LE DUC DE SAVOIE CONTRE LA FRANCE
(Mars-Septembre 1690)
Les victimes de la procédure qui suivit l'assemblée de l'Espinaz furent unanimes à accuser le notaire Vignes d" avoir causé leur perte, et telle fut aussi l'opinion générale des réformés cévenols. Il est certain que sa déposition fut capitale, mais il faut rattacher cependant les premières enquêtes à deux événements dont Vignes ne porte point la responsabilité, à savoir l'arrestation de Bonnemère et celle de Sautier.
Pour rassurer Bonnemère sur les dangers de son ministère en France, Dautun, à Genève, avant son départ, lui avait affirmé que, comme Vivent et les autres prj^4içants, il aurait des gens armés pour le garder. Muiâ le «f '|lro^èr5ant » fut pris bien avant d'être arrivé aux Cévcnnes. A peine, en eifet, Liron et lui ava;j,6Bt<îs''quitté le cabaret de Mordecet et traversé le rihôntr^eîi amont de Valence, qu'ils étaient saisis à Chàteaubourg'. Taisant leur nom véritable-, ils furent conduits aux prisons du Pont Saint-Esprit, où ils se trouvèrent enfermés avec quelques a prophètes », d'autres prisonniers du Vivarais, et un guide des environs d'Alais qui cachait sa qualité '. Bonnemère reconnut ce dernier pour l'avoir vu à Genève et lui confia qu'il avait été fait ministre en Suisse, qu'il revenait pour prêcher, et que Lafoux avait fait comme lui'. Sur quoi le guide le
1. Au sud de Touruoii, rive droite du Rhône. C. 170. Dossier Boiuienu-re. Dossier Lalbux.