Jo-l(jGy. Pasteur à Paris
catholique d'alors). L'ouvrage, dédié « à MM . de l'Eglise romaine », demeure d'un bout à l'autre d'une parfaite urbanité. Les textes sont très ingénieusement allégués et choisis, l'explication en est présentée de façon si topique et si brève qu'on s'explique le succès qu'obtint le livre '. Il faut enfin nommer un ouvrage de Josué de la Place '. datant de 1G29, mais qui n'avait rien pei'du de son actualité: Discours en forme de dialogue entre un père et sonjils sur la question si on peut Jaire son salut en allant à la messe pour éviter la persécution.
Dans tous ces écrits le ton était relativement modéré. Si la dogmatique réformée n'y fait aucune concession au catholicisme, du moins n'y rencontre-t-on guère d'insinuations très malveillantes ni d'invectives. Ce privilège était réservé, il faut le dire, aux prédicateurs.
Les attaques les plus ardentes, la plus mordante ironie, les Nouveaux Convertis les trouvèrent, et sous une forme populaire, dans les recueils de sermons qu'ils avaient conservés, dans les Vingt sermons de Jean Daillé% dans ceux de Michel Le Faucheur* de François Duvidal\ de David Eustache", et surtout dans les Dix décades de S'^rmons de Pierre Du Moulin', l'un des prédicateurs du XVII* siècle dont le langage tout imprégné encore de la familiarité et de la rudesse du siècle précédent, est d'une saveur incomparable. Quelques menus exemples, pris au hasard, donneront une idée de ce que tolérait alors la chaire protestante. Voici comment Du Moulin parle de ceux qui meurent en l'Eglise Romaine, dans laquelle, alïirme-t-il, «on enseigne à douter de son salut ». « Par ainsi, ils sont mécréants non par infirmité, mais par profession expresse. Dont advient qu'en mourant, ils ne savent où ils vont. Les meilleurs d'entre-eux en voudraient être quittes pour être cinq cents ans au feu du purgatoire qu'ils disent être sept fois plus chaud que notre feu ordinaire, et où on est sept ans pour un péché. Toutefois, les riches ont cet avantage qu'ils peuvent, par argent, fonder messes et suflragcs
1. L"édition de 1672 est la onzième. Le livre fut réédité en 1827. Xoiis lavons vu mentionné trois fois dans des procès-verbaux de perquisition, deux fois il fut saisi sur des prèdicants.