Le lieu où son correspondant s'est retiré
SJ. Vivent pensait sans doute pendant l'hiver retourner à Genève, comme il avait fait en 1690, au dire d'A. Baudoin.
3. Dossier Brousson, C. 191. La lettre est analysée Douen, II, 198.
4. lia date linale, 20 décembre, est écrite en surcharge sur une antre date où l'on ne distingue plus le chiffre, mais bien encore les lettres : nov. Sans doute, Brousson avait préparé des la lin de novembre, le paquet pour Paris et sa lettre pour Bâville.
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pourrais répondre à cela, Monseigneur, que depuis cette lettre écrite, nous avons appris que la fille d'un nommé Martin de la Salle, souhaitant de voir sa mère qui est prisonnière dans le fort de Saint- Hippolyte et y étant entrée par la permission de Monsieur le Gouverneur lui-môme qui lui promit en foi d'homme d'honneur qu'il la lui ferait voir et qu'il ne lui serait fait aucun déplaisir, y a pourtant été arrêtée et mise dans ime basse-fosse par l'ordre du S"" Daudé, juge au Vigan et apparemment commissaire de Votre Grandeur ; auquel Monsieur le Gouverneur ayant dit qu'il avait promis à cette lille qu'il ne lui serait rien fait et qu'elle pourrait voir librement sa mère, et le S"" Daudé lui ayant répondu : Monsieur, ce ne sont pas vos affaires mais les affaires du roi, Monsieur le Gouverneur dit alors qu'il ne pouvait rien contre les intérêts de Sa Majesté. Ce qui nous fait voir. Monseigneur, quelle confiance nous pouvons prendre aux paroles qui nous sont données'. Cependant je prends la liberté de représenter avec un profond respect à Votre Grandeur, que notre dispersion, le peu de commodité que nous avons pour écrire, le mauvais temps et la nécessité où nous sommes d'envoyer des gens exprès jusqu'aux lieux où nous pouvons faire remettre nos paquets avec moins de danger, ont été cause que la réponse que nous avions à faire a été retardée jusqu'à cette heure, que nous donnons ordre d'aller remettre dans un certain bureau un paquet que nous prenons la liberté d'envoyer en Cour sur le sujet de la proposition qui nous est faite, et du grand nombre de personnes qu'on fait prisonnières. Nous avons cru, Monseigneur, que nous devions en donner connaissance à Votre Grandeur afin qu'elle voie que nous ne négligeons pas de répondre aux propositions qu'on a la bonté de nous faire. C'est pourquoi nous supplions très humblement Votre Grandeur de vouloir attendre sur ce sujet les ordres de la Cour. Nous la supplions aussi avec une profonde humilité, de pardonner à notre douleur, si au milieu de tant de maux que nous souffrons ou que nous voyons souffrir à nos frères, et des grands dangers où nous sommes continuellement exposés pour avoir invoqué le nom du Seigneur, nous sommes quelquefois contraints de dire ou de faire des choses qui i)euvent lui déplaire. Quoique nous soyons dans une grande afiliclion de voir que Votre Grandeur soit extrêmement prévenue contre nous et qu'elle nous accable tous de maux et de misères parce que nous avons rendu à Dieu le service que nous lui devons, nous ne laissons pas d'avoir toujours pour elle le respect que nous lui devons aussi.
1. Anloinelto Aussel, fc-mme de Jean Miirtin,car(l(;ur, de Rieumal. est interrogée à Sainl-Hippolyte le 12 novembre 1691 (C. 172). Sa lille Marie Marlin, âgée de seize ans, à qui Daudé demande le i" janvier 1692 «si elle n'a pas été envoyée au fort sur l'ordre de son père ou de Vivens quand elle a été arrêtée» est certainement la personne dont parle Brousson. — Le père, «ancien fait et élu par les prédicanls», est fugitif « depuis la première dénonce faitecontre les assemblées».
CONFESSION DE FOI ENVOYliE EN COUR tôt
C'est pourquoi, Monseigneur, je prends la liberté de vous assurer en
particulier que je suis.
Monseigneur,
De ^'otre Grandeur,
Le très humble et très obéissant serviteur,
Bnoussoiv.
Au désert", le 20 décembre 1691.
Brousson était vraiment naïf de demander à Bàville d'attendre les ordres de la Cour. L'intendant, quelques jours après la lettre de M. de la Haye, et sans que les pi'édicants y eussent encore répondu, avait fait afliclier un nouveau placard où il déclarait derechef, le 20 novembre, qu'il ferait payer comptant cinq mille livres à ceux qui livreraient mort ou vif Brousson lui-même, ou Vivent, et deux cents livres à quiconque dénoncerait une assemblée".
Mais le prédicant ne doutait point du pouvoir de la vérité. Nous n'avons pas la réponse qu'il dit à Bàville avoir envoyée à la Cour. Nous savons seulement que le paquet qu'il avait fait porter à la poste de Nîmes (?) contenait une Confession de Joi raisonnée de ceux qui prêchent en France dans les déserts et les cavernes, déjà adressée par lui à plusieurs évoques. Cette pièce, qu'il imprima plus tard, est, dans son préambule, dédiée au clergé de France. « La persécution «, y déclare Brousson, « exercée contre les édits et les traités de pacification, a attiré des calamités épouvantables à cet Etat, ce qui pourtant n'est qu'un commencement de douleurs et de misères. Maintenant que vous travaillez de nouveau à faire périr ceux que l'Esprit de Dieu a suscités pour commencer à rétablir dans ce royaume la pure lumière de sa Parole, et qu'on veut faire regarder comme des monstres, nous avons cru que nous devions prendre la liberté... de vous adresser cette Confession de foi... afin que vous fassiez cesser les grandes rigueurs qu'on exerce contre nous, et que par là vous détourniez les terribles jugements dont Dieu menace encore ce royaume ' ». Nous avons lu déjà la
1. L;i lellre de Brousson à Bàville l'ut rfriti' dans la réjjion de Sainl-Félix ou de Tornac, où le prédicani passa toul l'hiver de 1691. Sermon sur le l'ain de vie : « y décembre Ks|>ére [Aspéres] de Tournac ». C. 191. Au milieu de février, à la mort de Vivent, Brousson était encore à Saint-Félix.
2. Bull. XLIV. 327 (qui corrijfe Bull. \II, 'i, où sans doute une copie l'autive parle de 2,00(1 livres seulement).
3. Publiée en 1694, en même temps qu'une Prière générale. .. et une Interprétation du songe de Louis le Grand : sous le titre de Pièces pieuses. La Confession de foi
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même apologie des prédicants et les mêmes menaces, dans la lettre à Bàville datée du l^-" octobre 1G8Î).
Avant de revenir à Vivent qui, au début de décembre, était comme nous le verrons, près d'Anduze, dans le même quartier que Brousson, il nous faut monter dans les Gévennes, à la suite de ses confrères dispersés.
Les arrestations de Lasalle ne les avaient pas rendus muets. Labric (Massai) s'était retiré pour l'hiver dans la maison de son père à Millierines, ayant avec lui le cadet p]spaze, que nous avons vu à l'assassinat de Bagars'. Tous deux tenaient des assemblées autour de Milherines et laBécède [de Bonpérier] auxquelles les accompagnait un jeune honnne des environs de Lasalle, Antoine Avesque, du mas de Bonal, fils d'une pauvre veuve et qui ne savait ni lire ni écrire. 11 prononçait des prières et prêchait quelquefois, ne s'absentant jamais que pour peu de jours de la maison où il vivait avec sa mère et son jeune frère ^
Plus loin que Milherines, autour de Saint- Andi'é de Valborgne, les Plan avec Rey, étaient épiés par le traître Parlier, du mas Supérieur, informateur du P. Renaud, missionnaire'. Au début de décembre, Grevou (avec Teyssonnière et Lagarde) et La Jeunesse (ce dernier suivi de son frère et d'Espaze) les rejoignirent \ Le 8, tous étaient réunis près du hameau de Ginestoux (Saint-André). Rey vint en prévenir Parlier. l'assurant qu'il ne restait rien des soupçons dont il avait été l'objet, et Parlier courut « demander pardon » à ses anciens amis et les assurer de sa fidélité.
Les prédicants, six jours plus tard, étaient au mas de Montredon, chez Périer, où ils se vantaient de posséder à eux neuf %
porte au bas : « Envoyé ù plusieurs évêques île Friince, el à la Cour, an mois do décembre 1691 ». La Coufession de foi. forl détaillée, et conçue comme uu manuel de controverse, comprend trente articles.
i. Jean Espaze, basiier (faiseur de bâts) du mas de Liron (Soudorgues), 22 ans. l'ujïitif de Lasalle. Labric s'était trouvé le l.j novembre caché dans la maison <lu ]Moyna (Soudorgues) quand les soldats étaient \ enus arrêter les deux tilles de la maison.
2. C. 172. Avesque ligure au placard de Laïi'ousse, de 1687, sous le nom à'Evesque.
3. Le 8 nov. Rey de Massevaque, suivant des Plan, leur amena Parlier dans un bois, auprès du Folaquier. « Ils voulaient lui parler, ne croyant plus quil les trompât». Cependant il ne lui disent rien de rassemblée qu'ils convoquent le soir du H dans une jasse au-dessus de Montredou (Saint-André).
4. Dans la région de Saint-André, La Jeunesse était connu sous son ancien surnom de La Valette, et c'est ainsi que Parlier le désigne toujours, sauf une fois.
5. Rey manquait, qu'ils avaient envoyé vers .Meyrueis, pour leur chercher une retraite.