‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 94 sur 284 · Aujourd'hui Saint-Bresson · texte numérisé non relu

Aujourd'hui Saint-Bresson

IGG LES PRÉDICAXTS PROTESTANTS

Le lendemain, des dragons envoyés pour visiter le lieu du carnage pendirent à un cerisier, devant sa porte, le fils de Daudé de La Cam et plus loin Portails, de Saint-Laurent le Minier, qu'ils trouvèrent tous deux blessés. La surprise de Balquines, suivant Gaultier de Saint-Blancard aurait coûté la vie à plus de quarante réformés, chift're qui n"a rien d'exagéré, car un soldat, parlant des gens « défaits » dans la maison de Daudé, va jusqu'à prétendre qu'ils étaient une « centaine » '.

L'assemblée commencée à sept heures du soir, s'était lentement formée. Le fils aîné de Guibal, du mas Parran, « qui commandait tout », et qui devait se trouver au nombre des morts, avait lu d'abord plusieurs chapitres de l'Ecriture. Une quinzaine d'auditeurs « qu'on croyait être des Messieurs », et a neuf ou dix demoiselles, portant quantité de dentelles », s'étaient réunis près du lecteur, et quand le prédicateur avait paru, de haute taille, vêtu de noir, conduit par une femme et suivi de son chantre, au visage rouge, plusieurs des personnes les plus considérarables l'étaient venues accueillir. Bringuier avait en effet des parents et des amis au Vigan, mais il ne semble pas qu'il eût osé loger dans la ville même. Il arrivait d'Aulas. Du sermon qu'il avait commencé, éclairé faiblement par deux chandelles que tenaient à coté de lui des assistants', un auditeur dit seulement qu'il était pour exhorter les réformés «à persister». Les sabres des dragons ne purent atteindre le prédicant, ni le chantre qu'il menait avec lui. Le lendemain, la même femme du A'igan qui les avait amenés à Roquedur les accompagnait à Mandagout.

Bà ville immédiatement prévenu, entra au Vigan le lO octobre, avec le présidial de Nîmes. Daudé avait interrogé déjà quelques prisonniers à lui remis par les soldats, par les consuls d'Aulas, de Sumène, de Saint-Bresson, ou par le curé de Roquedur. L'un d'eux, Illaire, avait été appréhendé la nuit même de l'assemblée par le prêtre de Saint-Bresson, sorti de chez lui un fusil à la main, et qui l'avait couché en joue. Les noms qui fixèrent l'attention des juges, dès le début des informations, furent ceux de trois des fils de la dame de Saint-Julien Thomeyrolles (du château de Saint-Julien de la Nefj, qui rentrés le soir vers

1. Voir Bail. XLVIII, 638, le nom d'une femme d'Espériès, tuée à l'assemblée.

2. L'un deux était Jean Barthes d'Aumessas, qui avait escorté Bringuier avec un fusil. Il devint plus tard, un guide pour les réformés désireux de s'expatrier. On sut que lorsque Bringuier avait quitté le royaume (juillet I6S7;, Barthes s'était pour un temps retiré vers Montauban. Bartlies, arrêté en sept. 1691, fut comme guide condamné aux galères le 18 octobre. C. 171.

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