Assemblée de Montméjan, C. 165. Dossier Soulier, C
2. A la fin de septembre Soulier est revenu vers Ganges. Il rencontre là le fils aîné de XissoUes qui revient d'Aigues-Mortesoùilest allé chercher des nouvelles de son père. Dossier Soulier, C. 163. Bull. XI, 43.
3. Au-dessous de la Cam de Roquedur, en tirant vers [l'église- de] Roquedur, sur les pentes qui descendent vers THérault.
MASSACRE DE ROQUEDLK 165
exact où le culte devait se tenir. Aux premières heures de la nuit, ils sont rejoints, à une portée de fusil de la fontaine de Roquedur, par Daudé, et par quatorze dragons du régiment de Fimarcon, conduits par le S"" de Bois vert capitaine, et son frère le S"" de la Grange lieutenant, qu'un autre guide envoyé par le curé de Saint-Bret d'Hierle ' est allé chercher au gravier de Campis, et qui ont pu éviter une avant-garde protestante postée vers le Vigan. Les soldats déguisés annoncent que l'assemblée est formée, et que les premières sentinelles sont tout près. Le S'' de la Grange s'avance avec les deux hommes travestis. Il « force » la sentinelle la plus rapprochée, et conformément aux ordres de Boisvert, la fait égorger. Une seconde subit le même sort. Une troisième est « forcée » également. Les dragons découvrent alors tout l'auditoire groupé autour de deux grands feux. Mais le dernier avertisseur, au moment où il a été saisi, a eu le temps de crier en patois : « Préparas vous, que soiin aici ! (Préparez-vous, ils sont là!^ ». La voix est parvenue jusqu'aux protestants. Les uns sefl'rayent, les autres disent : Courage ! Courage ! Bringuier, qui avait commencé sa prédication, a gardé son calme. « Qu'avez-vous peur? s'écrie-t-il. Il faut aller en foule voir ce que c'est ! » Mais les dix-huit dragons, divisés en trois bandes, ont déjà tenté de cerner l'assemblée. Ils se précipitent sur elle en poussant des cris qui doivent semer la panique. « A moi ! dragons de Ganges ! dragons d'Aulas ! dragons de Valleraugue ! Tue ! Tue ! ». A trente pas de l'assemblée une décharge éclate : quarante paysans armés, retranchés a au passage n, derrière des murs en pierre sèche et des arbres, ont essayé d'arrêter l'attaque. Ils sont aussitôt culbutés ; la foule se précipite au bas du vallon vers l'Hérault. Un certain nombre de fuyards, ailblés, sont poussés dans la maison de Daudé, de La Cam, par quatre dragons. Ceux-ci veulent enfoncer la porte. Daudé et sa fille, qui s'y opposent, sont frappés à coups de baïonnette. Quelques soldats viennent soutenir leurs camarades et leur porter l'ordre de se retirer « après avoir défait ces gens-là ». Les malheureux tués dans la maison, les dragons renoncent à poursuivre dans la nuit les Cévenols épouvantés qui gagnent «. le fond des montagnes ». Ils se rallient et comptent leurs pertes. Boisvert est mort, atteint de deux balles à la poitrine ; son frère Lagrange, frappé d'un coup de serpe, et un soldat, sont mortellement blessés.