esvitcr l'esclat
autant qu'il nous est possible ; en mon particulier, je ne suis encore
connu que de très peu de personnes, qui sont discrètes. Vous pouvez
croire que nous sommes exposés à de grands dangers, mais Dieu