‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 34 sur 284 · Ribard, p · texte numérisé non relu

Ribard, p

En quelques mots de controverse, Lézan ajoute « qu'il n'y a aucun commandemept dans la Parole de Dieu qu'il faille invoquer les Saints ni aucun exemple qu'on les ait invoqués ». que l'usage du latin dans l'Eglise Romaine « sert à tenir les populations dans l'ignorance, afin qu'elles se laissent conduire sans contredire, et que par cet artifice le clergé A'eut se rendre vénérable comme ayant seul communication avec Dieu » ; et qu'enfin « le sacrifice de la messe n'est pas conforme à la Parole de Dieu ». Par là il ajoute aux croyances qui précèdent, celles de la souveraineté de l'Ecriture et de la liberté du chrétien à l'égard des institutions ou des coutumes qu'elle n'a pas expressément sanctionnées.

Grâce à ces formules consacrées, aux angles arrêtés, la foi réformée se carrait solidement dans les âmes. Parfaitement compatible d'autre part, sous cette expression, avec les idées générales d'alors, fondée sur quelques vérités primordiales qu'acceptaient sans discussion la presque totalité des hommes éclairés de l'Europe, elle n'imposait à l'intelligence aucune abdication, elle n'isolait pas de la masse ses adeptes, et sans efforts, se traduisait en piété effective, inspiratrice de sentiments ou d'actes.

A cet égard, les sermons de P. Du Moulin sont saississants. La morale, qui y abonde, y sort tout naturellement de la doctrine, et peu de prédicateurs donnent autant que celui-ci l'impression d'une vie foncièrement une où tout se rattache à la foi traditionnelle devenue le centre même de l'activité.

Rien ne montrera mieux le caractère pratique de la piété protestante d'alors, que l'énumération des livres d édification populaire que les réformés du Ras-Languedoc conservèrent avec autant de soin que les ouvrages de controverses.

Quelques volumes sont destinés à l'enfance : Y Alphabet pour lajeiinesse\ qui contenait, avec l'AR C, des prières liturgiques et des paroles bibliques ; l Instruction d'un écolier ; le Miroir de la jeunesse, de Mathurin Cordier-, suite de quatrains opposant la conduite du bon enfant et celle de l'enfant pervers en toutes les circonstances de la vie ; le Petit Catéchisme de Théodore de Rèze ; le Catéchisme de Calvin, plus développé^ ;

1. P. de Félice cite et analyse seulement le petit ouvrage intitulé ; « l'A B C des Chrestiens » (Edite, et Instr., pAo'J).

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