FIG. 20C. — ESNEH. CHAPITEAUX DU PORTIQUE DU TEMPLE
élémentaires tels que la règle, l’équerre, le niveau du maçon, mais encore des instruments plus compliqués, tels que le cercle divisé en 360 degrés. Cette division figurait sur leurs zodiaques.
La mention d’un de ces cercles gradués nous a été laissée par
Diodore dans la description du monument qu’il appelle le tombeau d’Osymaridias, mais qui n’est autre que le Ramesseum, dont on voit aujourd’hui encore les débris, reproduits par plusieurs de nos gravures.
« Au sommet du tombeau du roi, » dit cet historien, « il y avait un cercle d’or de trois cent soixante-cinq coudées de circonférence et de l’épaisseur d’une coudée. Ce cercle était divisé en autant de parties qu’il comprenait de coudées; chacune indiquait un jour de l’année; et on avait écrit à côté les levers et les couchers naturels des astres, avec les pronostics que fondaient là-dessus les astrologues égyptiens. Ce cercle fut, dit-on, dérobé par Cambyse dans les temps où les Perses conquirent l’Égypte. »
Les Égyptiens avaient adopté la numération décimale. Ils écrivaient les nombres d’une façon analogue à celle des Romains. Ils avaient un signe pour le nombre 1, un autre pour le nombre 10, un autre pour 100, un autre pour 1000, et ainsi de suite. Pour écrire, par exemple, le nombre 3897, ils traçaient trois fois le signe 1000, puis 8 fois le signe 100, 9 fois le signe 10 et 7 fois le signe 1. Les prêtres, dans leur écriture hiératique, arrivèrent à adopter neuf signes spéciaux pour les neuf premiers nombres. Ce sont ces signes, imités par les Phéniciens, qui sont devenus les chiffres arabes dont nous nous servons.
Tous les anciens écrivains s’accordent pour faire de l’Égypte le berceau de la géométrie. Les fréquentes allusions faites dans leurs papyrus à la mesure et à la division des terres prouvent qu’ils connaissaient l’arpentage et par conséquent les notions géométriques sur lesquelles l’arpentage s’appuie. Les éléments de la géométrie furent connus en Égypte à une époque difficile à fixer, mais à coup sûr très reculée, puisqu’ils durent servir dans la construction et l’orientation des Pyramides, les nivellements nécessités pour creuser les canaux, etc.
Le British Muséum conserve, sous le nom de Papyrus de B/iind, le seul traité de géométrie que nous ait laissé l’Égypte. Ce document date de la xixe dynastie, mais il serait, suivant M. Bircli, la copie d’un original qui remonterait jusqu’à Khéops. C’est un manuel très élémentaire contenant une série de règles pour la mesure des surfaces et des solides. Il présente môme des problèmes dont on doit chercher la solution.
LA CIVILISATION EGYPTIENNE
La connaissance de la géométrie dans ses applications au nivellement fut nécessaire au premier des rois égyptiens, Ménès, s’il fit réellement exécuter les travaux de canalisation que lui attribue Hérodote.
« Ménès, » dit l’historien grec, « qui fut le premier roi d’Égypte, fit faire, selon les prêtres, des digues à Memphis. Le fleuve, jusqu’au règne de ce prince, coulait entièrement le long de la montagne sablonneuse qui est du côté delà Lybie; mais, ayant^ comblé le coude que forme le Nil du côté du Midi, et construit une digue environ à cent stades au-dessus de Memphis, il mit à sec son ancien lit et lui fit prendre son cours par un nouveau canal, afin qu’il coulât à égale distance des montagnes ; et encore aujourd’hui, sous la domination des Perses, on a une attention particulière à ce même coude du Nil, dont les eaux, retenues par les digues, coulent d’un autre côté, et on a soin de les fortifier tous les ans. »
Chimie et médecine. — La chimie, ou, pour parler plus exactement, les procédés industriels de la chimie furent très étudiés par les Égyptiens. Nous le montrerons plus loin en parlant de leurs applications, telles que l’extraction des métaux, la fabrication des couleurs, etc.
La médecine était très cultivée également, mais elle se composait uniquement d’un mélange d’insignifiantes- recettes et de formules magiques. Les médecins, les spécialistes mêmes, ne manquaient pas dans la vallée du Nil. 11 y en avait pour toutes les maladies. Comme de nos jours, la bienfaisante nature était là pour pallier un peu leurs bévues, et ils vivaient surtout de la confiance qu’ils inspiraient.
Ils ne possédaient d’ailleurs aucune des connaissances anatomiques et physiologiques sur lesquelles s’appuie la médecine. Les préjugés religieux s’opposaient à ce qu’ils pussent acquérir aucune notion de ces sciences. La dissection d’un corps eut été considérée comme un effroyable sacrilège. Aussi se faisaient-ils de bien bizarres idées de la structure et des fonctions de ce corps si respecté, mais si peu connu. Ils se le figuraient animé par un souffle vital, émanant du cœur, organe primordial, que d’ailleurs ils confondaient avec les poumons. Un malade, pour eux, était un homme soumis à une influence maligne; les principaux remèdes à lui appliquer étaient des exorcismes. Cependant ils pensaient que les
aliments pouvaient occasionner des désordres internes. Aussi usaient-ils régulièrement de tous les moyens propres à dégager l’estomac et les intestins.
« Pour prévenir les maladies, » raconte Diodore, « les Égyptiens. traitent le corps par des clystères, par la diète et des vomitifs ; les uns emploient ces moyens journellement; les autres n'en font usage que tous les trois ou quatre jours. Car ils disent que l’excédant de la nourriture ingérée dans le corps ne
D*après la Commission d'Egypte.