FIG. 167. — TEMPLE DE DAKKEH (NUBIE
Ce temple fut fondé au temps de Ptoléméc Philadelphe, par le roi d’Ethiopie Arkamoun. Comme tous les monuments éthiopiens, il est de style égyptien. Il a été restauré par Auguste.
opposé à ceux des Grecs. Lorsque les Égyptiens se rencontrent, au lieu de se saluer de paroles, ils se font une profonde révérence en baissant la main jusqu’au genou. »
La politesse, l’aménité, le respect humain, présidaient aux rapports des Égyptiens entre eux. Ces vertus semblaient toutes simples à ce peuple aimable et gai. Sans doute son caractère ouvert, enjoué, tenait en grande partie à la douceur de son climat, à la vigueur de sa constitution.
« Après les Libyens », dit encore Hérodote, « il n’v a point d’hommes si sains et d’un meilleur tempérament que les Égyptiens. Je crois qu’il faut attribuer cet avantage aux saisons, qui ne varient jamais en ce pays; car ce sont les variations de l’air, et surtout celles des saisons qui occasionnent les maladies. »
Cet heureux climat permettait aux Égyptiens de vivre beaucoup en plein air. Dans leurs habitations, les salles encloses de murs étaient peu nombreuses et restreintes. C’est dans la cour, dans le jardin ou sur la terrasse formant le toit, qu’ils se tenaient le plus généralement.
Leurs vêtements étaient assez sommaires. Pour les hommes, c’était une sorte de pagne enveloppant les reins et tombant jusqu’aux genoux, et quelquefois un grand manteau dont ils s’enveloppaient. Les femmes portaient une sorte de chemise collante, allant du col jusqu’aux chevilles. La toilette élégante des dames de qualité consistait en une robe d’une étoffe fine et transparente passée par-dessus cette chemise. Les danseuses ne mettaient que la robe transparente, qui laissait voir à travers ses plis vaporeux les formes de leur corps et les gracieux mouvements de leurs membres. Les esclaves, les servantes restaient nues, avec une étroite ceinture.
Le luxe des bijoux était très développé pour les hommes aussi bien que pour les femmes. Les bandeaux de tête, les bagues, les bracelets aux bras et aux jambes, les colliers, les riches amulettes, les ceintures garnies de pierreries ou tout au moins de perles d’émail, étaient portés par les deux sexes. Les femmes avaient des pendants d’oreille.
L’usage des fards était très répandu. Le henné rougissait les ongles, le khôl et l’antimoine relevaient l’éclat des yeux.
LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE
Les Égyptiens, pour se garantir de la chaleur aussi bien que par propreté, rasaient leurs cheveux et leur barbe. Les prêtres se rasaient même le corps entier. Cependant il fallait bien protéger le crâne contre l’ardeur d’un soleil implacable. De là sans doute ce singulier usage des perruques, qui jouaient le rôle du turban moderne.
La plupart des Égyptiens et des Égyptiennes portaient perruque. C’étaient souvent de lourds édifices de cheveux tressés, bouclés, abondamment parfumés, retenus par des bandeaux de perles. Ces objets compliqués devaient coûter cher; aussi les remplaçait-on souvent par des imitations plus ou moins parfaites, ou par des étoffes plissées, tombant droit des deux côtés de la tête, coiffure ordinaire des sphinx. Les gens du peuple portaient une sorte de petit bonnet très ajusté.
Les enfants, jusqu’à l’âge de puberté, conservaient une tresse naturelle pendante sur le côté de la tête. L’héritier du trône gardait cette tresse tant que son père vivait, et même jusque dans l’âge
adulte.
Comme pour les cheveux, il existait des barbes artificielles qui, attachées sous le menton, marquaient, parleur plus ou moins de longueur, le rang de celui qui s’en parait. Elles étaient toujours droites et carrées; celles des dieux seules ser recourbaient à leur extrémité.
En fait de chaussures, les Égyptiens portaient des sandales de papyrus, qu’ils laissaient, en signe de respect, au seuil du temple ou des appartements du roi. Le prince ne permettait qu’à ceux qu’il voulait honorer d’une façon toute particulière de rester chaussés devant lui. C’était un privilège analogue à celui du grand d’Espagne restant couvert devant son souverain. K
Les Égyptiens aimaient passionnément le plaisir. Les assemblées, les festins, les réunions joyeuses, la danse, la musique, la conversation, les jeux, la pompe des cérémonies religieuses, toute espèce de spectacle ou de divertissement en commun les ravissaient.
Les peintures des tombeaux nous montrent dans tous ses détails ce que pouvait être une fête chez un riche Égyptien, il y a plus de trois mille ans.
A peine étaient-ils arrivés, et avaient-ils salué le maître et la maîtresse de la maison, assis en grande cérémonie sur des sièges