‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 259 sur 284 · Michel Poncet · texte numérisé non relu

Michel Poncet

0. L'évêché d'Alais ne fut établi par le pape qu'en 1C94. Mais, dès 1687, le choix du roi qui tenait, depuis la Bévocation, à ériger en évêché la région des Basses- Cévenncs trop éloignée de Nîmes, s'était porté sur François Chevalier de Saulx, qui avait travaillé aux conversions.

C. M. de Villevicille commandait un régiment de milices dans le diocèse d'Alais, le vicomte du Chayla un autre dans le diocèse de Mende. C'était le

RÉPONSE DE lîUOLSSON A BAVILLE 455

Je prie le Seigneur qu'il vous conduise dans votre exil. Si je puis vous accordez ce que vous nie demandez, je le ferai, car ce lieuS comme vous dites est Ibrl conuuode. Cependant si on ne m'ottroye pas ce que je demande, j'ai envie de m'acemter d'ici pour quelques mois -, car je voi manifestement, que si Dieu me fait la grâce de voir la (in de l'hiver, je verai Satan brizé soubs mes piedz ; et si vous me croyez vous ne vous fierez pas à la paix qu'on trame pour vous, car la paix du monde est inimitié devant Dieu.

Si j'avois un peu plus de loisir je vous écrirois plus au long, mais votre lettre m'a été apportée par un de mes hommes dans le temps que je partois de l'endroit où je suis. Si je puis savoir dans quelque temjjs votre retraite je vous écrirai encore et, en attendant, je vous reconmiande à la grâce de Dieu, et suis

Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur et frère au Seigneur.

Vivent, m.|inistre].

Les conférences touchant la réponse à donner à M. de la Haye, n'eurent lieu que diflicilenient. En décembre seulement le résultat en fut transmis directement à la Cour, sans doute par les soins de Brousson. C'est ce dernier, en efï'et, qui en informa Bàville et, suivant sa coutume, en des ternies d'une parfaite courtoisie. Nous possédons sa lettre, où il cite un fait, qui était de nature à légitimer toutes les défiances des prédicants, déjà honteusement dupés en 1G87.

Monseigneur', Il y a quelques jours < que j'ai appris que Monsieur de la Haye, gouverneur de Saint-IIippolyte, avait pris la peine d'écrire à l'un de ceux qui consolent le peuple dans les déserts pour nous solliciter à cesser de faire des assemblées et à sortir du royaume, nous offrant à tous de nous conduire lui-même avec sûreté jusques à Genève. Je

vicomte du Chayla qui avait marché contre Vivent et ses attroupés en 1689 et arrêté Bonijoli à Vialas en 1690. C'étaient des hommes de Viilcvieille qui avaient saisi Lallemand, Dombres, Mazel, Soubeyran la Perruque et blessé l'un des Plan.

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