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Sauvage européen vêtu de peau de bœuf

du premier mois de l’année. Des fêtes particulièrement solennelles célébraient cette coïncidence, et l’on donna le nom de période sothiaque ou caniculaire à la durée de 1460-1461 ans nécessaire pour la ramener.

L’année de trois cent soixante-cinq jours, ou année vague,

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

resta l’année officielle des Égyptiens, mais ils tenaient toujours compte de la position de Sirius et de la correspondance de leurs dates avec la période sothiaque.

L’astre Sirius, consacré à Isis, qui, chez eux, jouait un si grand rôle, n’était pas le seul observé. Les prêtres étudiaient constamment la voûte céleste, notaient les phases des étoiles, leurs levers et leurs couchers. Ils les divisaient en étoiles voyageuses, « qui ne reposent

D'après une photographie.

FIG. 198. — VUE DES ROCHERS FORMANT LES RAPIDES DE LA PREMIÈRE CATARACTE DU NIL.

jamais », et en étoiles fixes, « qui jamais ne bougent ». Ils connaissaient la plupart des planètes, auxquelles ils avaient donné les noms de leurs principaux dieux.

Nous ignorons entièrement les instruments et les moyens d’observation des Égyptiens. Ils durent, dès l’antiquité la plus reculée, posséder au moins le gnomon ou tout autre instrument du même genre, car, sans cela, des opérations telles que l’orientation des Pyramides, eût été impossible. Or, nous savons que les Pyramides sont orientées, à quelques minutes près, c’est-à-dire avec une précision qu’on dépasserait difficilement aujourd’hui.

« Sur une plate-forme en pierre rendue horizontale au moyen de l’équerre et du fil à plomb, » dit M. Biot, « posez une règle bien droite à arêtes tranchantes, comme on en trouve dans les tombeaux d’Égypte, et le matin, à un jour quelconque, alignez-la sur le point de l’horizon oriental où le’ soleil se lève; puis tracez sur la plate-forme une ligne droite suivant cette direction. Tracez-en de même une autre le soir suivant la direction où il se couche : l’intermédiaire entre ces deux lignes est la méridienne, qui vous marquera le nord et le sud. C’est l’orientation des Pyramides. »

C’est en se servant du gnomon que les prêtres égyptiens essayèrent de déterminer le diamètre du soleil. Mesurant la différence entre la longueur projetée par une tige verticale au moment où le disque solaire commence à émerger de l’horizon, et celle qu’on obtient quand il a surgi tout entier, ils en conclurent que son diamètre était égal à la sept cent cinquantième partie du cercle ^ que .’astre semble parcourir en vingt-quatre heures.

Leurs méthodes d’observation ne réussirent pas d’ailleurs à donner aux Égyptiens une exacte idée du système réel du monde. Leurs conceptions à cet égard, furent, en effet, très primitives. Leurs bas-reliefs et leurs peintures nous montrent la terre sous la forme d’un dieu couché (Seb), tandis qu’un autre dieu, le dieu Schou, soutient au-dessus de lui la voûte céleste figurée par la déesse Nout, au corps étoilé.

Cette voûte céleste, personnifiée emblématiquement par la déesse Nout, était pour eux un vaste océan qui reposait sur le plafond cristallin de l’atmosphère, et au sein duquel flottaient tous les astres. Pour eux, le soleil navigue en traversant l’espace. Ils ne l’imaginent pas monté sur un char et emporté par des chevaux fougueux, comme les Grecs ou les Aryens védiques, mais bien assis dans une barque et conduit par des nautoniers divins.

Bien que, dans leur patiente observation des astres, les Égyptiens aient enregistré nombre de notions intéressantes et exactes, il faut reconnaître que la grande importance et le vrai rôle des corps célestes consistaient pour eux à dévoiler l’avenir aux mortels. Au fond, c’est plutôt l’astrologie que l’astronomie que l’on tint en honneur dans la vallée du Nil.

Voici ce que nous rapporte Liodore sur l’état des connaissances mathématiques, astronomiques et astrologiques chez les Égyptiens;

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

« Les prêtres enseignent à leurs fils deux sortes de lettres, les unes sacrées, les autres vulgaires. Ils s’appliquent beaucoup à la géométrie et à l’arithmétique. Le Nil, qui change annuellement l’aspect du pays, soulève par cela même, entre les voisins, de nombreux procès sur les limites des possessions. Ces procès seraient interminables sans l’intervention de la science du géomètre. L'arithmétique leur est utile dans l’administration des biens privés et dans les spéculations géométriques. De plus, elle est d’un grand secours pour ceux qui se livrent à l’astrologie. Il n’y a peut-être pas de pays où l’ordre et le mouvement des astres soient observés avec plus d’exactitude qu’en Égypte. Ils conservent, depuis un nombre incroyable d’années, des registres où ces observations sont consignées. On y trouve des renseignements sur les planètes, sur leurs révolutions et leurs stations; de plus, sur le rapport de chaque planète avec la naissance des animaux, enfin sur les astres dont l’infiuence est bonne ou mauvaise. En prédisant aux hommes l'avenir, ces astrologues ont souvent rencontré juste ; ils prédisent aussi fréquemment l’abondance et la disette, les épidémies et les maladies des troupeaux. Les tremblements de terre, les inondations, l’apparition des comètes et beaucoup d’autres phénomènes qu'il est impossible au vulgaire de connaître d’avance, ils les prévoient, d’après des observations faites depuis un long espace de temps. »

Hérodote nous dit de son côté :

« Entre autre choses qu’ont inventées les Égyptiens, ils ont imaginé à quel dieu chaque mois et chaque jour du mois sont consacrés; ce sont eux qui, en observant le jour de la naissance de quelqu’un, lui ont prédit le sort qui l’attendait, ce qu’il deviendrait, et le genre de mort dont il devait mourir. Les poètes grecs ont fait usage de cette science, mais les Égyptiens ont mis au nombre des prodiges un plus grand nombre de faits que tout le reste des hommes. Lorsqu’il en survient un, ils le mettent par écrit, et observent de quel événement il sera suivi. Si, dans la suite, il arrive quelque chose qui ait avec ce prodige la moindre ressemblance, ils se persuadent que l’issue sera la même. »

C’est aux Égyptiens que nous devons le nom des jours de la semaine. Ce sont eux qui, les premiers, les désignèrent par les noms des planètes, de la lune, du soleil. Ils divisaient chaque jour en quatre parties, et chacune de ces parties portait le nom d’un astre. Celui de la première partie servait à désigner le jour entier. Suivant que l’influence de l’étoile était propice ou néfaste, la journée, ou le quart de journée, était favorable ou non pour certaines entreprises. La vie des Égyptiens se réglait tout entière sur les indications astrologiques de leur calendrier.

Mathématiques. — Nous avons indiqué, dans un précédent

FIG. 199. — MODÈLES D'ARMES ÉGYPTIENNES, D’OBJETS D’ARMEMENT ET D’ÉTENDARDS DE DIVERSES ÉPOQUES.

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

paragraphe, sur quelle raison on peut s’appuyer pour démontrer que les connaissances en mathématiques — en mathématiques appliquées surtout — devaient être assez répandues dans la vallée du Nil; on y connaissait forcément non seulement des instruments

D’après la Commission d’Égypte.

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