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Les premières civilisations

Traiter des enchaînements du progrès humain est parler de l'histoire universelle. C'est suivre ce grand mouvement de l'intelligence qui conduisit l'homme de la barbarie à la civilisation ; c'est faire à chaque race, à chaque peuple, à chaque individu la part qui lui est due dans cette œuvre sublime dont nous-mêmes ne sommes encore que les ouvriers inconscients ; dans cette impulsion qui entraîne l'humanité vers les destinées bonnes ou mauvaises, suivant des lois, le plus souvent, indépendantes de sa volonté, de ses désirs, de ses calculs.

Les causes de cette évolution sont nombreuses, variées à l'infini. Elle-même se déroule en des phases complexes, s'appuyant sur des bases essentiellement mobiles, parfois en relations les unes avec les autres ; mais souvent aussi indépendantes, isolées et fortuites.

N'envisager qu'un seul aspect de ce mouvement, c'est l'ignorer ; car ses manifestations sont multiples. La prospérité industrielle et commerciale ne constitue pas les seules causes de la vitalité d'un peuple ; les arts, la littérature ne sont que les dérivés d'un état général, des aptitudes d'un milieu, des loisirs dont il jouit; les succès militaires ne sont pas la preuve absolue delà puissance; le luxe, la richesse n'impliquent pas le bonheur des êtres.

Et ces arts, cette littérature, cette prospérité, ce luxe, cette richesse, cette puissance militaire, ne sont que des biens éphémères; ils s'évanouissent pour ne laisser souvent (|ue de vagues

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