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CHAPITRE X

La prépondérance assyrienne.

Décadence de l Egypte. — Les Mèdes et Cyaxares.

Invasion des Scythes. — Pelasges et Hellènes.

Les Ligures. — Les Etrusques, fondation de Borne.

Origines de la civilisation chinoise.

L'Assyrie fut le nid tFoiseaux de proie d'où, pendant près de dix siècles, partirent les expéditions les plus terribles qui aient jamais ensanglanté le monde.

Assour, Nimroud (1) et finalement Ninive, furent successivement les capitales de cet empire; Assour était son dieu, le pillage sa morale, les jouissances matérielles son idéal, la cruauté (2) et la terreur ses moyens (3).

Jamais peuple ne fut plus abject que celui d'Assour ; jamais souverains ne furent plus despotes, plus cupides, plus vindicatifs, plus impitoyables (/i), plus fiers de leurs crimes (5).

(1) Le transfert de la capitale d'Assour à Kalach se fit sous Salmanasar !"■ (Cf. G.Mas- PERo, Hixt. Or.class., t. II, p. 608), mais ne semble avoir été définitif que cent ans plus lard.

(2) Je (Assournazirabal) construisis un pilier à la porte de la cité, puis j'enlevai la peau de tous les notables, et j'en recouvris le pilier; j'accrociiai les cadavres au pilier même, j'en empalai d'autres sur le sommet du pilier ; je rangeai les derniers sur des pals autour du pilier. » {Ann., col. I, 89-91.)

(3) « La terreur de ma force les culbuta, ils craignirent le combat et ils embrassèrent mes pieds. » {Ann. de Tiylalphalasar, I, col. III, 1. 4-6.)

(4) On laissait au.t vaincus leurs rites nationaux, leurs constitutions, leurs rois (Cf. Annales de Tiylalphalasar, col. II à V) ; même lorsque l'un de ceux-ci avait été empalé ou

décapité, après une rébellion, on ne lui donnait point pour successeur un personnage étranger à sa famille ; mais on choisissait, parmi ses fils ou parmi ses parents, celui que l'âge ou le degré d affinité appelait à régner, et on l'intronisait sur les débris fumants encore. Il devait humilier ses dieux devant Assour, payer un tribut annuel {Annales de Tiglatphalasar, id.), prêter aille et secours aux commandants des garnisons voisines, joindre son armée au.\ troupes royales en cas de besoin {Ann. Assourbanipal, col. III), consigner ses fils ou ses frères en otages, livrer ses filles et ses sœurs, les filles et les sœurs de ses nobles pour le service ou le lit du vainqueur. (G. Maspeko, Hisl. anc. des peuples de l'Orient classique, t. II, 1897, p. 640, sq.)

(5) «J'ai (Sennacherib) détruit leur (Elam et Babylone) plan de bataille et je les ai mis à mort. Ils jonchaient la terre comme des..

LA PRKPONDKUANCE ASSYRIENNE

L'Assyrie résume en elle tous les vices; liornii la bravoure, elle n'offre aucune vertu. Il faut feuilleter l'histoire entière du monde pour trouver ç.à et là, dans les époques les plus troublées, des

Limites de L'Empire assyrien =vers I400av. J-C^ = sous Teglalhpalasar^ vers 1120..

Tinirari III, 8 12-784. ^..j. = sous Assourbanipal, 667-625. .

= sous nama-

Marche du développement de l'Empire assyrien.

crimes publics dont l'odieux soit comparable aux horreurs commises journellement par les Ninivites au nom de leur dieu (1).

les harnais, les armes, les trophées de ma victoire nageaient dans le sang des ennemis, comme dans une rivière. Mes chars de hataille (jui écrasent les hommes elles animau.K avaient broyé leurs corps. .lai élevé comme un Irojdiée des monceau.t de cadavres dont j'ai coupé les extrémités des membres, .l'ai mutilé ceu.\ qui sont tombés en mon jjouvoir, je leur ai coupé les mains, je me suis emparé de leurs bracelets, des monceaux d'or.

des objets qu'ils possédaient. » (Prisme de Taylor, VV. A. I. I, c. V, 1. .56; c, VI, 1. 1, trad. J. Menant, Ann. Assyr., p. 223.)

(l) Cf. Annalex d'Ax.foiirbcinipal, col. I, pp- 81-111, II. 1. 107, III, col 111. 107-109, 111li;{, etc. — Cf. Pkizkr, Inscbriflen Aschurnàsir-abal's, in Schr.\der, Keilinxchriflliche Bihliolhek, t. I, pp. 66-f>7. — Cf. G. Maspero, llixt. (inc. des peuples de l'Orient classique, l. II, p. G:î8, sq.

L'Assyrien n'est ni un artiste, ni un littérateur, ni un légiste ; c'est un parasite, appuyant l'organisation du pillage sur une formidable puissance militaire (1). Si loin que s'étende son empire, partout il domine et nul part ne gouverne; ses appétits sont sans limites (2). En lui s'incarnent, au plus haut degré, les défauts et les vices de la politique asiatique. 11 est, à ce point de vue, celui de tous les peuples de l'antiquité, dont l'étude soit la plus intéressante.

Les débuts de l'Assyrie, nous l'avons vu, furent obscurs. Des bandes refoulées de Chaldée par la venue de nouveaux contingents sémitiques, ou peut-être aussi par la conquête élamite, avaient remonté le Tigre; et, s'arrêtant à dix ou douze jours de marche de Babylone, avaient fondé une ville, Assour, et une principauté gouvernée par des Patésis.

S'étant peu à peu développée, ayant agrandi son territoire, cette colonie devint bientôt un véritable royaume (3) qui, dès le quinzième siècle, comptait déjà dans la politique de l'Asie.

(1) L'armée assyrienne était rationnellement Pouzoïir Achir, 1520. organisée, les divers corps de troupes étaient Achir rimnicliechou II, 1500.

séparés, le commandement intelligemment

réparti. Elle possédait ses sapeurs ou trou- Achir nadinakhè, 1478.

pes de siège, son matériel spécial, etc Cf .

Layard, The Mon. of Nineveh, t. I, pi. XIX, Elrha Adad.

XX, XXIX, LXVI ; t. II, iil. XLIII, etc. Achour ouballit, 1418-1370.

(2) ■• Pour assurer la puissance de mes (Ti- Enlil nirari, 1370-1345. glatphalasar I") armes au.Kquelles le dieu As- .\rik denili, 134.5-1320. sour, mon seigneur, a promis la victoire et Adad nirari l'^ 1320-1290. l'empire du monde. » (Prismes de Kalah Chmilmanacharidou I", 1290-1260. Cherghat. Cf. J. Menant, 1874, Ann. des rois Toukoulti Ninib, 1260-1240. d'Assi/rie, p. 37.) Achournasirapal I", 1240-1235.

, . , , „ . . Achournarara, 12.30.

(3) Liste des Souverains assyriens. Nahou daïan.

(D'après Schnabel. Mitllieil. der Vordera- Ninib toukoulti Achour, 1220.

sial. Gesellsrhnft, 1908, I. Achour choum lichir, 1210-1198.

Enlil Koudoiir ousour, 1198-1192.

Kate-Achir, vers 2100. Ninip apal Ekour, 1192-1182.

Chalim Alioum. Achour daïan 1", 1182-1145.

llouchouma. Moutakkil Nouskou, 1145-1135.

Erichoum, vers 2030. Achourrichichi I, 1135-1115.

Ikounoum, vers 20(X). Toukoulti apal Echarra I", 1115-1100.

Chamchi Adad III, 1100.

Sankenkale Achir, 1930 (.'; Achour bèlkala, 1080.

Enlilkapkapou. Achour rabi II, 10(X>.

Samsi .\dad I", 1870. Achourrris iclii II.

Toukoulti apal Echarra IL, 9.50.

Ichme Dagan I". Achour daïan IL

Samsi Adad II, 1815. Adad nirari II, 9iiO-890.

Toukoulti Xinip II, 889-885.

Ichme Dagan II. Achour nasir apal II, 884-860.

Achirnirari I", 1700. Choulmanou acharidou II, 859-825.

Samsi Adad IV, 824-812.

Achir rabi I, 1600. Adad nirari 111,811-783. Achir nirari II. Choulmanou acharidou 111,782-773. Achir rimnichechou, 1560. Achour daïan 111, 772-764. Adad nirari IV, 763-755.

LA prépo.ndérancp: assyrienne

Vers 1370, Boiiniabouriyach I,roi cosséen de Babylone, traitait d'égal à égal avec Assoiirouballil, roi d'Assour, et lui donnait sa fille en mariage.

Cent ans a|)rès, Toukoultininip, s'étant adroitement immiscé dans les aflaires de la Chaldée, imposait son joug à Babylone même, dont les souverains devenaient ses vassaux 1.

Ainsi, l'un des premiers actes des Assyriens, en politique extérieure, fut d'asservir leurs frères du Sud ; et, pendant la longue durée de leur empire, ils ne cessèrent de les traiter en esclaves.

Mais Babylone se révolta; les Assyriens furent pour un temps •chassés de ses territoires et El Assar elle-même serait tombée sous les coups de Ramânbaliddin, si vers 1220, Ninippalékour, ayant réorganisé ses armées, n'avait écrasé les Chaldéens sous les murs mêmes de sa capitale.

La guerre entre les deux grandes puissances sémitiques se poursuivit sans relâche pendant plusieurs règues, l'une et l'autre prenant alternativement l'offensive ; l'avantage resta aux Assyriens, populations plus rudes et plus entraînées à la guerre, et Babylone y perdit son indépendance (2).

Ces guerres perpétuelles contre la Chaldée et contre les tribus

Acliour nirari III, 754-746.

Toukoulli apal Ecliarra III, 745-7-27.

dioulmanou acliaridou IV, 726-722.

•Charroiikin, 721-705.

Sin ahe irha, 704-681.

Acliour ah iddin, 680-668.

Acliourbanipal, 667-626.

Sin choiim licliir, 625.

Achour elil ilani, 625-620.

Sin char ichki3iin,620-iU0.

(l) Toukoulliniiiip profila de cequeles Elamites venaient de vaincre Belnadiuchoumou, roi île Babylone. 11 aUaqiia son successeur Kadachman Kliarbé II avant que celui-ci eût pu se remettre de ses désastres, prit Habylone, massacra une partie de la population, pilla les palais et les temples, enleva les statues •des dieu.v (Mardouk), les insignes de la royauté et rentra dans Kalakh chargé de butin.

(2) Lisle des souverains cosséens de linhi/lone (D'après les travaux de Schnabel, MiUheit.

<ler Vorderasiul. Gesellschafl, I"J08, I.)

Gandach, 1761-1746.

Agoiini, 1745-1724.

Kachliliach I", 1723-1702.

Ouchclii (?1, 1701-1604.

Abi ratlach.

Tachclii gcoroumacli.

Agouni Kakrime.

Karaindach I, 1560 (?) Kadachniaii Kharbe 1".

Bourna Bouriacli I"-, 1520 (?).

Kourigaizou I" ( Melichihu I" (?).

Karaindach II, 1425-1408.

Kadachnuin Kharbe II, 14<J8-1388.

Nazi Bougach. 1 88.

Kourigaizou II, 1388-1382.

Bourna Boiiriacli II, 1381-1352.

Kourigaizou III, 1351-1327.

Nazi Marouttach, 1326-1.301.

Kadachnian Toiirgou, 1300-1284.

Kadachmaii Kharbe III, 1283-1278.

Koudourri linlil, 1277-1270.

Chagaraklî Choiiriach. 1269-12,57.

Kaclililiachou II, 1256-1240.

Enlil uadiii chouiii 124H-I247.

Kailaclinian Kharbe I\', 1247-1246.

Adad cliouui iddin, 1245-1240.

Ada<l chouni nasir 1239-1210.

Melichihou II, 1200-1105.

Mardouk apal idiiin I. 1194-1182.

ZaïiKiiiia clioiiiii iddin. 1181.

Bel nadin ahè, 1180-1178.

Cette dynastie aurait compté trente-six rois au moins, occupant une durée de 576 ans et 6 mois. vCf. G. Maspeko. Ilist. anc. Or. classique, t. II, p. 612. — Knudtzo.n, Assyrische Gebele an den Sonnengolt, t. I, p. 60. — HiL- PRECHT, The lidiyl. exped. of Ihe University of Pennsylmnia, t. I, pp. 37-38. — Winckleb, Àllorienlaiische Forschunyen, p. 133.)

du Kurdistan entretenaient l'humeur belliqueuse des Assyriens, les exerçaient à la lutte; et dès que les rois d'Assour eurent péniblement groupé autour de leur capitale ce qu'il fallait de peuples et de terres pour assurer leur force, on les vit fondre sur l'Asie, soumettre à leur joug tout le monde civilisé de leur temps.

Après les expéditions de Chaldée, l'Assyrie ne cessa de s'agrandir sur toutes ses frontières. Téglatj)halasar I (-1), vers 1130, fut le premier de ses grands conquérants; il soumit la Commagène (2), le pays des Moschiens, les tribus des montagnes orientales voisines du Tigre, opéra de fructueuses razzias dans le massif arménien, dans les pays du Naïri, soumit au passage les restes des Hétéens (3), les Sémites de l'Oronte, une partie du Liban et de la Phénicie : il fut le véritable fondateur de l'empire-

Chez les souverains ninivites (4), l'usage était d'exécuter chaque été une razzia sur un point de l'Asie. Il était aisé de faire naître les prétextes; car il suffisait de ne point être adorateur d'Assour pour avoir mérité sa haine.

Le pays sur lequel s'abattait la colère des dieux (5), district convoité pour ses richesses, était alors mis à sac, dévasté et ses biens partaient pour Ninive (6), accompagnés d'une partie de la

(1) Pour l'histoire de ce souveniin. Cf. Rawlinson, Cun. Iinicr. W.As., l. I,|)l. IX-XVI. — WiNCKi.El!, Sitmmluiuj von Keilsrlirifteii, I, PI). 1-25. — LoTz, Die Insihriflen Ttyldllipilezers, l, pp. 12-188, etc.

(2) " Dans ce temps-là, j'ai (Teglatphalasar I")Tnarcht' contre le pays «le Koummoukh, qui m'était rebelle. Il avait refusé au dieu Assour, mon seigneur, les trihus et les redevances qui lui sont dus ; j'ai envahi tout le pays de koummoukh (la Commagène). .l'en ai emporté des esclaves, des butins, des trésors; j'ai incendié leurs villes, je les ai démolies, je les ai détruites. ■> (Prismes de Kalah Cherghat. — Cf. J. Men.knt, 1874, Ann. des rois d'Asxj/rie, p. 36.)

(3) Peut-être les Assyriens, en abordant les Hittites, espéraient-ils se l'endre maîtres des régions minières de l'Asie Mineure, de l'Anianus et du Taurus. U est à remarquer que les principaux districts miniers de l'Asie antérieure se trouvaient très éloignés de Ninive, et que cependant ce sont eux rpii lui fournissaient, soit par le commerce, soit par le pillage, les métaux dont elle avait besoin. Les mines du Petit Caucase débitaient le cuivre en anneaux suivant le système pon<léral assyrien. (Cf. J. DE MoRG.\N, Misa. se. au Caucase, t. I, p. 109.)

(4) Les titres que se donne Sennachérib (Cylindre de Beliino, Layard,pl. LXIU, I. 2. Trad. J. Menant, Ann. des ro/.s d'As.-ii/rie, p. 225) résument fort bien le caractère des roisd'As-

sniiiv « Sennakilérib, roi grand, roi puissant, roi du pays d'Assour. roi des nations, pasteur suprême, adorateur des Grands Dieux (Assour et Isl.-ir), fidèle à la foi jurée, observateur des traités, exécuteur de la justice, marchant dans le sentier du droit, le juste, le vaillant, le fort, le terrible, le premier des i)rinces, celui (|ui ané.Mitil ses ennemis. »

(5) « Dans ma quatrième cam|)agne. je mobilisai mon armée el la dirigeai contre Akhchèri, roi des Mannéens, sur l'ordre de .Vssour. Sin, Chamach, Ramman, Bel. Nabou, Ichiar de Ninive, Ichtar-Kilmouri, Icbtar d'Arbèles, Ninip, Nergal, Nouskou ; j'entrai chez les Mannéens et m'v promenai victorieux » fCi/l., col. II, 120-130, trad.j.

(6) .\ssour nazir habal ayant mis le siège •levant Karkemich, les Hétéens rachetèrent leur ville par des présents ; c'étaient « des coupes d'or, des chaînes d'or, des lames d'or, 100 talents de cuivre, 250 talents de fer, des dieux de cuivre sous la forme de taureaux sauvages, des vases de cuivre, une bague ('?) de cuivre, le somptueux mobilier d'une résidence royale, des lits el des trônes de bois rares et d'ivoire. 2(X) femmes esclaves, des vêtements el des étoffes de diverses couleurs, du cristal noir el bleu (améthyste), des pierres précieuses, des défenses d'éléphant, un chariot blanc, de ])etites statuettes en or, ainsi que de simples chars et des chevaux de guerre. » (/n.s-rr. du palais dé Niinroud, col. III, I. 71, trad. Menant.)

LA FUKPONDÉRANCE ASSYRIENNE

population réduite en esclavage (1); le temple avait sa large part des dépouilles, de même (jue le trésor royal; le reste était partagé entre les principaux feudataires d'Assour ou vendu sur la place publique; les hommes, les femmes, les enfants, le bétail

Le premier Empire assyrien (2).

s'écoulaient en énormes troupeaux (3) vers les terres encore libres, que les vaincus cultivaient (/i) pour le compte d'Assour, tandis que les Assyriens menaient ailleurs d'autres campagnes de dévastation.

(1) «J'ai (Sennachérib) emmené comme ca\)tifs (du pays des Juifs) 200.150 personnes de tout âge. des hommes, des femmes, des chevaux, des ânes, des mulets, des chameaux, des bœufs et des moutons sans noml)re... Alors, la crainte immense de Ma Majesté terrifia Kliazakiaou (Ezechias), roi du pays de Vaouda ides .Juifs), il contrédia les troupes (|u'il avail réunies pour la défense de la ville d'Oursalimmi (Jérusalem), sa capitale, et il envoya des ambassadeurs vers moi, dans la ville de Ninoua, ma capitale, avec 30 talents d'or, 800 talents d'argent, des métaux, des pierreries, des perles... du bois de santal, de l'ébène, le contenu de son trésor, ses filles, les

femmes de son palais, ses esclaves mâles et femelles, et il délégua vers moi son ambassadeur pour m'olTrir des tributs et faire sa soumission. (J. Me.na.nt, 187't, Aitn. Asxijr., pp. 218-219.) '

(2) D'après G. Maspero, Hisl.anc despeuples de l'Orienl classique, t. II, p. bW.

(3) Cf. Lavais D. TIte mnnnmenls oj Nini(v/i, t. I. pi. LVllI. LX, LXXIV ; t. n, pi. XXVI, X.XIX. XXX. XXXI, XXXIV, XXXV, XXXVII, XLII figurant «les troupeaux de captifs.

(l) Cf. Delattre, le Peuple et l'Emp. des Mèdes, p. 110, sq. le rôle des colonies et des captifs dans l'Empire assyrien.

Tout pays ayant attiré une fois la colère ou mieux la cupidité du roi était dès lors en servitude; chaque année, il devait payer tribut (1) et, s'il y manquait, était considéré comme en état de rébellion.

Les x\nnales assyriennes abondent en récits d'expéditions destinées à ramener dans l'obéissance des peuples révoltés (2), et la cruauté de la soldatesque s'y révèle dans toute son horreur. Les rois, dans leurs inscriptions triomphales, se plaisent, en effet, à décrire les supplices infligés aux vaincus ; ils le font afin de semer la terreur chez ceux qui ont déjà supporté le poids de leurs armes, afin d'avoir toute liberté d'action sur leurs frontières, et d'être à même de dévaster des pays encore vierges.

L'Assyrien est soldat, scribe et gouverneur des pays conquis; au-dessous de lui est l'esclave, qui le nourrit de son labeur. Cet homme, libre la veille, réduit dès lors à la perpétuelle désespérance, n'est plus qu'une sorte de bétail, dont on vend les enfants alors que, lui-même aussi n'est qu'une marchandise.

Ces principes, l'Assyrie y manquait parfois pour des raisons d'intérêt qui la plupart du temps nous échappent. Ninive traitait alors certains peuples avec ménagements, leur reconnaissant des droits et des privilèges.

Le bruit des victoires de Téglatphalasar 1 se répandit jusqu'en Egypte, d'où le Pharaon, par politesse diplomatique, lui envoya des présents; mais, dans ses inscriptions, le roi d'Assour consi-

(1) « De... Chun, du pays de Patin, je reçus 3 talents d'or, KX) talents d'argent, 3(HJ talents de cuivre, 300 talents de fer, 1.(hh) vases de cuivre, 1.000 vêtements d'étoffe brodée et d'étotîe de lin, sa fille avec une dot considérable, 20 talents de bleu, 500 bœufs, 5.0iK)moulons ; je lui imposai un tribut de 1 talent <ror, 2 talents de bleu, KX) madriers de cèdre que je reçus chaiiue année dans ma ville d'Assour. De Khayanou, fils de Gabbari, habitant au pied de 1 Amanus, je ri'çus 10 talents <l'arsfnt, 90 talents de cuivre, 90 talents de fer, 300 vêtements d'étoiïe brodée et d'étoffe de lin, 300 bœufs, 3.000 moutons, 200 madriers lie cèdre, 700 homerx de résine de cèdre, sa fille avec une dot. Je lui imposai un tribut de 10 mines d'argent. 2O0 madriers de cèdre, 100 liomerx de résine de cèdre que je reçus chaque année. De Arannui, fils d'Agousi, je reçus lO'mines d'or, 6 talents d'argent, ,^iOO bœufs, 5.000 moulons. De Sangara de Kargamich, je reçus 2 talents il'or, 70 talents d'argent, 30 talents de cuivre, 100 talents de fer, 20 talents

de bleu, .%0 armes, sa fille avec une dot et 1(K) d'entre les filles de ses grands, .'SOO bœufs et .'S.iKX) moutons ; je lui imposai un tribut d'une mine d'or, de 1 talent d'argent et de 2 talents de l)leu, et le reçus annuellement. • (Salrn. Aniiaud Scheil, pp. 21-23.)

(2) Lorsque les rois d'Assour ne pouvaient commander en personne, ils confiaient la direction des campagnes à leurs généraux. « J'ai (Samsi-Ramman) envoyé Moutarrits Assour... vers le pays de Naïri. U s'avança jusqu'à la mer du soleil couchant ; il enleva 3.0(» villes à Khirtzina, fils de Migdiara, 11 capitales vl 200 villes à Ouspina. Il tua beaucoup des leurs ; il fit des i)risonniers, il s'empara de leurs trésors, do leurs dieux, de leurs fils, de leurs filles ; il détruisit ces villes, il les ravagea ; il les livra aux flammes ; en revenant, il tua beaucoup de monde au pays de Soumbaya, et il imposa des chevaux en tribut à tous les rois d;i pays de Naïri. (J. Menant, 1874, Ann. Assyr., p. 120.)

LA im\i:pondérance assyrienne Su?

dère ces cadeaux comme un tribut, un acte de soumission de l'Egypte à son égard {!).

La Chaldée se révolta de nouveau; Téglatphalasar I la ravagea, reprit Babylone et arrosa de sang tous les pays du Sud (2).

Mais le pouvoir ninivite s'aiïaiblit vers le onzième siècle, sous les successeurs du conquérant et sous Téglatphalasar lui-même (3) ; soit que les guerres eussent épuisé l'armée assyrienne, soit que le nouveau domaine de Ninive fût trop vaste par rapport aux forces militaires dont elle disposait, les peuples tributaires secouèrent le joug.

Battus par les lléléens, les Assyriens j)erdirent la Syrie, une partie deNaïri et encore une fois la Chaldée (/i), le Kurdistan (5), l'Arménie. A peine, vers le début du neuvième siècle, restait-il, aux conquérants de la veille, la banlieue de leur capitale.

Comme les souverains Akkadiens et Klamites, comme les Pharaons, les rois d'Assyrie savaient conquérir, exploiter les vaincus, mais non organiser leurs conquêtes ; et les exactions des faibles contingents qu'ils laissaient dans chaque pays tributaire étaient plutôt une excitation à la révolte, que ces garnisons ellesmêmes n'étaient une assurance de domination. En cent ans à peine, ils s'étaient emparés de presque toute l'Asie, imposant au vieux monde, fatigué de luttes séculaires, les volontés d'un peuple jeune ; mais malgré leur affaiblissement, les anciens royaumes avaient enfin secoué le joug, et l'Assyrie fut près de sa perte.

Cette période d'humiliation dura plus d'un siècle, qu'Assour

(1) Les souverains musulmans de la Tur- Nabou Uoudourri ousour, 1152-1124. <iuie, de la Perse el du Maroc ne faisaient-ils Enlil nadin apli, 1123-1117.

pas accroire à leurs sujets, il y a bien peu de Mardouk nadin abê, 1116-1105.

temps encore, que les présents qu'ils rece- Illi Mardouk balatliou, Iin5-10il5.

vaienl des cours européennes nélaient autres Mardouk cbapik zer mati, 109,5-10'Jl.

que des tributs ? Adad a|.al iddin, lOnO-lOnO.

(2) «Il (Téglali)balasar) domina depuis la Mardouk ..1068. ville de Babilou (Baliylone), qui est située Mardouk... 1067-1055.

dans le i)ays des Akkads, jusqu'au pays d'A- Nabou cboum licbir, 1054-104G. mourrida l'hénicie). » (IF.A./.J.pl.XXVilLc.l.)

(3) Les dieux Adad (Ramnian) et Cbala, les Naboukodorosor, contemporain d'Acbcliour dieux de la ville d'Ekallàte que Mardoiik-na- ricbiclii (vers 1150), battit les Assyriens, mais din-Ousour, roi du pays d'Akkad, au temps <le fut défait lui-même sous les murs (l'El Assar, Téglatpbalasar, roi du pays d'Assour, avait et les deux Etats, l'Assyrie et laCbaldée, fupris et apportés à Babilou, après 418 années, rent égaux pour un temps.

je (Sennacbérib) les ai enlevés de Babilou et (5) Les premiers contacts de l'Assyrie avec la

"les ai remis à leur place dans la ville d'Eka- Médie sembleraient êtrt- vers le douzième .-iè-

iâte [W. A. /., IIÏ, pi. XIV, 1. 48et ,50). de av. .L-C. lors de l'expédition de Téglatiiha-

(4) La dynastie dite de Paché régnait alors lasar P^ au sud du Zab inférieur (Prisme de sur la Cbaldée. Voici la suite de ses rois, telle Téglatplialasar I") mais jamais ce prince ne que nous la connaissons aujourd'hui : poussa, comme on l'a dit (MEyAyr, Annales

rois Assi/r., ]). 34) jusqu'aux plages de la mer Mardouk... 1177-1159. Caspienne (Delattrk, le Peuple et l'Emp.

X, 11.58-1153. des Mèdes, etc., 1883, p. 38).

employa utilement à réparer ses désastres, à refaire son armée, à organiser son propre territoire ; et, quand Tougoullininip II monta sur le trône, en 889, l'Assyrie disposait de forces suffisantes pour recommencer l'ère des conquêtes.

Cent ans de paix relative n'avaient pas modifié le caractère de ce peuple; il avait soufTert dans son orgueil, dans son intérêt; ses haines s'étaient accrues, et avec elles la soif du bien d'autrui. Peu après ses défaites, au moment où, dans le recueillement, il se préparait pour de nouvelles guerres, Assour jugea que la position stratégique de sa capitale ne répondait pas aux aml)itions de sa nation. Proche de la Chaldée et de l'Elam, ses plus puissants adversaires, découverte du côté de la Syrie, cette capitale se trouvait trop exj^osée. Assourrasiiahal 111 transporta vers le Nord le sièo-e de son gouvernement (1) et l'installa à Nimroud (Kalakh) (2), bourgade fondée cinq siècles auparavant par Salmanasarl comme poste avancé contre les peuplades turbulentes du Haut-Tigre. La position de Niniroud {présentait comme capitale de grands avantages sur Assour; située au confinent du Zab supérieur et du Tigre, adossée aux montagnes kurdes, elle était défendue vers l'Occident et le Sud par ses deux fleuves.

Plus tard, lorsque, reportant leur résidence à Ninive, les rois, à l'époque de Sargon, délaissèrent Kalakh, ce ne fut que par fantaisie; car les deux sites, très voisins d'ailleurs l'un de l'autre, présentent la même valeur aux points de vue politique et straté-

Le triangle de l'Assyrie (B).

(1) Déjà Salmanasar I" avait lemporairemenl habile Kalakh avec sa cour. (Cf. G. Maspero, Hisl. nnc. des peupL Or. clans., t. II, p. 609.)

(2) " La ville ancienne de Kalakh, celle qui avait été hâlie par Salmanasar, roi du pavs (l'Assour, le prince (pii régna avant moi, était loniliée en ruines, elle était devenue comme un monceau de décombres. J'ai rebâti cette ville; j'y ai réuni les peuples que ma main avait soumis, les habitants des pays vaincus.

ceu.v du pays de Soukbi,dupays de Lakiedans son entier, de la ville de Sirqou sur le bord du fleuve Poiirat, du pays de Zamouya et de toutes les tribus qui en dépendent, du pays de Bit Adini, du pays de Kbatti (la Syrie), et ceu.x lie Libourna (roi) du pays de Kbatti. » (J. Menant, 1874, Ann. des rois d'Assi/rie, p. i>2, Assour nazir-Habal.)

(.S) D'après G. Maspero, ///s/, anc. des peuples de rOrienl classique.

LA PRKPONDKUANCE ASSVHIKNXE 3/^9

giqiie. Ninive fut le Versailles de Ninuoud, mais un Versailles fortifié, un arsenal (1) en même temps qu'un palais; tandis que les grandes demeures des dieux étaient restées dans les anciennes capitales.

Dès que l'Assyrie se sentit assez forte pour entreprendre de nouvelles campagnes, elle fit valoir les droits que lui donnaient ses anciennes conquêtes, et considéra comme rebelh's les peuples qui, sous Téglatphalasar I, avaient subi son joug et repris depuis leur liberté.

C'est vers Fan 884 av. J.-C. qu'Assournazirpal (2) entra en guerre. 11 dirigea d'aliord ses pas vers les pays voisins de l'Assyrie, les monts du Kurdistan, TArménie (3:, la Commagène, afin d'assurer la banlieue de sa résidence. Un soulèvement, inlei-rompant cette campagne, le ramena en Mésopotamie; mais à son approche les révoltés, jetant leurs armes, implorèrent son pardon, 11 fut impitoyable, jugeant qu'un exemple était nécessaire.

« J'en tuai, dil-il, un sur deux. Je bâtis un mur devant les grandes portes de la ville ; j'écorchais (vif) les chefs de la révolte et je recouvris ce mur de leurs peaux. Quelques-uns furent murés vifs dans la maçonnerie, quelques autres empalés au long du mur ; j'en écorchai un grand nombre en ma présence et je revêtis le mur de leurs peaux ; j'assemblai leurs têtes en forme de couronnes et leurs cadavres transpercés en forme de guirlande (/j). »

C'est ainsi que délmta le second empire d'Assyrie. Assournazirpal, de retour de cette expédition, mit à feu et à sang en 881, le Zagros, montagnes dont il était important de fermer les cols; en 880 l'Arménie, où le royaume d'Ourarthou (Van) était pour le haut Tigre une perpétuelle menace; en 879 les districts des environs de Diarbekir les montagnes du haut Khabour ; il vainquit en

(1) " Alorsj'ai (Sennachêrib) achevé cepalais of Ihe Pasl.,'î' fiév., t. [I, p. 128-177. — Sciiuaau milieu de Ninoua, pour la demeure de ma deu, Ketlinschrifllische Bibliol., t. I, p. 50-119. royauté. J'ai élevé des tours (?) pour l'admi- (3) C'est, semble-l-il, vers le neuvième siècle ration des hommes, ce palais avait été cons- av. J.-C. que se constituèrent les royaumes trait parles rois, mes pères, pour y déposer de Mannaet d'Ourarthou ;autrefoisces peuples des richesses, pour y exercer les chevaux, se confondaient avec les autres tribus du pour y loger des troupes. Ses fondations Naïri.

n'étaient plus solides, j'ai entièrement démoli (4) Les cruautés d'Assournazirabal ont été

cette antique demeure. « (J. Menant, 1874, exagérées par Gutschmid {.Veue Ueiirueije zur

Ann. assyr., p. -224.) Gescluchle des Allen Orienls, p. Ii8, sq ), atté-

(2) Cf. J. Oppert, Hist. emp. Chaldée el nnées i)ar liommel {Geschichle Babyloniens und Assyrie, p. 72-102.— J. Menant, Ann. des rois Assyriens, p. 588). La note juste sur la quesd' Assyrie, p. 66-93. — Rodwell, Annals of lion a été donnée par Tiele (/irt6;//o«/.sc/i-A.ssy- Assur-Nasir-pal, in /îecor</.so/"//îeP«.-{/.,l" série, rische Geschichte, p. 177).— G. Maspero, Hisl. t. in, p. 37-80. —A. -H. Sayce, The Standard anr. peuples Orient classique, t. 111, p. 51, nscriptioa of Assur-Natsir-pal. in Records note 3.

877 les Hétéens sur l'Euphrate moyen, s'ouvrant ainsi le chemin de la Syrie (1), et s'avança jusqu'aux plages de la Méditerranée (2).

Salmanasar (3), son successeur, entra en campagne dès son avènement au trône (860), traversa l'Oronte, envahit la Syrie (Zi), vit aussi la Méditerranée, défit en 854 le roi de Damas (5) sans

Les pays du Xaïri au ix^ s. av. J.-C. (fi).

toutefois entamer son royaume ; puis rappelé en Chaldée par une nouvelle révolte de Babylone en 852, répandit la terreur dans

(1) « J'ai (Achchoiir-nazir-habal) relevé le courage et la force de mes soldats. Ils s'abattirent sur la ville (de Piloura, au pays de Dirra) comme des oiseaux de proie. J'ai pris la ville, j'ai fait passer 800 hommes par les armes, je leurai coupé la lèle; un grand nombre de prisonniers tombèrent dans mes mains, j'ai livré aux flammes leurs demeures, j'ai élevé un mur devant la porle de la ville avec les cadavres des prisonniers. J'ai fait ti'anclicr leur tète, j'ai fait mettre en croix devant la grande porte 700 hommes, j'ai ravagé la ville, je l'ai démolie, j'en ai fail un monceau de ruines, j'ai brûlé leurs llls et leurs filles. ■> (Cf. J. MENA^T, 1874, Ànn. de /'A.s.s(/r/e, p. 81.)

(2) Le point où Assour-nazir-pal loucha la mer ne saurait être fixé exactement. (<;f. G. Maspero, Hist. nnr. jieujilex Orient clii:isique, t. m, p. il. — BoscAWEN, The monum. and inscr. on the rocks at tlie Nakr ef Kelb, in Trans.Soc. Dibl. Arch., t. VII, p. 339.)

(3) «Je suis Salmanasar, le roi des légions des hommes, le souverain, le mandataire d'Assour, le roi puissant, le roi des quatre régions de Chamach et des légions des hommes, le vainqueur de tous les pays, fils d'As-

sour-Natzir-Habal, le seigneur suprême, dont la puissance émane des grands dieux et qui soumet toute la terre à son empire ; descendant de Téglatphalasar qui réduisit sous sa puissance tous les jiays et les couvrit de ruines, .. (J. Me.nant, 1874, Ann. Aft.sijr., p. 97, sq.)

(4) En Palestine, « à partir du douzièmeonzième siècle, le l)ays a de nouveau changé de maîtres. Comme s'il était devenu fermé aux relations extérieures, son art ne s'alimente i)Uis des créations étrangères; il se développe sans progresser ])ar la modification des formes antiques et une tendance marquée à sacrifier la préoccupation artisti([ue au souci utilitaire. » (H. ViNCE.NT, Canaan, 1907, \). 20.)

(5) Le royaume de Damas devenait de jour en jour plus puissant; il avait soumis à sa vassalité Hamalh, Israël, Ammon, ])lusieurs tribus arabes, les Iduméens, les principautés de la Phénicie septentrionale, Ousanata, Chianou, Irkanala, etc. (Layaud, InucrijilionK, pi. XIV, 1. 16, 17, 3-2, 33, 45, 46. — Scuradeb, Keilinsrhriflen und Geschichlsforscliung., p. 46

(6) D'après G. Maspero, Hisl anc. des peuples de l'Orient classique, t. III, p. 15.

LA PHKPONDÉHANCE ASSYRIENNE

ce pays jusqu'aux rives du golfe Peisique (1), retourna en 8/i5 sur le haut Euplirate, razzia en 8/1^4 le nord-ouest du plateau iranien, Kurdistan (2) et Azerbaïdjan de nos jours; tourna en 843 ses armes contre les gens de l'Amanus, sujets ou alliés des Hétéens (3); vain(|uit une seconde fois le roi de Damas qu'il ne réduisit que peu après, descendit jusqu'au llaurân, imposa tribut aux rois de Tyr, do Sidon, de Oébel (8ZiO); puis, se retournant vers le Nord, parcourut à nouveau l'Amanus, la Cilicie, s'empara de Tarse (831) et d'une partie du pays d'Ourarthou (Van) (/i).

Chamchiramau, son fils, continua l'œuvre dévastatrice de son père ; il porta ses armes en Médie (5), jusqu'au pays des Parsouach (6), près du lac d'Ourmiah, vainquit JJabylone (7),

(1) Les Assyriens s'emparèrent d'Enzoudi, Bil-Adini posa les armes, Bit-Yakîn et Bit- Amoukkàni se rachetèrent, donnant or; argent, étain, cuivre, fer, bois d'acacia, ivoii-e, cuir d'éléphant, etc. (Amiaud-Sciieil, Inscr. de Sdliixindsar II, p. i-2-51. — PElZEn-WirvCKLER, Die Soyemmnle Siinchronixlisrlie Gesrhiclile. — ScHR ADEK,Keilii)schrifl II Kclieliibliol.,l.l,'H)0-'20\.-)

(2) L'inscription de Salmanasar III nous fournit la piemière mention des Mèdes classiques, Aniadai étant une forme en a prothétique de Madai, comme Agouzi, Azala à côté de Gouzi et de Zala. Cette identification, reconnue dès le début par H. Rawlinson (J. B. As. Soc, l" sér., t. XV, p. 242), n'a guère été contestée que par Delaltre (le Peuple et l'Empire des Mèdes, p. 74). L'Araziash, placé trop à l'est ;dans la Sagarténe par Fr. Lenormant (Lettres assi/riologiques, t. I, p. 25) a été ramené plus à l'est par Schrader (Keilinschriflen und Geschiclitsforschuiuj, p. 178), au cours supérieur de la Kerkha ; mais les documents de toute époque cités par Schrader lui-même (op. cit., p. 172-173) nous le montrent attenant d'une part au Kharkar, c'est-à-dire au bassin du Gamas-àb, d'autre part aux Mèdes, c'est-à-dire au pays de Hamadan. Il faut donc le placer entre les deux, dans la |iartie nord (b; la Gambadène antique (Isidore -le Charax, § 85, ds Muller-Didot, Geogr. Graeri minores, t. I, p. 250), dans le Tchamabadan actuel. Le Kharkhar se trouverait en ce cas dans la partie méridionale de la Gambadène, sur la grand'route qui mène des |nirtes du Zagros à Hamadan, comme Lenormant l'av.iit déjà indicpié mais en lui lu-êtantune extension trop forte (Lettres assyrioloyiques, t. I, P- 24, 43-44). L'examen des conditions générales du pays me porte à croire que la ville de Kharkhar devait occuper le site de Kirmanchaliau, ou plutôt de la cité antique; qui a précédé cette ville. (J. DE MoncAN, Mission scientifique en Perse, Etudes géographiques, t. II, p. 100-lOi.) [G. Maspero, llisl. une. des peuples de l'Orient classique, t. III, p. 8it, note 4.J Lntre les portes du Zagros (|)ays de Bâtir. Gf. Stèle de Zohàb) et Hamadan, les seuls <listricts ayant été susceptibles de foi-mer des principautés sont : 1° Kérind, 2» Ilàrouiiâhàd, 3° Mahidechl,

4° Kirmanchahan (avec ses ruines importantesà Ser Ab, à l'ouest de la ville;, 5° Bisoutonn- Takht é Ghirin, G» Kengàver, 7° .\sadàbâd, 8° Néhàvend sur le haut Gamas Ab. A mon sens le pays d'Araziash aurait occupé la région de Kengàver-Asadabad, située au nord du Gamas Ab, au sud-ouest d'Ecbatane et à l'est de Kharkhar. Ce district renferme une grande quantité de ruines. (J. M,)

(3) Salmanasar cherchait à briser le pouvoir de la race hétéenne en Syrie, afin de s'emparer des gués de l'Eiiphrate ainsi que de la grande voie qui amenait les marchandises de Pliénicie aux trafiquants de Ninive ; |)uis, à l'occasion pour détourner le commerce de la Méditerranée au ijrofit de sa patrie. (A.-H. Sayce, les Héléens, trad. J. Menant, p. 45.)

(4) Cf. A. -II. Sayce, The cuneiform inscriptions of Van, in J. B. As. Soc, t. XIV, p. m-.

(5) Sous Téglatphalasar, l'apparition des- Aryens sur le plateau et l'importance grandissante (juils prenaient de jour en jour semble avoir déjà préoccupé l'Assyrie, qui tenta une contre-invasion et pendant quelques années (X= s.) parcourut les pays iraniens.

Si les identifications sont exactes, si l'inscription de Téglatphalasar n'est pas une simple vantardise, les armes d'Assourauraienl I)arcouru tout l'Iran jusqu'à la Sagarlie(Zikrali), l'Arie (Ariarmij, l'Arachosie (ArakaiLou); maiscette gigantesque expédition semble être bien peu vraisemblable. Peut-être le roi, entré par le Namri et le Parsoua pour ressortir de Perse par le Madaï, fit-il une courte campagne jusqu'au désert salé qui l'arrêta et se conlenta-t-il d'enregistrer les noms des pays dont on lui signala l'existence au delà de cette barrière. Il les mit d'oflice parmi ses tributaires, afin d'en plus imposer aux populations asiatiques (|uin(piiétaient à juste litre les progrès de Iraniens. (J. M.)

(6) Cf. Inscr. archa'i'stique de Sliamsliirammàn IV, col. II, 1. 34-59; col. III, I. 1-70. — Gf. L. Auel, Inschrift Schamschiramman'.s, in ScnuADER, Keilinschriftische Biliotlieli, t. 1, ]>. 178-183. — V. ScnEii., Inscriplion assijrienne archa'ique de Shamshiramman IV, p. 10-21.

(7) Inscr. iircliiïïque de Sliamshirammdn IV col. m, I. 711, 1. 1-15. — Peisiu-Winckler, Die

encore une fois soulevée, et ravagea les districts de l'Orient.

Dès lors, chaque année des rois assyriens est employée soit à réduire quelque révolte, soit à razzier les peuples des frontières, depuis la mer Noire jusqu'au golfe Persique, depuis la Méditerranée (1) jusqu'au centre du plateau persan (2).

Encore une fois, un siècle avait suffi aux souverains d'Assyrie pour dominer toute l'Asie antérieure centrale; parce que les pays dont ils avaient fait leur empire étaient, soit des Etats usés par les guerres, les factions et les discordes, soit des tribus isolées sans force de résistance. Cette tâche facilement accomplie était dailleurs la plus aisée. Restait la Chaldée non encore complètement soumise ; l'Elam puissant, auquel Assour n'avait point encore touché ; l'Egypte, proie facile mais lointaine ; la Médie dont d'intermittentes razzias avaient fait une terrible ennemie ; l'Ourarthou (3) qui, bien qu'ayant sa capitale à Van, s'étendait jusqu'au centre du Petit Caucase, dans des montagnes difficiles où l'Assyrien ne pouvait s'aventurer. Restaient également les peuples de l'Asie Mineure, race nouvellement venue, énergique, guerrière, avec lesquels Assour n'osa jamais se mesurer.

Le triomphe de l'Assyrie semblait bien près d'atteindre son apogée, quand soudain sa puissance s'afTaissa de nouveau: d'une part, un ennemi puissant venait de se lever devant elle, l'Ourarthou (4); d'autre part, comme lors des débuts de l'Empire, la conquête avait été trop rapide, les sacrifices trop lourds. Ninive épuisée partant de guerres, ne pouvait faire face à ses obligations,

Sogenannte Synchronislisclie Gescliichte, in i.inson, Can. inscr. W. As., t. I, pi. 35, n" 1,

ScHBADER, Keilinschriftlische Bibliolhek, t. I, ti'fxl. jd'ir,!. Oppert, ///s/, des em/)/res t/e C/ciWce

p. 200-203. el d'Assyrie, p. 130-131. — J. Menant, Ann. des

(1) Mari, roi de Damas (803), eut à payer pour rois d'Assyrie, p. 126, sq.)

libérer son territoire des armées assyriennes, (3) Conquêtes de Menuacii, l'oi d'Oiirarthou,

20 talents d'or, 23.0(.KJ talents d'argent, 3.000 de à l'ouest et au sud-ouest du lac d'Ourmiali. Cf.

cuivre, 5.000 de fer, des étoffes brodées et Stèle de Kèl-i-chin, trad. V. Scheil, ds J. de

teintes, un lit d'ivoire, une litière garnie Morgan, Miss. se. en Perse, t. IV, 1896, p. 266,

d'ivoire, une part considérable des trésors sq.

amassés aux dépens des Hébreux et de leurs C-t) Cf. A. -H. Sayce, Tlie cuneiform inscript,

voisins. (G. Maspero, Hist. anc. peuples Or. of Van, in J. R. As. Soc, new séries, I. XIV,

class., t. III, p. 102 et note 1. — Canon des p. 377 à 732. — J. de Morgan, Miss, scienlif.

Limmo[},ds SciiRAVER, Keilinsrhrifllisclie Diblio- au Caucase, 1889, t. II, ch. V. Le rovaume

Ihek, t. I, p. 208-209.) d'Ourarlliou, p. 99. — G. Maspero, Hisl. anc.

(2) Voici la liste des principales campagnes peuples Or. class., t. III, p. 108, sq. Le premier de Rammânniràri IV (812-782] : 810, contre la roi de Van dont nous parlent les inscriptions Médie ; 809, le Gozân; 808-807, le Mannal; 806, ninivites et vanniques est Saridouri I", Ari)ad; 805, Khazarou; 804, Baaii; 803, les cités fils de Loutipri, contemporain de Salnianapbéniciennes ; 802, 792 et 784, contre le Kliou- sar II (vers 835) ; puis vient son fils Ispouinich et bonchkia ; 801-80(J, 794-793, 770-787, contre les pendant un siècle environ, les Saridouries Mèdes; 799, contre Louchia; 798, Namri; 796-795, occupent le trône, ce sont: Menouach, fils 785, Diri; 791, 783-782, Itoua ; 785, Kicbki. (Cf. d'Ispouinicli ; Argichtich, son fils ; Saridouri II, Canon des Limmou, ds Scurader, Keilin- fils d'Argichtich (vers 734), puis Rousacb, conschriflische Bibliolhek, \.\. p. 202-205. — H. Raw- teniporain de Sargon et son fils Argichtich II.

LA PRÉPONDKRANr.E ASSYRIKNNE

et de 782 (Salmanasai- IV) à 7'|5 (Téglatphalasar III), les pays soumis reprirent presque tous leur liberté. Cette puissance ne reposant que sur d'incessantes expéditions militaires, (juarante ans de paix suffirent à ])eaucoup la diminuer; les soldats n'étaient plus aguerris et les souverains semblaient avoir oublié lapoliti([uc traditionnelle de l'Etat. Toutefois, la lassitude était si grande chez ces

La Mésopotamie au i\'

av. J.-C. (1).

peuples tour à tour libres et esclaves, riches et dépouillés, fatigués par des milliers d'années de guerre, qu'aucun d'eux ne songea, dans son apathie, à profiter du sommeil d'.Vssour pour écraser sa puissance et rayer son nom de l'histoire du monde. G était la seconde fois que les Asiates laissaient passer l'occasion propice d'assurer leur indépendance.

Le tigre se réveilla enfin; Téglatphalasar III ('2\ à peine monté sur le trône, reprit les expéditions d'antan. Il reçut l'hommage et le tribut des peuples du Sud, jadis soumis (7/i/i). Babylone et avec elle les Choumirs et les Akkads, les Chaldéens et les Araméens, ne firent aucune opposition. Le roi, après avoir châtié une révolte en Arménie (743), envahit la Syrie et la réduisit en entier.

Les pays du Nord, du Sud et de l'Occident étant pacifiés (3), Téglatphalasar opéra quelques fructueuses razzias en Médie (738), mais n'annexa, de ce côté, aucun territoire. Des révoltes en Palestine, des luttes entre de petits Etats le ramenèrent en Syrie, où il

(1) D'après J.Maspero. Ilisl. anc. des peujilcs de l'Orient classique, t. III, p. 29.

(2) Cf. «i. Smith, The annals of TiglaLli Pilcser II, in Zeitschrifl, 18(')9, p. 9-17. — Rost, Die Keilinschriflexle Tigldl-Pilesers III, t. II, pi. XXXV à XXXVIII. — J. Menant, Ann. des vois d'Assyrie, pp. 140-144. - Eneberg, Inscript, (le Teglat-Pilcscr II, in Journ. asiat., 1875, t. VI, p. 4il, sq.

(3) La grande puissance de l'Occident, l'Empire liêléen, reposait comme celui d'Assyrie

sur une sorte de féodalité maintenue par la force de la puissance; souveraine, ne possédant d'autre domaine propre ((ue le patrimoine de la nation. Les princes vaincus étaient tenus de fournir leurs contingents sur l'ordre du souverain et de verser des tributs annuels. Celte organisation n'olTrait aucune sécurité et le moindre revers la renversait. Aussi, après les échecs que lui fit suhir l'Assyrie, l'Etat iiétéen disi)arul-il sans retour

écrasa le royaume d'Israël, soumit les Philistins (73/i), réduisit Damas soulevée (733) et, lors de son départ, vingt-cinq roi* Tenaient déposer à ses pieds hommages et tributs (732).

Les années qui précédèrent l'avènement de Sargon ne virent qu'une suite d'expéditions contre les princes (1) révoltés de Syrie et de Chaldée et, lorsque ce roi monta sur le trône, les troupesninivites assiégeaient Samarie. Au Sud, une puissante coalition chaldéo-élamite menaçait l'Empire; c'est contre elle que le nouveau souverain tourna d'al)ord ses armes. 11 la vainquit i2); puis- Samarie i3) tomba et, sauf la ville de Tyr, toujours bloquée, tout l'occident fut encore une fois asservi.

Les o-randes guerres allaient commencer, non plus contre destribus révoltées ou des roitelets sans puissance Vs mais contre de grands Etats.

L'Egypte et l'Assyrie se rencontrèrent en Palestine à Piaphia. Le Pharaon Chabakou, défait, gagna le Saïd dans sa déroute, tout le reste de ses Etats s'étant soulevé (714) contre lui.

L'Ourarthou avait groupé autour de lui tous les peuples du Nord, ses congénères, et formé une puissante coalition. Sargon dépensa huit années pour la réduire 5).

(1) Cf. Botta, Moniim. Ninive,\A. LXII-XCII, CV-CXX,CLV-CLX. Annales. — J. Oppert, Les inscriptions de Dour-Sarkayan. dans Place, Ninireel i Assyrie, t. II, pp. 309-.'îl9.- Menant, Annales des rois d'Assyrie, jip. 158-179. — Inscriptions des fastes. Botta, Monum. Ninive, pi. Xr.III-CIV, CXXI-CLIV. CLXXXI. - J. Oppert et J. Menant, La grande inscription du palais de Khorsâbàd, ds Joiirn. asial., 1863, t.I.pp. 5-; 261. II, pp. 475-517; 186i, t. III, pp. 5-6-2 ; 168-201; 209-265; 373-415; 1865, t. VI, pp. 133- 179; 289-330. — J. Menant, Ann. des rois d'Assyrie, pp. 180-192, etc. — Cf. G. Maspero, //îV/. anc. peuples Or. classique, l. III, p. 225, note 2, qui donne une bibliographie très complète des sources de I histoire de Sargon.

(2) Cf. Winckler, Die Keilinsrhriflexle Sargon's, t. I, pp. 4-7. — Lyon, Keilinschriflexle Sartjon's, pp. 32-33. — Tiele, Babylonisch-Assyrisclie Geschiclde, p. 239, sq.; 614, sq. — Winckler, Gescliichle Babyloniens twd Assyriens, y). 125, sq.; 237, sq.

(3) La prise de Samarie (722) a été considérée jusqu'ici comme un événement de grande importance, parce que nous en connaissons le récit par les Hébreux (CLLivredes Rois, II, XVIII, 9-10; XVII, 6; XVIII, 13; haïe, XXXVI, 1. — Stade, Geschichie des Volkes Israël, 1. 1, p. 605. — Winckler, Altlestamentlische Unlersuchungen, p. 68, sq., 135, sq. — C. NiEBUHR, Die Chronologie der Geschichie Israël, p. 22, sq. —G. Maspero, H/.s/. anc. peu-

.ples ()r. class-, t. III, p- 213, sq. et notes), alors

que ce ne fui, en somme, qu'un épisode sans relief particulier des progrès de l'AssjTie.

(4) Les Assyriens ilécoraienl du titre de Ville, alou, des localités insignifiantes. Sennachérib (cylindre de Bellino, 1. 11) ne compte pas moins de 820 pelites villes et 85 villes plus inij)ortantes, dans la Chaldéeou la Babylonie méridonale, et Chamchiraman allribue 2(XJ villes à un petit district de la rive gauche du Tigre (stèle de Chamchiraman, col. IV, 1. 15). Ainsi, les buttes qu'on rencontre |)ar milliers dans les pays antiques de l'Asie étaient pour les Assyriens autant de villes et leurs chefs presque autant de rois.

(5) Sargon vain<iuit l'un après l'autre tousles vassau.x de lOurarthou, entre autres le puissant pays de Mouzazir dans les montagnes; sa capitale fut prise d'assaut. Ourzana, son roi, s'enfuit seul, abandonnant au.x Assyriens toute sa famille (jui partit en esclavage avec 20.170 individus, tout ce qui survécut de la population. Tous les biens du pays tombèrent aux mains de Sargon : 9U6 mulets, 9-20 bœufs, 100.225 moutons, de l'or, de l'argent tous les trésors du Mouzazir, le mobilier et le sceau royal. Bousas, roi dOurarthou, abandonné de tous ses appuis, se donna la mort ; mais lOurarthou, bien que vaincu, était loin d'être détruit. Argistis II cessa les hostilités pour réparer autant que possible les désastres de son pays et se retira vers le nord ; en 708, il est mentionné par les textes assyriens (CL Fastes, I. 113. j

LA PRÉPONDÉRANnE ASSYRIENNE

Enfin ce fut le tour de la Chaldée (1), alliée à l'Élam ; les coalisés furent défaits ; mais l'Islam, protégé par ses marais, ses fleuves et ses montagnes, conserva intacte son indépendance. A peine quelques-uns de ses territoires de la plaine furent-ils touchés; c'est sur Babylone que s'al)atlirent toutes les colères du

Le royaume dOurarthou.

monarque assyrien; Mardoukbaliddin, terrifié, poursuivi jusqu'à Bit-Yakin (2), sur la mer, renonça au trône.

Toutes les richesses de la Chaldée tombèrent aux mains des vainqueurs, jusqu'au camp du roi de Babylone qui fut pillé ; et Sargon énumère avec orgueil les trésors qu'il renfermait : « Les insignes de la royauté, le palanquin d'or, le trône d'or, le sceptre d'or, le char d'argent, les ornements d'or. »

Mais, heureux pendant la majeure partie de son règne (3), Sar-

(1) Depuis i|uelr|ues siècles, les Araméens, venus (les rives du golfe Persique, s'élaienl iinplanlés en Chaldée et y avaient prospùn'-. Ofcupjint d'abord les embouchures des fleuves, ils s'étaient peu ;'i peu avancés dans les pays situés entre Babylone et l'Elam, puis, longeant le pied des montagnes, jusfju'au pays de Khalman et plus près encore de l'Assyrie. (Cf. G. Maspeko, Hiiil. anr. pen[iles Or.class., t. II, p. 660, sq.; t. III, p. 4, sq., 118, sq.)

(2) « J'ai (Sargoii) assiégé, j'ai occupé la ville de Dour-Yakin, sa (Mardouk-baliddiu) capitale; j'ai pris comme esclaves sa femme, ses

fils, ses filles, avec l'or, l'argent, tout ce (ju'elles possédaient, le contenu de son palais et un butin considérable dans la ville... J'ai réduit en cendres la ville de Dour-Yakin, j'ai renversé ses antiques remparts, j'en ai fait un monceau de ruines. « (J. Mena.nt, 1874, Ann. Assijr., p. 188.)

(3) Sargon voulant avoir un palais qui lui fût personnel, choisit le village de.Maganoubba, au nord-est et tout près de Ninive et y construisit la ville de Dour-Cliarroukin,dont Place a publié les ruines. (Cf. Place, Ninive et l'Assijrie, pi. II.)

gon devait, à la fin de sa vie, connaître par lui-iuônie raniertunie des revers. L'Ourarthou, remis de ses blessures, avait reconstitué sa puissance; et 1 708) les garnisons assyriennes furent chassées du Manna, ainsi que de' tous les territoires vanniques qu'elles occupaient. L'Élani, sous son roi Choutrouk-Nakkhounté, avait eu plusieurs campagnes heureuses (70Q). Non seulement les Assyriens s'étaient vus contraints d'évacuer tous les points qu'ils possédaient sur les territoires susiens, mais les Elamites eux-mêmes s'étaient emparés d'un certain nombre de leurs places frontières.

De tous les souverains asiatiques, Sargon est peut-être le premier (|ui comprit le danger d'établir un empire féodal uniquement basé sur l'ancienne aristocratie soumise. Partout où ce lui fut possible, il remplaça les dynastes indigènes par des gouverneurs assyriens, cherchant à transformer en provinces ce qui n'était avant lui que principautés tributaires. Ce roi, profitant des leçons du passé entrevoyait l'organisation de son empire ; mais ses ressources ne lui permettaient pas d'entretenir près de chaque gouverneur les garnisons nécessaires, et il commit la grande faute de ne pas modifier les anciennes divisions du pays ; en sorte que, malgré la présence de ses officiers dans les provinces, les intérêts indigènes demeurèrent groupés comme parle passé (1).

Sennachêrib (2) (70/4-681) et Assaraddon (3) (680-668) guerroyèrent pendant toute la durée de leur règne, sans succès d'ailleurs contre l'Élam /ii; mais plus heureusement contre les tribus

(1) Vers la fin de son règne, Sargon s'en était remis sur Sennachêrib du soin de réprimer les révoltes, lui-même s'étanl retiré à Dour-Charroukin, quand il mourut assassiné (7(1.5) par un soldat d'origine étrangère.

{i) Cf. Cylindre de Tavlor,publ.par H. P.awlinson, Cun. In.^n: W. À.s., t. I. pi. XXXVII- XLII, Irad. J. Oppert, les Insci: axsi/r. des Sargonides, p. 41, sq. - J. MEN-.\>iT, Ann. des rof'sd'Assyne, p. 214, sq. — Cylindre de Bellino, trod. J. Oppert, Expéd. en Mésopoiamie, t. I. p. 297, sq. — J. Menant, Ann. des rois d'Assyrie, p. 225, sq. — La stèle de Bavian, publ. par H. Rawlinson, Cun. Inscr. W. As., t. III, pi. XIV, trad. Pognon, l'Inscription de Bniùan, texte, traduction et commentaire philologique, in-8, 1870-1880.— J. Menant, V;/»ve ei l'Assyrie, p. 234, sq. — Cf. G. S.mith (achevé et publié par A -H. Sayee), Hislory of Sennachêrib, translated from Ihe cuneiform inscriptions, 1878.

(3) Cf. Inscriptions des cylindres de Kovoundjick. (Layard, pi. XX-XXIX-LIV, W. A. /.. pi. XLVIIXLVIII; W. A. 7, III, pi. XV- XVI).— Inscriptions de la pierre d'Aberdeen

(W. A. /., I, pi. XLIX. — Inscriptions diverses ( U'. A. /., I,pl. XLVIII).— Canon des rois assyriens (W. A. /., III, pi. I). — J. Menant,

Ann. des rois d'Assyrie, p. 2.39. sq.

(4) C'est par mer que Sennachêrib attaqua l'Elam. Les flottes construites sur le Tigre et l'Euphrate se joignirent dans la mer, sur l'emplacement actuel de Kornah ou de Bassorah, et de là gagnèrent lembouchnre du Kâroun qui se trouvait alors à quelques kilomètres en aval de Nasseri-Ahwaz. Là était le pays de Nadilou où abordèrent les Assyriens. La suite des événements montre qu'ils furent loin d'y remporter des succès, puisqu'ils durent repartir sans avoir rien tenté contre Suse. (Cf. S.mith-Sayce, Hislory of Sennachêrib., p. 80, sq.; ^(,2, sq. — Bezold, Inscliriften Sanherib's, in Scuradek, Keilinschriftliche Biblioleck , t. II, p. KXt, sq. — La Chronique babylonienne de Pinriies, col. II, I. 36-3'.'., place la date de l'expédition en 694-693. — Cf. J. de Morgan, Etude géographique sur la Susiane, expédition de Sennachêrib 096 av. J.-C], dans Mém. de la Délèij. se. en Perse, t. I, 1900, p. 17.)

LA PllÉPO.NUKHAXCK ASSVlîIKNNE

révoltées de la Palestine (1) et les villes de la Pliénicie (2), il les ra/./.ia. Les expéditions de pillage continuèrent comme par le passé (3), bien que la gloire d'Assour fut ((uolcjue peu ternie, vers cette épo(|ue, j)ar des intrigues de palais, par des compétitions et des complots autour du trône.

Dès les débuts de la monarchie, les souverains assyriens ne s'étaient maintenus qu'en étayant leur domination sur leurs gens de guerre; mais ces soldats repus, gorgés de richesses, n'aspiraient plus désormais qu'à la jouissance des biens conquis l)ar leurs armes. L'histoire moderne n'offre-t-elle pas de semblables exemples de lassitude ?

Ces guerres, ces révoltes, ces continuels mouvements des armées en quête de butin, ces pillages, ces tributs onéreux, ces exactions de tous genres menaient l'Asie Antérieure à sa perte, enlevaient aux populations l'énergie, le labeur, l'intérêt de la vie. Les campagnes dévastées s'appauvrissaient (5), les terres demeuraient incultes, les canaux

La Syrie au ix-^ s. av. J.-C. 4).

(Il Prisme de Tavlor, U'. A. I I pi. XXXVII-XLII, c. II, I. 31-48, 65-61»; Trad. J. Menant, ^1;;^. Assi/r., p. 217, sq., etc. 12) « J'ai(Assour-Ahki-iddin) atla(iué la ville de Sidoiina(Sidon), située au milieu de la mer, j'ai mis à mort tous ses habitants, j ai délnilt ses murs, ses maisons, je les ai renversées dans la mer, j'ai renversé ses temples. Abdimilkout, roi de la ville (de Sidouna;, s'était soustrait à ma puissance, il s'était enfui au milieu de la mer. Jai traversé la mer et j'ai brisé son orgueil. Jj me suis emparé de ses trésors, de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, de l'ambre, de peaux de .4m*/, du santal, de lébène, des étoffes de laine et de fil, le contenu de son palais. Jai transporté au pavs d'Assour des hommes, des femmes en nombre considérable, des bœufs, des moulons, des bêles de charge. » (J. Menant, 1874, Ami. Assyr., p. 241.)

(3) « A mon retour (de ma 2« campagnei, jai (Sennachérib) réduit sous ma domination les contrées lointaines du pays de Madaï, dont, parmi les rois mes pères, personne n'avait en-

tendu prononcer le nom ; je leur ai imposé de nombreux tributs et je les ai soumis à ma puissance. » (Prisme de Tavlor, IV A I I |.l. XXXVII-XLII. c. II, 1. 20." Trad. J. Menant' Ann Assijr., p. 217.)

(il D'après G. Maspero, Hisl. une. des peuples de l'Orient classique, t. IH, p. 3:).

5; <• Alors je (Sennachérib) me suis dirigé vers le pays de Bet-Vakin (Basse-Chaldée). -Mardoukbaladdan .. prit ses dieux... les fit embarquer sur des navires et s'enfuit comme un oiseau vers la ville de Nagitrakki, située au milieu de la mer. .Je fis sortir de la ville de Bet-Vakin, sur les rives du lleuve Agammi, au milieu des marais, ses frères, ceux de sa race qui avaient abandonné les rives de la mer ainsi que les grandes familles de ce pavs. Je les ai emmenés et les ai vendus comme esclaves. Jai démoli les villes, j'en ai fait un désert. . (Prisme de Tavlor. W. A I 1 pi. XXXVII-XLII, c. III, I. 4!t. Trad. J. Menant, Ann. .l.s.^-;;/-.. p. 21!».;- .. Trente-quatre villes (du pays d'Elam) et leurs dépendances, dont le nombre est sans égal. Je les ai assié-

cessant de leur fournir l'eau nécessaire. Ce n'était partout que ruines, que peuples affamés, que transports d'esclaves qui, venus .des régions les plus éloignées, s'allongeaient en longs troupeaux dans les vastes plaines de la Mésopotamie, courbés sous le faix de leurs pauvres bardes, la corde au cou, souvent même attacbés les uns aux autres au moyen de cbaînes leur traversant le nez ou les lèvres, livrés à la brutalité de la soldatesque. C'étaient les survivants d'une ville révoltée qu'Assour déportait ainsi de Syrie en Médie, de Chaldée en Arménie ; il y avait là des gens de tout rang, des femmes, des enfants, et malheur à celui que la fatigue •empêchait de suivre le troupeau, un coup de lance faisait de son corps la pâture des carnassiers et des oiseaux.

Les textes assyriens etles bas-reliefs ninivites nous ont transmis le souvenir d'horreurs dont les caravanes d'esclaves, traversant l'Afrique, ne sont qu'une pâle image. Pour le trafiquant Arabe, le nègre est une valeur, une marchandise rare qu'il ménage ; pour l'Assyrien, le rebelle était moins qu'un esclave, un être haï, dont les souffrances réjouissaient le cœur des dieux.

Assour s'enrichissait toujours ; les dépouilles s'accumulaient dans les magasins royaux (l), dans les temples, dans les maisons particulières. Il jouissait de la ruine du monde, sans même songer à tirer un parti durable de si grands biens.

La Chaldée étant devenue province assyrienne ('2), les rois d'Assour sonii'èrent à étendre vers le Sud leur domination et à s'emparer de l'Arabie (3). Sennachérib s'avança même au delà de Bahrein, dont il avait fait la base de ses opérations. Mais ce ne fut là qu'une course sans résultats politiques durables, sans produit; car la péninsule arabique est, dans la partie voisine

gées, je les ai prises, j'ai fait des prisonniers, père des dieux et de Belit, la reine des dieux,

je les ai démolies, je les ai réduites en cen- J ai habité ce palais pour la salisfaclion de

dres. J'ai fait monter vers les cieux la fumée mon cœur, la joie de mon esprit, et la splen-

des incendies comme celle d'un sacrifice. » deur de mon visage. (Inscr. de Nabi-Vunus,

(Prisme de Taylor, Id., c. IV, 1. 51, trad. U'. A. /., pi. XLIII, 1. 90 et 91. Trad. J. Me-

J. Menamt, id., p. 221.) « J'ai (Sennachérib) n.\mt, Ann. Asxiir., p. 234.)

soumis à ma puissance les peuples du pays (2) Sennachérib revint de Chaldée, amenant

de TaUharou.qui habilenl des montages inac- avec son armée 208. ftCXj prisonniers hommes et

cessibles. J'ai changé en ruines la ville de femmes, 7.200 chevaux, 11.073 ânes, 5.230 cha-

Oukoun et j'ai mis à mort ses ]irinci|iaux ha- meaux, 80.100 bœufs, 8(Xt.50O moutons et em-

bitanls.J'ai subjugué les hommes du pays de portant à Ninive toutes les richesses du pays.

Kliilakou (la Cilicie) qui habitent les forêts. (Cf. G. Smith-Sayce, Ilisl. of Sennachérib, [K^2i,

J'ai détruit leurs villes, je lésai démolies, je sq.)

les ai livrées aux flammes. ■> (Inscr. de Nabi- (3) Assaraddon rend aux Arabes les slalues

Vunus, U^. A.7.,pl. XLIII. trad. J. Mexant, des dieux qui avaient été emportées à Ninive

Ann. A.ssi/r., p. 231.) par son père et en raison de cette restitution

(1) J'ai (Sennachérib) réuni dans ce palais impose l'Arabie de 65 chameaux de plus. (J. Me-

toutes ces dépouilles, avec l'aide d'Assour, le nant, Ann. Assyr., p. 213.)

LA PllÊPONDKlUiNCE ASSYRIENNE

<lii golfe Pei'sique et de la Chalclce, d'une extrême pauvreté.

Un seul i^ays, d'une grande richesse, était jusqu'alors resté indemne, l'Egypte ri); c'est contre elle (|ue marclirrent les ai'mées d'Assaraddon (2). Les Sémites l'envahirent par l 'cluse et, de suite, toute la vallée du Nil tomba en leur pouvoir. Le phaiaon Taharkou s'enfuit en Nubie jusqu'à Napata, ^Nlemphis ouvrit ses portes, Thèbes et les autres villes furent pillées. Tout €e qu'il y avait de matières précieuses dans les temples et les palais fut enlevé et porté au pavs d'Assour : statues des dieux et des rois, orne m e n t s du culte , meubles précieux. Les Assyriens traitèrent la vieille l^^gypte comme ils avaient coutume d'en user vis-à-vis des peuplades demi-sauvages de l'Asie.

En rentrant dans ses Etats après cette colossale razzia, le roi d'Assour fit graver en Syrie, sur les rochers du Nalir el Kelb, une longue inscription dans hupielle il s'intitule roi d'Egypte, de Thèbes et d'Ethiopie (672).

La fin du règne d'Assaraddon fut, comme celle de presque tous les souverains assyriens, accompagnée de troubles. Repu de sang et de pillage, fatigué par la vieillesse, le roi ne dirigeant

Le royaume de Tjr à l'époque de Sennachérib.

(1) Sennachérib eiU fait la conqiiole de (-2) « Assur-akliî-iddin, roi des légions, roi

l'Ègvple si la iiesle (?) n était venue décimer du i)ays d'Assour, roi du pays de Mousouri

+;on armée et l'obliger de rentrera Ninive. (l'Egypte) el du pays de Kous (rElliiopie). »

(II Rois, XIX, 8-3.5. - Hérodote, II, CXLI. — Tels sont les titres que se donne Assaraddon.

JosÈPiiE. .1(1/. /))(/., X. 1, § 4. — Cf. J. Opi'KiiT, (U'. A /., I, pi XLVIII, n» 4. ïrad. J. Me-

Mém.aur les nipports de ilù/iipte cl de lAssijrie, na>t, Ann. Assiir.. p. 54?.) p.3i, sq.)

plus en personne les campagnes indispensables à la vitalité de Ninive, FEgypte se ressaisit; Taharkou en cliassa les garnisons assyriennes (vers 67O), et le vieux monarque abdiqua (668) en faveur de son fils Assourbanipal.

Assaraddon fut, de tous les rois d'A'ssour, le seul qui parfois se soit montré clément. 11 savait pardonner, par calcul surtout, comprenant que la terreur était impuissante à maintenir dans l'obéissance de pareilles multitudes et que d'ailleurs son armée ne suffisait plus à ses vastes devoirs. Aussi, les inscriptions qu'il nous a laissées ne renferment-elles pas, comme celles de ses prédécesseurs et de ses successeurs, uniquement des récits de cruautés ; on y rencontre parfois des exemples de mansuétude (1).

Devant un pareil empire, devant les menaces dont il était entouré, la tâche d'Assourbanipal était bien lourde. Dans tous les pays conquis, la révolte se trouvant à l'état latent, Ninive devait entretenir sur tous les points stratégiques de fortes garnisons. Ces corps de troupes, composés plutôt de sujets que d'Assyriens de race, n'en était pas moins une cause de grand affaiblissement pour l'armée de combat, pour celle de l'Empire, toujours prête à s'élancer à la répression des révoltes, à la conquête de nouveaux territoires, au pillage des peuples dont Assour se méfiait ou convoitait les biens.

Dès son avènement, Assourbanipal rl\ marcha sur IKgyple (3); Taharkou (/a) vaincu se retira encore, abandonnant la vallée du Nil

fl) <• Layalê, roi du pays de Yadih, s'était soustrait à ma domination... il vint auiirès de moi à Ninoua ma capitale, il s'inclina devant moi, je lui accordai lagràceavecbienveillance." (W. A. /., ni, pi. XV, col. III, I. 40.).. Bel Bagar, fils (le Dnunani, roi du pays de Gamboul, ... s'inclina devant moi, je lui ai accordé son pardon, j'ai fortifié Sapi Bel, sa capitale, j'y ai logé lui et ses archers et je l'ai élevé en Elam comme une colonne, s (G. III, I. 53. Trad. J. Me.nant, Ann. assi/r., p. 244.)

{i} Le règne d'Assourbani|)al (667-6:20] fut dans ses premières années consacré aux grandes guerres qui devaient amener l'asservissemenl définitif de l'Asie : 667, guerre contre l'Egyple ; 666, deuxième campagne conlre rEgyi)le, ruine de Thèbes ; 665, siège de Tyr et guerre contre la Lydie ; 664, guerre contre le pays de Manna'i ; 663, guerre contre l'Elam, conquête du pays de Gamboulou ; 662, révolte de la Clialdée ; 661, guerre conlre Ounimanaldacli, roi d'Elam ; 64;f, seconde guerre conlre Oumnianalilacli, ruine de Suse ; 660,

guerre d'Arabie. Nous ne connaissons presque rien des Irenle-cinq années qui suivirent jusqu'à la mort d'.\ssourbanipal. L'Empire tombait en décadence, les Modes, les Cimmériens, les Scythes étaient entrés en scène.

(3) « Dans ma ])remière campagne, je me suis avancé conlre le pays de Magan et de Melouhha . Tarkoil était roi du pays de Moulsour et de Koùsi...Il s'avança et s'établit dans Mempi (Memphis), la ville que mon père qui m'a engendré avait prise et avait ajoutée aux provinces du pays d'Assour. J'étais occupé dans la ville de Xinoua quand on vint m'apprendre celte nouvelle... Je me suis avancé promptemenl... J'ai livré une grande bataille et je r larmée égyptienne) ai mise en fuite. Tarkoû apprit dans la ville de Mempi la défaite de son armée... et pour sauver ses jours, il s'enfuit dans la ville de Ni'i (Thèbes). Je me suis emparé de celle ville, mon armée y entra et l'occui)a. >. (J. Menant, Ann. assyr., p. 254, sq.)

(4) Les monumenlsmontrenlceroi comme de sang mêlé. Cf. G. Maspero, Hisl. anc. peuples

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