C. 191. (Corbière, pp
BllOUSSON ÉCRIT A SCHOMBERG 409
nieurer sur les frontières de Hollande et frapper le grand coup, tandis que Schomberg, par un ellort décisif, jetterait dans le Dauphiné un corps de troupes qui descendrait jusqu'en Provence. Les canons, les armes et l'argent viendraient par Gènes et Nice où s'armaient les vaisseaux nécessaires. Il n'était plus question dune occupation des Cévennes. On jugeait sans doute diflicile d'abord, mais inutile surtout, d'atteindre ces montagnes lointaines. La lettre, comme on va le voir, est écrite en vue de persuader à M. de Schomberg qu'il est de toute nécessité que les Cévennes soient entre ses mains s'il veut se saisir du Bas-Languedoc. Un itinéraire y est soigneusement établi pour cinq cents ou mille soldats, qui de la Méditerranée gagneront les hauteurs. Le tout est déduit avec une telle clarté que Michelet a pu parler du « génie » de celui qui avait conçu le dessein. Sur la foi de Brousson, on a cru qu'il était de Vivent. Ce dernier aurait « tracé le billet » ; Brousson se serait enfin résolu à <r l'écrire de sa propre main » '. Il est impossible, au contraire, d'admettre que Vivent ait composé la pièce avec la parfaite correction de style qu'on y remarque. La preuve n'est pas dilUcile à fournir. En même temps, en effet, que Brousson écrivait la lettre. Vivent, de son côté, en rédigeait une autre, pour accompagner l'envoi, qu'il signa de son nom d'Olivier. Les deux pièces nous ont été conservées, la première par la copie que Brueys en a publiée ', la seconde en original, dans un dossier des Archives du Languedoc ^ La comparaison en est décisive.
Les deux lettres achevées et toutes deux roulées en forme d'étui et scellées de trois cachets, Henri Pourtal descendit à Nîmes, au rendez-vous des guides. Il trouva sur le point de partir pour Lausanne Gabriel Picq, de Saint-Jean du Gard, qu'il avait connu à Genève par l'intermédiaire du prédicant Dombres. Le guide consentit à se charger des deux billets, et s'engagea à les remettre au S" Pictet, ministre « près de la grande église de Saint-Pierre ». Pourtal les portait cousus dans la ceinture de son haut de chausses. La ceinture de Picq n'étant pas doublée, et celui-ci ne sachant comment dissimuler les papiers, les jeunes