‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 53 sur 284 · Les diaaons enticrcnt à Monlaubun le 20 août 1C · texte numérisé non relu

Les diaaons enticrcnt à Monlaubun le 20 août 1C

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rant : « Que voulez-vous que nous fassions ! nous n'avons nul secours ni espérance. Dieu nous a abandonnés à nos ennemis ! »

L'Eglise réformée va s'abattre bientôt, les mesures les plus invraisemblables sont prises, qu'on n'ose d'ailleurs pas appliquer. A Angles, Cambolive apprend que le Parlement de Toulouse hésite à enregistrer une déclaration du roi (du 3 septembre 1085) qui enjoint d'enfermer dans des couvents pour les y instruire pendant un mois les femmes et les filles qui n'auront pas abjuré dans les huit jours', Il pense descendre vers le Bas- Languedoc, mais il est informé que la dragonnade y a fait son œuvre. Il ne lui reste plus qu'à errer en évitant les grands chemins, et même les auberges, puisque le roi défend aux hôteliers de recevoir les passants qui n'ont pas un certificat de catholicité. Il pousse vers Saint-Pons, vers Saint-Chinian de la Corne, où il rencontre sur la route deux demoiselles de qualité qui viennent de Montpellier et fuient vers Castres-, et le supplient de les aider à sortir du royaume. Il atteint Béziers, Roujan : passe à gué l'Hérault débordé, et s'arrête enfin pendant une quinzaine de jours à Montagnac, où il a des parents, caché dans une maison isolée.

C'est-là, (début de décembre?) qu'il prend connaissance pour la première fois de l'édit qui révoque celui de Nantes, paru depuis un assez long temps. La dernière clause, dont nous avons parlé, qui permet aux réformés de demeurer dans les villes et lieux sans y être troublés, le rassure. Il ose se montrer publiquement. Pendant deux mois il reste à Montagnac. Il convoque de petites assemblées. Cette fois, on l'écoute, on l'entoure; l'église, d'abord remplie de convertis, se vide peu à peu. Mais l'activité de Cambolive est encore dénoncée, une compagnie de dragons vient pour s'eujparer de sa personne. Un homme de qualité, fort considéré dans la ville, le S"" Rat, lui fournit le moyen d'échapper. A Villemagne (près Bédarieux) ' il poursuit de nuit ses cultes secrets ; à Saint-Pargoire, à Cournonsec également. A Gournonterral, Madame des Vignolles, qui n'a pas abjuré, non plus que ses enfants, le reçoit dans son château, où est entré quelque temps auparavant (au milieu de janvier 1G8G) Fulcran Rey, dont nous verrons le nom plus loin.

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