PREFACE
tous les actes de désespoir — et s'il faut maudire quelqu'un, Ton n'a plus d'anathème que pour les persécuteurs.
Depuis les jours dilïiciles de sa minorité durant lesquels, au dire du comte d'Harcourt, ils avaient « affermi » la couronne sur sa tête, les protestants français n'avaient pas ménagé à Louis XIV les preuves de leur loyalisme. Si les sentiments avaient changé jusqu'à atteindre, chez certains réfugiés, à l'exaspération qui incite aux moyens extrêmes, il faut en chercher la cause hélas ! dans la mesure inique du i8 octobre i685, dans la Révocationqui avait détruit les Eglises protestantes, dispersé les troupeaux, ruiné les familles, brisé les cœurs, et traqué les innocents comme des criminels . . .
La leçon de l'histoire, celle de ce livre de franchise et d'érudition sûre, la voilà!.. Leçon de courage, de foi, et aussi de tolérance, car l'effort du despotisme à la poursuite de l'unité religieuse s'est, en détinitive, usé contre l'œuvre de ces humbles prédicants des Cévennes et de leurs successeurs, qui pourtant ont fmi presque tous à la chaîne, à la potence ou sur la roue.
P. FONBRUNE-BERBINAU.