‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 269 sur 284 · VIVENT ET BROUSSON · texte numérisé non relu

VIVENT ET BROUSSON

pelle, dans sa Relation des Merveilles que Dieajait en France, le souvenir de ce « jeune homme qui n'avait point d'étude, ayant été seulement maître d'école, et dont le zèle et le courage ont fait un grand bruit ». Il parle de ses violences, qu'il explique et excuse, mais c'est sur sa puissance i*eligieuse qu'il insiste. « Sa vie était pure et sainte, et il avait une piété angélique ». « Il était en ferveur d'esprit, et lisait avec soin les Divines Ecritures » . Surtout, « il faisait des prières excellentes, qu'il tirait du livre des Psaumes et de ceux des anciens Prophètes, qui convenaient * parfaitement à l'extrême désolation où l'Eglise de Dieu se trouvait alors, et qu'il prononçait avec un zèle admirable ». Et ailleurs : « Il avait reçu le don de la prière dans un degré fort extraordinaire » '. La femme du pasteur Mathurin, d'Arnheim, qui avait vu le prédicant chez elle, parlait à Papus de « ce bon Monsieur Vivent », ce qui laisse supposer qu'il savait être doux. D'autre part, « il prêchait l'Evangile avec force, et avec une ardeur qui enflammait les plus tièdes et les plus froids » ', et la lettre que nous avons citée de lui, éci'ite au S"^ Thérond, de Valleraugue, suffit à caractériser la fougue et l'àpreté de ses discours, pénétrés d'expressions et d'images bibliques. Nous voudrions mieux encore. Malheureusement si une prédication trouvée dans les havresacs du mas de Montredon, et due certainement à un prédicant, traite un sujet (le Sacrifice d'Abraham) sur lequel Vivent, nous le savons, avait composé un sermon, le manuscrit est de l'écriture de David Gazan(La Jeunesse) et rien ne prouve qu'il ne provienne pas tout entier de lui. Force nous est donc d'en demeurer aux témoignages qui précèdent pour comprendre la raison profonde de l'autorité de Vivent sur les âmes cévenoles. Ils expliquent d'ailleurs, mieux que toutes les considérations, pourquoi Brousson et lui sont demeurés unis malgré leurs natures si difl'crentes.

Entre eux des dissentiments profonds s'étaient manifestés. Ils avaient échangé de dures paroles. On a pu reniai*quer que depuis le début de 1690, pas une seule mention ne nous est faite d'un culte public que les deux hommes auraient célébré ensem-

1. Rel. des Merç.,pp. 7, 8, 34. La dernière phrase se retrouve plus loin, au sujet de Papus : « Dieu l'avait fait [le frère Papus] participant de l'Esprit de prière qu'il [Dieu] avait communiqué au Frère Viveus dans un dejrré tout à fait extraordinaire » (p. i6). [Corriger l'interprétation que Doucn, II, 1"25 donne de cette dernière phrase. Il a cru que c'était à l'intlucncc de Papus que Vivent devait la ferveur de ses intercessions].

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