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M = Mésolithique ; N = Néolithique; E = Enéolitiiique; B — Bronze; BF — Bronze avec connaissance du fer; F = l-'er.
partout le faciès local sautant aux yeux aussi jjien dans les civilisations méditerranéennes que dans celles du Nord, il est sou-
(1) Les indications fournies par ce tableau elles devront être rectiliées au furet à mené sont, et ne peuvent être qu'approximatives; sure des découvertes.
vent aisé de faire la part des principes originels, des apports étrangers et des efforts personnels à un peuple.
La forme des vases, des armes, l'ornementation, l'art, la technique industrielle sont autant d'éléments qui, joints aux indications d'ordre social et moral, entrent dans la balance et servent à classer les diverses phases et les divers foyers de l'évolution.
Ces fractions, dans le temps et dans l'espace, sont plus ou moins apparentées; elles se groupent naturellement, montrant des successions et des familles. C'est ainsi qu'il est permis d'affirmer que l'évolution méditerranéenne envisagée dans son ensemble,, est étrangère à celle des pays européens, bien qu'il se trouve parfois enchevêtrement de principes nordiques et d'idées orientales.
Certaines formes, par exemple, très anciennes et très simples, occupant une large surface, indiquent, par leur présence même, la parenté des efforts dans les pays où elles se rencontrent. Elles éloignent, au contraire, de leur famille celles où elles font défaut.
Parmi les types d'instruments de bronze hongrois, par exemple, il est à remarquer que les plus anciens, seuls, peuvent être suivis jusqu'au cœur de l'Asie septentrionale (1). L'un d'entre eux, le petit celt, parfois muni de deux œillères, qui se montre dans toute l'Europe, la Russie méridionale et la Sibérie, s'avance jusqu'au Japon et à la Chine ; mais les pays méditerranéens, l'Asie antérieure, l'Iran et les Indes demeurent en dehors de sa zone.
Cet instrument est donc caractéristique d'une grande famille nordique; quant à son point d'origine, il est difficile de le préciser. Est-il venu de Chine en Bretagne ? ou de Bretagne en Chine ? Est-il né en Hongrie, en Russie, au pied de l'Altaï, pour de là s'étendre à l'est et à l'ouest, et gagner ses limites extrêmes ? Nous ne le pouvons dire ; dans tous les cas, nous savons que son origine n'a aucun lien avec les vieilles civilisations du Sud,
Ce que je viens de dire d'un seul type s'applique à une foule d'objets, d'ornements ou d'idées; et l'ensemble de leur élude, corroboré par d'autres observations, par les traditions et par les lambeaux d'histoire écha])pés à la destruction générale des textes sur les origines, permet d'établir le sens, l'intensité et les bords de ces grands courants, auxquels l'Europe est redevable en majeure partie de ses connaissances initiales.
(1) Cf. SopHusMuLi.EP, L'origine (Je l'âge du bronze en Europe, lra(l.ds.'\/(i/t?//(ua', t. XX, 1886, p. 16-2-
LA PRÉPONDKnANCE ÉGYPTIENNE 339
Un autre exemple est celui Je rornement en spirale. Né en Egypte, suivant la plupart des archéologues il aurait de la vallée du Nil gagné l'Asie antérieure, la Perse, le Caucase, la Russie d'une part; d'autre part il se serait répandu dans TArchipel, la Grèce, l'Italie, l'Ibérie et aurait atteint la Scandinavie après avoir envahi toute l'Europe.
Pour la famille méridionale, je choisirai un exemple j)uisé dans un autre ordre d'idées, celui de la diffusion du culte d'Astarté « la terre mère, la fécondité » et de sa représentation. Née en Babylonie et dans l'Elam, la déesse Nana se répand en Asie, en Egypte, en Syrie, gagne les îles grecques, l'Asie Mineure et s'étend peu à peu jusqu'aux portes d'Hercule ; mais ne sort pas de la zone méditerranéenne, ne pénètre que peu ou pas dans les pays situés à l'Orient du Tigre. Il y a là diffusion de principes du Sud dans la famille nordique, sans invasions comme véhicules des notions.
Le phénomène inverse se produit aux débuts de l'état métallurgique dans l'Asie jNIineure et à Chypre. Là on reconnaît des influences, dont les traces plus anciennes se montrent dans la vallée du Danube (1). Dans ce cas il y a diffusion par invasion car, on le sait, les Indo-européens qui, vers le second millenium, apparurent dans le nord de l'Asie antérieure, venaient de Thrace et avaient séjourné au-delà des Balkans.
Les exemples qui précèdent sont concluants, mais tous les faits ne se laissent pas interpréter aussi aisément. Il en est qui résistent à la critique la plus judicieuse. Le Swastika, répandu sur le monde entier, aussi bien dans le Nord que dans le Sud, en Amérique qu'au Japon et en Chaldée, ne nous a pas livré ses secrets; et, malheureusement, il en est ainsi pour la plupart des indices du culte que nous relevons dans les vestiges des premiers âges.
(1) R. V. LicHTENBERG, Beilriige z. âUeslen Geschiclite v. Kypros, in Milt. d. Vorderasiat. Ces., I'.t06, 2.