TEMPLE DE KARNAK
divers es* partie. ^ ^ - «
de cette salle célèbre.
cliché que nous avons pris de l’ejtréinité
grandes victoires de Mageddo et de Kadesh, écrasa absolument lés peuples syriens coalisés, puis franchit l’Euphrate, atteignit le Tigre et le remontajusqu’à Ninive. Les rois lui offraient leur soumission sans qu’il eût davantage à combattre, et il revint en Égypte après
une marche triomphante à travers l’Asie, rapportant parmi son butin les défenses de cent vingt éléphants tués à la chasse par lui et ses officiers dans le pays d’Assur.
Après ce grand roi conquérant, vint le grand roi constructeur, Amenhotep III ou Amenophis, qui embellit Thèbes, déjà remplie de merveilleux monuments. L’Égypte n’avait pas perdu le goût des édifices pompeux et presque effrayants dans leur massive solidité. La gloire d’en avoir élevé ne manque pas plus à la dix-huitième dynastie qu’à la douzième et à la quatrième.
Amenhotep III bâtit le temple d’Ammon, à Thèbes, et dressa deux statues gigantesques dont l’une, brisée plus tard, devint le fameux colosse de Memnon, qui, au lever du soleil, rendait des sons harmonieux.
Après Amenhotep IV, roi efféminé, qui s’adonna presque exclusivement aux pratiques religieuses et voulut faire triompher le culte du soleil, la dix-huitième dynastie s’affaiblit et s’éteignit dans une série de petits rois qui s’épuisèrent en des guerres civiles et •laissèrent se détacher successivement de l’Égypte toutes les conquêtes de leurs pères.
Mais alors parut Ramsès Ier qui fonda la dix-neuvième dynastie. Son fils s’appela Séti, et son petit-fils Ramsès II le Grand ou Sésostris.
Les règnes de ces princes furent très glorieux, moins cependant qu’on ne l’a cru jusqu’à nos jours, d’après la tradition d’Hérodote, et certainement moins que ceux des rois de la dix-huitième dynastie. Séti et son petit-fils Ramsès ne firent en effet que des guerres défensives; ils conservèrent les conquêtes des Thoutmès et des Amenhotep, mais ils ne les augmentèrent pas. Leurs luttes les plus acharnées furent livrées en Syrie contre un peuple nouveau, les Khétas, qui venait d’acquérir la suprématie sur toutes les autres peuplades, et se trouvait maître du pays depuis Kadesh yusqu’à Karkémis.
Ces Khétas, énergiques et passionnés pour leur indépendance, tinrent en échec et forcèrent à traiter d’égal à égal, non seulement Ramsès Ier et môme Séti Ier, mais le grand Ramsès II Meïamoun, le fameux Sésostris lui-même.
C’est du vivant même de son père, environ quinze cents ans
LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE
avant Jésus-Christ, que Ramsès II commença à se distinguer sur les champs de bataille. Il eut d’abord à repousser une invasion qui menaçait l’Égypte du côté de la Libye. Les peuples de l’Asie Mineure et de l’Archipel coalisés avaient débarqué en grand nombre à l’occident du Delta, et trouvé des alliés tout prêts chez les Libyens. Ramsès conjura le danger; puis il se rendit dans l’Éthiopie soulevée et y rétablit la domination égyptienne. Son père mourut alors et il lui succéda sur le trône. Les troubles de la Syrie le forcèrent à marcher contre les Khétas, qui ameutaient sans cesse leurs voisins, et même les peuples des parties les plus éloignées de l’Asie Mineure, contre la puissance égyptienne.
Il triompha encore de la coalition et signa avec le roi des Khétas une alliance offensive et défensive, qui fut consolidée par son mariage avec la fille de ce prince et par le voyage de celui-ci en Égypte. On a retrouvé les clauses de ce traité, qui peuvent être considérées comme le monument diplomatique le plus ancien du monde.
Tout honorables que puissent paraître les guerres du grand' Ramsès, elles sont loin de ces expéditions fabuleuses qui, suivant le récit des prêtres à Hérodote, l’auraient conduit aux bords du Danube et aux rivages de la mer des Indes. C’était même une déchéance pour l’Égypte de voir son Pharaon traiter avec un Syrien rebelle, épouser sa fille et le recevoir dans les murs de Thèbes, ville sacrée d’Ammon, le dieu Soleil.
La véritable gloire de Ramsès II et celle qui a rendu son nom si populaire, c’est qu’il lut le plus grand constructeur de tous les rois d’Égypte, et qu’il couvrit littéralement la vallée du Nil de monuments qui tous portaient son cartouche et rappelaient ses exploits. Il fit construire dans chaque ville, — et elles étaient nombreuses en Égypte, — un temple au dieu spécial que l’on y adorait. Dans le Delta, il releva Tanis, l’ancienne capitale des rois pasteurs. iMais Thèbes surtout lut l’objet de ses soins. Il y bâtit un monument magnifique, le Ramesseum ; il acheva le temple d’Ammon, commencé par Amentohep III et l’orna de deux superbes obélisques, dont l’un est aujourd’hui à Paris, sur la place de la Concorde. La fameuse salle hypostvle soutenue par cent trente-quatre colonnes, date de son règne. Les constructions commémoratives de ses vie-
toires ne se rencontrent pas seulement dans la vallée du Nil; il en éleva jusqu’en Nubie, où ses énormes colosses de vingt mètres de haut gardent encore l’entrée du temple souterrain d’Ipsamboul. En Syrie également, il dressa des stèles qui portent son nom.
Les poètes ne manquèrent pas d’ailleurs pour exagérer les magnifiques actions de ce Roi-Soleil de l’Égypte. Le plus célèbre est Pentaour, qui, dans un langage imagé nous montre le Pharaon, à la bataille de Kadesh, enveloppé par deux mille cinq cents chars ennemis, qu’il renverse et brise à lui seul, avec l’aide, il est vrai, de son ancêtre divin, le toutpuissant dieü Ammon.
Malgré tout l’éclat de ce règne, on peut y voir naître les causes qui amenèrent peu après la décadence de l’Égypte. Le peuple , absolument écrasé par les nécessités des guerres continuelles et des gigantesques consfig. 135. — autel égyptien en GBÈs. tructions , succombait sous
(style de la xa* dynastie.) \q p0ids de son effroyable
fardeau. La joie des victoires avait fait place à un profond découragement, suivi bientôt de rébellions ouvertes. Les esclaves eux-mêmes trouvaient dans l’excès de leurs maux l’énergie de la résistance. Les descendants d’Israël, particulièrement maltraités, nous ont laissé, dans leurs livres saints, la description de leurs misères, et les malédictions dont ils ont chargé la mémoire du grand roi.