MinisH'e à Paris et à Sedan
LE CATHOLICISME AHIIORRK
pour recevoir du soulagement après leur mort. Si un riche meurt, les moines y butinent et accompagnent le corps en grande pompe, selon qu'il est écrit : Oh est le corps mort, là s'assemblent les aigles. Mais le pauvre meurt sans bruit : seulement il faut qu'il paye au prêtre l'ouverture de la terre sainte.»* Plus loin il s'agit du brigand converti. « Nous avons là l'exemple d'un homme qui a été sauvé sans manger la chair de Jésus- Christ à belles dents. Preuve évidente que quand Jésus-Christ a dit : Si vous ne mangez pas ma chair vous n'aurez point la vie, il ne parlait point de manger par la bouche du corps » ".
Michel Le Faucheur, plus élégant de style, n'est pas plus réservé. « Consentez, dit-il à ses ailversaires, que nos dill'érends soient jugés par [la Bible], ou passant la main sur le front pour essuyer le peu de honte qui vous reste, dites ouvertement que ce n'est point là la Parole de Dieu. » Et ailleurs : « Si [les catholiques] permettaient que tous nos diil'ércnds fussent jugés par [la Bible] l'accord serait bientôt fait, mais ils y perdraient, par ce moyen : le pape, sa triple couronne ; les cardinaux, leur pourpre ; et tous ceux du clergé, le gain qui leur revient tous les jours de leur grande Diane » \
Telle était l'allure de la controverse chez les grands orateurs, chez ceux qui appelés aux chaires de Paris ou de Sedan donnaient la note aux autres. Quel pouvait être le langage et quels les sentiments des pasteurs et des fidèles des Cévennes ou du Bas-Ijanguedoc ? Ils vivaient dans des paroisses qui en loGO étaient devenues protestantes d'un seul élan et avaient alors, dans une révolte irrésistible, banni la messe et tout ce qui s'y rapportait. L'édit de Nantes leur avait été en souniie défavorable puisqu'il avait imposé même aux comnmnautés, composées uniquement de réformés, la présence d'un curé ou d'un vicaire. Depuis 1(500, le prêtre, réinstallé par la volonté du roi à la place d'où il avait été chassé, avait, grâce à la complicité presque constante des ofiiciers de la couronne ou des juges du Parlement, reconquis pièce à pièce toutes les prérogatives temporelles, les redevances, les privilèges dont la Réformation l'avait frustré. Il avait fallu rebâtir l'Eglise, ou installer une chambre basse où se célébrât la messe devant les ([uelques