PROPOSITIONS DE M. DE LA HAYE
prédicants qui lui étaient sigaalés et des nombreuses complicités qu'ils avaient trouvées dans la bourgeoisie ou la petite noblesse, multipliait les rechei'clies. Les colères montaient. Lapierre, et le S' Villeneuve, de Mandiargues (Saint-Hippoly te) qui avait été parmi ses auditeurs du 29 octobre à la Gam, se postèrent sur le chemin de Lasalle à Saint-IIippolyte avec dixhuit hommes, pour délivrer des prisonniers qui devaient passer là, conduits par l'espion Benjamin Villeneuve, et pour tuer celui-ci. Une circonstance à nous inconnue empêcha la rencontre.
L'émotion suscitée par l'importance des premiers témoignages recueillis, se manifesta dans les négociations que M. de la Haye, gouverneur du fort de Saint-Hippolyte, engagea aussitôt avec les prédicants. Renouvelant les propositions qui avaient réussi à Dugua en 1687, il écrivit lui-même à Vivent, et lui offrit de le conduire hors du royaume avec ses compagnons, non plus en Espagne, cette fois, ni au fort de Brescou, mais bien jusqu'à Genève. Un habitant de Durfort qui traversait le 19 novembre le bois de Valfonds, en revenant de Sauve, se trouva tout à coup, au Puech Servier, environné des dix-sept hommes de la troupe du prédicant, chacun portant un fusil, une baïonnette, un pistolet et un havresac de toile'. Vivent, après quelques questions, et quelques reproches sur « ces infidèles de Durfort ». se radoucit, puis ouvrant la lettre qu'il venait de recevoir de M. de la Haye, il la lut à l'inconnu, pour ajouter triomphant : « Autrefois l'on me menaçait, et aujourd'hui l'on me prie ? » "
Les démarches auxquelles la lettre de l'officier obligèrent le prédicant, nous sont connues par ce dernier lui-même. Nous possédons une lettre de lui que D. Benoît, qui l'a publiée le premier ^ a cru pouvoir rattacher aux événements de 1687, mais qui très certainement est de novembre 1691. Nous en ignorons le destinataire, et il est fort malaisé d'essayer de le
!. La troupe ordinaire sï-lail grossie des fugitifs de Lasalle. Martin qui connaissait l'homme, pria Vivent de ne pas le maltraiter.
2. L'homme (P. Desmons, facturier de laines) se mil au lit, luahulc de |)<ur. en rentrant chez lui. Le S' de Beauvoisin, de Durfort, lui conseilla de ne pas parler de sa rencontre, [.e curé à qui il demanda » ce qu'il aurait l'ait s'il avait trouve Vivent avec ses hommes armés sur le chemin », se borna à dire qu'il les aurait laissés passer. A quoi Desmons répliqua : « Ht moi, j'en ai fait autant ! » (C. 191. Dép. Desmons).
3. Bull. XL, 6'.0. L'original qui depuis a passé à la Hil)l. du Prol.. provient probablement, par les Papiers Fraissinet, des .\rchives du Languedoc. La lettre fut sans doute remise volontairement à Bàville par son destinalaire.