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FIG. 380. — SYRIEN JOUEUR D'INSTRUMENT

toriques, et par suite de les expliquer, l’historien considérera sans doute comme un phénomène remarquable, que les peuples les plus civilisés du monde aient été pendant de longs siècles soumis à une religion dérivant des croyances d’une obscure tribu de nomades; que, pour ces croyances, dont la valeur scientifique

est si nulle, des nations puissantes se soient massacrées sur tous les champs de bataille de l’Occident et de l’Orient, et qu’au nom des mêmes croyances de grands empires aient été élevés et détruits. Peu de faits historiques aussi curieux seront offerts aux méditations des penseurs de l’avenir.

Il est aisé de pressentir qu’ils seront quelque peu sceptiques, ces penseurs de l’avenir. Bien dégagés des préjugés qui nous obsèdent encore aujourd’hui, plus pénétrés que nous ne le sommes des liens qui rattachent le passé au présent et des lois générales de l’évolution des choses, ils jugeront sans doute ce qui passionne encore l’homme moderne avec des yeux tout différents des nôtres. Les problèmes qui nous semblent bien complexes aujourd’hui leur paraîtront fort simples, parce qu’ils sauront les réduire aux éléments dont ils sont formés. Sans doute alors les religions ne seront plus considérées comme la création d’un homme, mais comme celle de milliers d’hommes, comme la synthèse des idées, des besoins d’une race. On ne verra plus dans leurs fondateurs que des esprits supérieurs incarnant inconsciemment l’idéal d’un peuple et d’une époque. Le christianisme et l’islamisme laisseront voir les liens qui les rattachent, à travers la religion juive, à ces âges lointains où naquirent les dieux asiatiques. Nul n’ignorera alors que les religions, tout en conservant un même nom, ont constamment évolué à travers les siècles, et que c’est par une pure fiction qu’on a toujours (*)

(*) (fig. 381) Restitution du temple de Jérusalem. — Bien que les Juifs n’aient jamais été assez civilisés pour posséder une architecture, et que nous sachions par la Bible que leurs monuments furent construits par des ouvriers étrangers, des générations d’archéologues se sont acharnées à essayer la restitution du temple de Jérusalem. Les styles les plus dissemblables ont été adoptés par les auteurs de ces restitutions, ce qui indique bien à quel point elles sont œuvres d’imagination pure. Tout ce que nous pouvons savoir d’à peu près précis du temple de Jérusalem, c’est qu’il fut de style égyptoassyrien. Nous ne voyons pas l’intérêt qu’il peut y avoir à représenter un monument qui n’avait aucun caractère juif et ne possédait aucune trace d’originalité. Cependant puisque des savants distingués tels que MM. de Vogué, Perrot, Chipiez, etc., ont cru devoir consacrer de gros livres à la restitution de cet édifice, nous avons réservé une de nos planches au temple de Jérusalem. Notre restitution a été surtout inspirée par les travaux des auteurs cités plus haut. Le lecteur doit être cependant bien prévenu que cette restitution, de même d’ailleurs que toutes celles publiées jusqu’ici sur le même sujet, ne reposent que sur des indications fort vagues. De toutes celles parues dans cette ouvrage, la planche suivante est à peu près la seule qui ne s’appuie sur aucun document précis.

Fia. 381. — ESSAI DE DESTITUTION DU TEMPLE DE JÉRUSALEM ET DU PALAIS DE SALOMON.

les indications relatives à cette restitution se trouvent en note au bas de la page ci-contre (1).

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reporté sur leurs créateurs apparents les transformations qu’elles ont dû subir pour s’adapter à de nouveaux besoins; que la religion étant, comme les institutions et les arts, l’expression des sentiments d’un peuple, n’a jamais pu passer d’une race à une autre sans se modifier; que des Hindous, des Chinois, des Turcs, par exemple; peuvent bien professer une religion — telle que l’islamisme — ayant un seul nom, mais qu’en passant d’une race dans l’autre cette religion subit, comme les arts, la langue, les institutions, des transformations profondes qui la mettent en rapport avec les sentiments des peuples qui l’ont adoptée. Sans doute, alors, on regardera du même œil l’incrédule de nos jours, dont toute la science se borne à la tâche facile de montrer les côtés enfantins de tous les cultes, et le croyant, dont l’esprit très clair sur des sujets scientifiques, se courbe devant ces superstitions enfantines. Il est aussi facile de nier que d’affirmer; mais ce que l’on demandera à l’écrivain de l’avenir, ce sera surtout de comprendre et d’expliquer. Les temps où l’historien se croyait obligé de juger et de s’indigner seront évanouis pour toujours. L’histoire ne sera plus alors œuvre de littérateur, mais œuvre de savant.

L’histoire des Juifs et des religions sorties de leur sein différera beaucoup sans doute dans l’avenir de ce qu’elle est encore dans les livres. Le moins sémite des Sémites a été le fondateur du christianisme tel que la légende l’a faite, et ce n’est pas sans raison qu’il a été renié et crucifié par son peuple. Ce grand halluciné a joué dans l’histoire un rôle qu’il ne pouvait prévoir, et que des circonstances bien indépendantes de lui-même devaient engendrer, en portant sur son nom les aspirations qui se faisaient jour dans le monde lorsqu’il parut. La grande conception de charité universelle et le pessimisme sombre qui furent d’abord le fond de sa doctrine, comme ils avaient été cinq cents ans avant lui, le fond de celle de Bouddha, n’avaient rien de sémitique. De tels principes ne pouvaient être conçus par ce petit peuple juif, intolérant, égoïste, vaniteux et féroce, mais ils se greffèrent sur l’idée de monothéisme local vers laquelle a toujours plus ou moins penché l’esprit exclusif et simpliste des Sémites demi-barbares, tels que les Juifs et les Arabes.

Le temps n’est pas encore venu où l’on pourra tracer d’une main

LA CIVILISATION JUIVE

impartiale la genèse de ces grandes croyanpes. L’aurore de ce temps commence à peine à poindre : croyants et sceptiques sont encore cantonnés dans des affirmations ou des négations, et ne raisonnent guère. L’homme moderne est encore courbé sous le poids d’une hérédité bien lourde. Depuis tantôt deux mille ans, les influènces héréditaires ont enfermé les âmes de l’Occident dans des moules qui commencent à se désagréger, mais sont bien tenaces encore. Le passé a laissé dans notre esprit des empreintes sur lesquelles les flots du temps, devront passer et repasser durant des siècles pour les effacer.

L’Europe, malgré les développements du rationalisme moderne qui commence à peine à effleurer sa surface, reste chrétienne à un degré que les observateurs superficiels ne peuvent saisir. Les brusqueries de la libre pensée montrent seules, par les résistances qu’elles provoquent, la profondeur du vieux fonds biblique sur lequel nos sociétés vivent encore.

Le peuple juif eut assurément bien peu de part dans l’édification de ce monument séculaire. Mais les siècles ont tellement grandi son rôle apparent, qu’il est bien peu d’esprits assez indépendants du passé, même parmi les plus sceptiques, pour juger Israël à sa juste mesure.

On peut se douter de quel poids le passé pèse sur nous, quand on voit nos penseurs les moins crédules, tels que M. Renan, écrire à propos des Juifs, des lignes comme les suivantes : « Pour un esprit philosophique, c’est-à-dire pour un esprit préoccupé des origines, il n’y a vraiment dans le passé de l’humanité que trois histoires de premier intérêt : l’histoire grecque, l’histoire d’Israël et l’histoire romaine. Ces trois histoires réunies constituent ce qu’on peut appeler l’histoire de la civilisation, la civilisation étant le résultat de la collaboration alternative de la Grèce, de la Judée et de Rome. »

L’heure n’est pas venue encore où les lignes qui précèdent pourront être utilement proposées comme une preuve de l’indestructible influence du passé de l’homme et de son éducation sur l’état de son esprit. L’auteur que je viens de citer échappe parfois sans doute à cette influence, mais jamais pour bien longtemps. Il s’y soustrait quand il montre que toute la cosmogonie juive ne fut

qu’une simplification de la cosmogonie chaldéenne, et que c’est grâce à la transformation qu’ils subirent en traversant l’âme simpliste des Sémites, que les mythes compliqués des Babyloniens purent être adoptés par le monde civilisé de l’Occident. Il n’y échappe plus quand il attribue aux Juifs un rôle prépondérant et passe entièrement sous silence des peuples tels que les Égyptiens et les Chaldéens, dont l’action fut si grande dans l’histoire des progrès de la civilisation, alors que celle des Juifs fut si insignifiante.

Les anciens Juifs n’ont jamais dépassé les formes inférieures de la civilisation qui se distinguent à peine de la barbarie. Lorsque ces nomades sans culture sortirent de leur désert pour se fixer en Palestine, ils se trouvèrent en contact avec des peuples puissants, civilisés depuis longtemps, et, comme toutes les races inférieures placées dans des conditions semblables, ils n’empruntèrent à ces peuples supérieurs que les côtés infimes de leur civilisation, c’està-dire leurs vices, leurs coutumes sanguinaires, leurs débauches et leurs superstitions. Ils sacrifièrent à tous les dieux de l’Asie, à Astarté, à Baal, à Moloch, beaucoup plus qu’au dieu de leur tribu, le sombre et vindicatif Iahvé, dans lequel, malgré toute la violence de leurs prophètes, ils n’eurent pendant bien longtemps qu’une confiance très restreinte. Ils adoraient des veaux de métal, mettaient leurs enfants dans les bras rougis au feu de Moloch, et livraient leurs femmes à la prostitution sacrée sur les hauts lieux.

Quant à faire faire le moindre progrès à la civilisation dont ils empruntèrent les éléments les plus inférieurs, les Béni-Israël s’en montrèrent incapables à un degré véritablement prodigieux. Lorsque leurs puissants instincts commerciaux leur eurent permis d’amasser des richesses, ils ne purent jamais trouver parmi eux des architectes et des artistes capables de bâtir des temples et des palais, et c’est à leurs voisins, les Phéniciens surtout, comme le montre la Bible, qu’ils durent s’adresser. Toutes leurs connaissances se bornaient à l’élevage des bestiaux, à la culture de la terre et surtout au trafic.

Leur prospérité d’ailleurs ne dura qu’un instant. Leurs instincts de rapine et leur intolérance les rendirent insupportables à tous leurs voisins et ces derniers n’eurent pas de peine à les réduire en servitude. Ils vécurent d’ailleurs presque constamment dans la plus

effroyable anarchie, et leur triste histoire n’est que le récit d’horreurs de toutes sortes : prisonniers sciés vivants ou rôtis dans des fours, reines données à manger à des chiens, populations des villes massacrées en y comprenant femmes, vieillards et enfants. Les Assyriens eux-mêmes ne déployèrent jamais une férocité plus grande.

Ce fut pourtant sans doute la noire misère où tomba bientôt Israël qui empêcha sa désagrégation complète et lui permit de conserver son unité remarquable. L’antipathie profonde qu’il inspira toujours à tous les peuples qui se trouvèrent en contact avec lui l’empêcha de disparaître en se fondant avec eux. Écrasé par de puissants voisins, toujours réduit en esclavage par les grands empires asiatiques, livré à ses perpétuelles luttes intestines et à une incurable anarchie aussitôt qu’il recouvrait une ombre de liberté, il réalisait entièrement ces conditions où l’âme humaine, n’ayant rien à espérer, ne connaît plus que les suggestions du désespoir. C’est alors qu’apparaissent ces hallucinés et ces convulsionnaires qui ont toujours eu une influence si profonde sur l’âme des foules. Jamais peuple ne posséda autant de voyants, d’inspirés et d’illuminés qu’Israël. En fait d’hommes remarquables, il ne compta guère que des prophètes et des poètes.

Prophètes et poètes puisaient d’ailleurs aux mêmes inspirations. Ils vivaient dans la même atmosphère d’excitation cérébrale constante dont toutes leurs œuvres portent l’empreinte.

Pendant ses longs siècles d’histoire, Israël n’a produit qu’un livre, l’Ancien Testament, et de ce livre, quelques poésies lyriques seulement sont tout à fait remarquables. Le reste se compose de visions d’hallucinés, de froides chroniques, de récits obscènes et sanglants.

Ce livre eut pourtant une fortune qu’aucun autre, en dehors peut-être du Coran, n’a obtenu dans le monde. La Bible et le Coran sont assurément les deux livres qui ont eu le plus de lecteurs dans , l’univers, et qui ont le plus influencé les âmes. Ils ont inspiré de grands conquérants, précipité l’Occident sur l’Orient, et c’est en leurs noms qu’ont été fondés et détruits de gigantesques empires.

L’influence extraordinaire de la Bible constitue un des plus frappants exemples que l’on puisse citer du rôle que jouent les illusions

LA CIVILISATION JUIVE

dans l’histoire des peuples. Ce livre eut en outre ce sort merveilleux d’être lu par des millions d’hommes qui y ont vu chacun ce qu’il voulait y voir, mais jamais ce qui s’y trouvait réellement. Un pareil phénomène d’imagination déformante ne se produira plus sans doute sur une semblable échelle dans l’histoire du monde. Les pages où des générations et des générations d’hommes ont su trouver les plus sublimes enseignements de morale sont les récits de débauches et de massacres qui constituent la véritable histoire des Juifs. Les ruses de Jacob, l’inceste des filles de Loth, l’adultère de David, les prostitutions sur les hauts lieux, les exécutions sans pitié, et toutes les insignifiantes chroniques d’un peuple barbare, enseignent depuis deux mille ans aux peuples chrétiens la vraie nature et la toute-puissance de leur Dieu. En remontant plus haul encore, on voit que c’est la vieille cosmogonie chaldéenne — la création en sept jours, Adam et Ève, le paradis, le déluge, l’arche de Noé — qui nourrit depuis tant de siècles les générations occidentales. Il a fallu un merveilleux effort d’imagination aux nations aryennes pour reconnaître leur Dieu universel et bienveillant dans les traits du sombre et féroce Jéhovah, l’idole obscure de l’obscure tribu des Béni-Israël, l’idole qui réclame toujours des sacrifices, des holocaustes, de la viande grillée et du sang. Les légendes enfantines ou monstrueuses que les écrivains bibliques avaient compilées pour faire croire à une peuplade ignorante que son dieu la gouvernait directement, la châtiaint et la récompensant tour à tour d’une façon évidente; ces légendes qui firent alors si peu d’impression sur l’incrédulité des Juifs, et dont l’un d’eux, Job, a si magistralement réfuté la théorie fondamentale; ces légendes sont devenues la base de religions qui ont satisfait l’Occident durant plus de vingt siècles ; elles ont été la vérité pure pour des esprits tels que saint Augustin, Galilée, Newton et Pascal.

C’est en observant des phénomènes semblables que j’en suis arrivé à conclure que les illusions jouent un rôle tellement considérable dans l’évolution des peuples, qu’il serait difficile d’en exagérer l’importance.

Je n’ai pas à traiter dans cet ouvrage de l’histoire et de la formation des religions qui ont régné depuis près de deux mille ans sur l’Occident; un volume comme celui-ci ne suffirait pas à réaliser

une telle tâche. Je n’ai donc pas à rechercher par quelle série de circonstances ce fut précisément le peuple juif — le plus réfractaire aux grandes idées simplistes de sa race — qui a fait triompher ces idées dans le monde. Je n’ai pas davantage à montrer que l’apparition du christianisme ne fut pas un phénomène brusque — comme cela s’enseignera longtemps encore — mais qu’il se rattache par une série d’évolutions graduelles au vieux Panthéon chaldéen et aux vieilles formes des primitives religions aryennes. Notre lâche doit se borner à montrer la part des Juifs dans l’histoire de la civilisation.

On peut résumer dès à présent le contenu de ce chapitre en disant qu’au point de vue matériel, l’influence des Juifs dans l’histoire de la civilisation a été parfaitement nulle, mais qu’au point de vue moral cette influence a été au contraire immense. S’il est vrai que l’humanité est surtout conduite par des fantômes, il faut reconnaître que c’est du sein de la nation juive qu’est sorti un des plus formidables de tous ceux qui ont régné sur le monde. L’Occident a été pendant deux mille ans plié sous sa loi, et pendant bien des siècles sans doute il y restera courbé encore. Le représentant des doctrines prêchées par un charpentier d’un petit village de la Galilée est aujourd’hui encore le plus puissant monarque du monde, le seul dont les arrêts soient tenus pour infaillibles, et dont on puisse dire que trois cents millions d’âmes sont soumises à son joug.

C’est en raison de cette influence, exercée indirectement par les Juifs dans le monde, que nous leur avons consacré quelques pages dans notre histoire des premières civilisations, bien qu’ils n’aient mérité à aucun titre d’être rangés parmi les peuples civilisés.

§2. — LE MILIEU ET LA RACE

Les Israélites étaient des Sémites, c’est-à-dire qu’ils appartenaient à la même race que les Assyriens et les Arabes.

Il est établi aujourd'hui que l’Arabie centrale et septentrionale fut le berceau des Sémites. Mais, tandis que la plupart d’entre eux

photographie.

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