Mémoires de P. Paisses et Pap. Court, 17, B
V. LeS- Pelel, du Reynaldès (Moissac) qui les vit partir, apporta la nouvelle aux Cévennes, en même temps <[ue celle de la mort de Bétrines {Mém. de P. Paisses;. On trouvera dans un récit de Nissolles, de Gaw^es (Bull. X, 453) quelques traits de la captivité d'Arnaud et de ses compagnons. Arnaud y est appelé « Arnal, de Lasalle ». Xissolles, dont nous avons parlé plus haut, avait été arrêté dans les Vallées Vaudoises, par où il sortait de France, et ramené aux prisons de jStmes.
o. Voir M. Lelicvre, De la Rcxocation..., p. 280 (Le témoignage des forçats pour lajoi).
122 LES TRliDICANTS PROTESTANTS
Dès les premières enquêtes, Bonfils avait quitté Mus et Vergèze en même temps que Faucher. Tous deux se dirigèrent vers la Gardonnenque. Bonfils, accompagné d'un jeune homme d'Aigues-Vives, Pierre Massip (23 ans) poussa jusque vers Boucoiran, Le soir du 6 avril, veille du dimanche des Rameaux, dans le bois qui sépare Boucoiran de Saint-Bénézet (à la Combe del Loup), il assista à une assemblée à la suite de laquelle un prédicant, qu'il voyait pour la première fois, donna la Cène '. L'inconnu, venu de Lédignan, y retourna, et pendant qu'il célébrait les souvenirs de la semaine de Pâques par des cultes qu'il tint successivement à Lavau (près de Ners), à Marvéjolsles-Gardon et vers les Montèzes (Monoblet), Boniils de son côté prêcha le mercredi saint, à 9 heures du matin, à la Combe del Loup, et le vendredi soir (12 avril), dans un champ éloigné d'un quart de lieue de Ners en tirant vers Saint-Cézaire de Gauzignan-. En cette dernière assemblée il prit, dit-il, sou texte dans les Actes des Apôtres : « Je vous recommande à Dieu et aux paroles de sa grâce ». Il acheva son exhortation ce en répétant par plusieurs fois qu'il fallait sortir de Babylone ». C'était le thème essentiel des prédicants. Marvéjols, de Lézan, résumant les sermons qu'il avait entendus dans les bois, les condense dans cet appel suprême : « Il faut plutôt mourir que d'avoir un pied à la messe et un pied au temple ».
Le samedi saint (13 avril), Bonfils et son accompagnateur étaient arrêtés à Vézenobres, et conduits à Alais.
Tous deux d'abord nièrent avoir convoqué des assemblées ; puis Massip ayant tout avoué (16 avril), Bonfils ne contesta plus sa qualité de prédicant, et déclara à Mandajors étonné « qu'il avait appris en entendant prêcher, quand l'exercice de la Religion était permis». Le 18 avril il compai'aissait à Montpellier devant l'intendant. 11 reconnut cette fois, sans hésiter, les faits qui lui étaient reprochés. Mais apprenant que ses auditeurs d'Aigues-Vives et de Mus, d'abord si enthousiastes, l'avaient ensuite fait rechercher, à cause du logement des gens de guerre
1. Xous ne savons ([uel esl ce prédicant « habillé coiiU'ur brune, avec un vieux chapeau noir, de taille médiocre, les cheveux noirs et courts ». Il prit son texte, dit Marvéjols, de Lézan, qui l'entendit, « sur le Psaume 80 : O Pasteur d'Israël, écoute. » La plupart des auditeurs, craintifs, étaient» travestis » (C. 1G4). Peut-être avons-nous affaire à Rocher, du .Mazeldan, dont il sera question plus loin. L'assemblée a été connue de Jurieuqui prétend ({u'elle x>rovoqua des condamnations (Let. Past., I, 83, lire : Boucouiran).
2. Bonfils entonna le Psaume 31. La quête fut faite par le fils de Dumas «hôte» de Ners.