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FIG. 125. — THÈBES. VUE PRISE DANS LES RUINES DE KARNAE

année 5004 jusqu’à celle de 527, qui vit les Perses s’emparer de la vallée du Nil. Ces vingt-six dynasties se répartissent en trois périodes principales : l’Ancien Empire, qui comprend dix dynasties, de 5004 à 3064; le Moyen Empire, sept dynasties, de 3064 à 1703; et le Nouvel Empire, neuf dynasties, de 1703 à 527. Après la conquête des Perses, en 527 avant notre ère, on compte encore cinq dy-

nasties, y compris celles des vainqueurs, ce qui porte à trente et une le nombre total des dynasties égyptiennes.

Le siège de l’Ancien Empire fut Memphis; celui du Moyen Empire, Thèbes; et celui du Nouvel Empire, Sais et les villes du Delta. Mais la prépondérance successive des trois capitales ne correspond pas rigoureusement à la succession des trois empires. Avant d’aborder l’étude de la civilisation égyptienne, nous allons d’abord résumer successivement l’histoire politique de ces diverses périodes.

§ 2. — l’ancien empire

Les Égyptiens croyaient avoir été tout d’abord gouvernés par des dieux. Les Shesou-Hor, ou serviteurs d’Horus, les ancêtres, recevaient directement leur organisation civile et leurs lois de la sagesse divine. Il est probable que, dans les temps antéhistoriques, l’Égypte constituait une théocratie. La caste des prêtres était souveraine et prétendait recevoir des dieux les commandements qu’elle transmettait au peuple. C’est là une des premières phases des gouvernements primitifs. Après la période d’autorité absolue et divine, vient généralement une période guerrière et féodale. C’est ce qui arriva probablement aussi en Égypte, et ce fut la révolution qu’opéra Ménès, le premier roi, 5000 ans avant notre ère.

Depuis longtemps déjà, la caste des guerriers luttait pour enlever l’influence à celle des prêtres. Les chefs militaires des districts acquéraient plus d’autorité. Ménès les réunit, concentra leurs forces, et, d’un commun accord, fut reconnu roi unique. La première dynastie était fondée.

Ménès trouvait l’Égypte à un état déjà avancé de civilisation. Le Nil était canalisé, Iss canaux creusés, l’agriculture perfectionnée. Les arts étaient nés : grandioses, fantastiques et lourds, comme toujours au début. Le grand Sphinx, et le temple de granit et d’albâtre dont on voit auprès les gigantesques ruines, sont antérieurs peutêtre à l’Ancien Empire. Ce sont les legs mystérieux des temps les plus reculés où l’humanité ait donné à sa pensée une forme de pierre : œuvre des antiques Shesou-Hor, dressée en l’honneur des dieux qui daignaient leur dicter des lois.

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

Ménès fonda la ville de Memphis. Pour isoler du Nil et préserver des inondations le terrain où il la construisit, il éleva une digue gigantesque, qui, en partie, subsiste encore. Memphis fut dédiée au dieu Phtah; son nom, Ha-ka-Phtah, adouci par l’harmonieuse langue des Grecs, devint plus tardÆgyptos, l’Égypte des modernes, et désigna tout le pays.

Le souvenir de Ménès devait rester populaire en Égypte à travers les siècles. La vallée du Nil lui dut son unité, et nous avons dit combien la centralisation du gouvernement était nécessaire au bien-être de cette contrée, où les travaux d’irrigation doivent se faire par une entente générale pour profiter à tous. La constitution de l’Égypte n’en resta pas moins féodale; les chefs de nomes ou districts respectaient le roi comme un suzerain, lui donnaient le service militaire, et, à titre de corvées, faisaient exécuJLer chez eux les travaux publics. Cette organisation resta toujours dans ses grands traits celle de l’Égypte, l’unification étant plus serrée, plus complète sous les grands rois autoritaires , et la décentralisation plus grande sous les dynasties faibles.

Les descendants de Ménès furent les Pharaons, fils de Dieu, du dieu-soleil. Pour que la descendance divine ne s’éteignît pas, on admit qu’elle pùt être transmise par les femmes. Lorsqu’un roi mourait sans héritier mâle, fils ou neveu, le chef de la nouvelle dynastie épousait une princesse de la famille royale précédente, et ainsi le sang divin de Ménès passait de génération en génération sans s’épuiser jamais.

Les deux ou trois premières dynasties n’ont laissé que de faibles traces dans l’histoire. Cependant, déjà à cette époque si reculée, les sciences étaient cultivées, l’écriture était fixée. Un des rois de la première dynastie, avait composé un traité d’anatomie, et l’un des ouvrages contenus dans le Papyrus Médical de Berlin paraît dater de cette époque. La pyramide de Saqqarah y remonte, probablement. C’est aussi sous les premières dynasties que s’établit en Égypte le culte des animaux, l’Hâpis de Memphis, le bouc de Mendès, etc.

On est fondé à supposer que la royauté, avant de s’imposer' à l’aristocratie féodale, eut à lutter comme le firent en France nos premiers Capétiens. Les inscriptions témoignent que des dynasties

collatérales s’élevèrent et furent sur le point de prévaloir. La troisième dynastie semble avoir affermi son autorité, et, en unifiant véritablement l’Égypte, préparé la magnifique explosion civilisa-

FIG. 126. — SOUVERAIN ÉGYPTIEN FAISANT DES LIBATIONS, BRULANT DE L’ENCENS ET OFRANT DES PRÉSENTS A UNE DIVINITÉ ÉGYPTIENNE.

(Peinture de Thèbes.)

trice de la quatrième dynastie. Celle-ci marque l’apogée de l’Ancien Empire. C’est la période du grand art égyptien, de la construction des Pyramides et de la splendeur de Memphis.

D’après une photographie de Bondis.

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