Ces mots sont de la main de Mirmand. (Orth. originale
rilol. 11. Il.U/IKH
N'iAT.AS
« Les précipices 1res dangereux » de Tourrières cl de Pierrefroide
(Voir p. 37-2)
LETTRE DE BROrSSOX UU 20 AOUT 321
nous a conservés jus(ju'à prc-sent, et j'espère qu'il le fera encore. Cependant comme nous célébrâmes liier le Jeune, nous ne peusmes empêcher que notre assemblée ne l'ùt de deux ou trois cents personnes qui jeûnèrent tout le jour avec nous. Il y eut quatre prédications et une grande prière pour la clôture, le tout animé d'un esprit de zèle, de piété et d'intrépidité toute extraordinaire. Quoy que l'assemblée ait été sur pié un jour entier dans un pays environné de troupes, nous ne leusmes pourtant pas troublés, grâces à Dieu. On lait de temps en temps des détachemens et des recherches, et avant hier les troupes vinrent fort près de nous, mais Dieu ne leur permit pas de venir jusques à nous.
D'ailleurs nous sommes déjà en estât d'empescher qu'on ne nous opprime pas facilement, et il ne dépendrait que de nous de nous mettre sur un pied à n'avoir du tout rien à craindre des trou[)es qui sont dans le pays. Mais nous ne jugeons pas à propos de lever encore le masque, outre qu'il nous manque un peu d'argent pour commencer d'agir. Si nous aurions |un| seul homme qui eût conunandé un régiment, nous ne serions pas en peine de dissiper toutes les troupes que nous avons ici et de mettre ce pays en estât de se détlendre. Mais si nous sommes privez de ce secours, nous espérons que Dieu y pourvoira d'une autre manière. Cependant, comme nous suspendons toutes choses en attendant que ceux qui agissent au dehors paroissent, nous souhaitterions fort de sçavoir s'il y a quel<{ue chose à espérer de ce costé là dans 1.") jours, 3 semaines ou 1 mois, n'y ayant pas apparence que la chose se puisse porter plus loin, au cas qu'il y ait quelque chose à faire cette année.
Ce langage concorde peu avec limage que le protestantisme s'est faite Jusqu'ici de Brousson, du débonnaire J3rousson ', du prédicateur qui ne souffrait point d'armes dans ses assemblées, et que la piété huguenote se plaisait à opposer au sombre, ardent et passionné Vivent. Il faut nous incliner devant la vérité. Ces deux hommes, profondément différents, se sont rencontrés dans la même certitude qu'ils poursuivraient une cause légitime et serviraient les desseins de Dieu, en usant de la guerre civile contre un roi parjure. Mais Brousson ne peut considérer la violence que comme une nécessité temporaire. Il sait que la Parole de Dieu est plus aiguë que les épées, et la vérité plus forte que les bandes armées. Quand il a quitté Lausanne, ses paquets d'imprimés ne franchissaient que difficilement la frontière. Aujourd'hui qu'il est dans le royaume, les bureaux de poste expédieront ses Lettres, et pour l'hiver qui va venir, il entrevoit sa