‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 62 sur 284 · FRANÇOIS VIVENT · texte numérisé non relu

FRANÇOIS VIVENT

lionorable famille'. Son père David Vivent' (et non Vivens, il faut prononcer Vwain) était greffier à Valleraugue, dans le bourg qui s'allonge au pied de l'Aigoual, au fond de la fissure grandiose où se forme l'Hérault. David Vivent, marié une première fois avec Jaquette d'ArnaL avait eu d'elle trois enfants : David l'aine, dit « le boiteux », et deux filles qu'il avait convenablement établies à Valleraugue même. Sa seconde femme, Marthe de Villas de Bez, d'une maison fort connue dans la région, lui donna quatre autres enfants. François, qui devint prédicant, était l'avant dernier.

Il avait été d'abord régent. Un officier de milices qui tint plus tard garnison à Saint-Jean du Gard, recueillit là le souvenir qu'il avait dirigé l'école protestante de Peyrolles '. Sa jeunesse nous est présentée sous un jour peu favorable. Un cabaretierde TEspérou, compromis plus tard par ses relations avec lui*, déclara l'avoir connu à Valleraugue en 1683, en un temps où « il ne vivait que de ce qu'il volait ». On pourrait croire à une diversion calomnieuse et intéressée de la part d'un prisonnier, mais il faut rapprocher de ce jugement le témoignage d'un jeune homme de Lasalle, Antoine Gavanon, qui plus tard, plein d'admiration pour «Monsieur Vivent», partagea ses tribulations. Gavanon qui l'avait fréquenté à Valleraugue en y allant ce tirer la soie », le dit « d'assez bonne famille, sachant bien lire et bien écrire, mais il était fort dépravé dans sa jeunesse jusqu'à l'âge d'environ une vingtaine d'années que la persécution se fit pour la Religion »^.

Les pilleries des dragons à Saint-Hippolyte et au Vigan, la condamnation des pasteurs coupables d'avoir résisté aux ordres du roi, touchèrent en lui la fibre huguenote. Le 21 juillet 1684, dans la métairie du Ganiel, à Valleraugue, il dresse son testament devant le notaire François de la Pierre, « étant en estât pour s'en aller en voyage ». Aux pauvres de la Religion il lègue quinze livres, à tous ses frères et sœurs, neveux et nièces, cinq

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