OX
— UJ
IIP
Dynastie
ce
Dr/) "^ et
David
et Salomon.
Vers 1095.
Invasion dorienne.
Invasion dorienne.
= if t 1 I^H. .1
« o es î^ s
Séparation en deux royaumes.
i-'c^ïo,
■ti-J:
AI)andon des cités
— II" époque sic nce orientale demeuré barba entre de la Péi Nord de
lacustres.
Prépondérance
te
Campagne assvrienne
Fondation de Carthafie
de Damas.
F. de Cu mes.
Fondation
de Rome (754).
Soumission
Invention
Kenais.sance
F.deSvracuse
aux Assyriens
de la
de
Oi
monnaie.
rOurarthon.
F. de Sybaris
F. de Tarent!'
JS'£
Chute
Lvdic
,^ (Gygès) Vers 693-642.
de rOurarthou.
.\rrivée des Arméniens.
Tullus Hoslilius
F.deCyrène.
Ver.? 648.
ti
Captivité
gènes, dont la sincérité ne saurait être acceptée sans contrôle, et jusqu'ici l'archéologie et l'épigraphie ne nous ont fourni aucun renseignement.
Toutefois, ces légendes sont un précieux guide, sinon chronologique, du moins au point de vue de la succession des faits ; car elles concordent, pour l'évolution, avec ce qui s"est passé dans le reste du monde. Nous voyons à l'origine des tribus barbares seminomades, semi-sédentaires, sans lois, sans gouvernement autre que l'autorité absolue de chefs élus.
L'un de ces princes, Fo-Hi, mit quelque ordre dans son propre royaume. Ainsi naquit une première civilisation en possession de l'écriture, et bien certainement aussi du métal.
Hoang-Ti, un autre prince, peut-être du même district que Fo-Hi, comme Sargon lAncien en Chaldée, étendit ses domaines et créa l'Empire. Enfin, Yao organisa la conquête.
L'écriture, qui vers ces temps était hiéroglyphique (1), dérivait de la figuration par une longue suite de siècles. Elle demeura entièrement indigène et semble n'avoir subi aucune influence extérieure (2).
Les hiérogly})hes eux-mêmes disparurent peu à peu par la force des choses, faisant place à des signes tout aussi compliqués que ceux de la Chaldée, mais répondant aux besoins d'une langue bien difFérente et obtenus graphiquement par des procédés spéciaux.
Cette langue monosyllabique ou isolante, ne reposant que sur les racines et la position relative qu'elles occupent dans la phrase, exigea de l'écriture (3) une précision que ne réclament pas les autres parlers. Certains radicaux jouèrent le rôle de déterminants et furent adjoints aux autres, afin d'en préciser la signification ;
(1) Nous ne possédons pas d'inscriptions ciiiiioisesen caractères primitifs. Presque tous les anciens monuments écrits de la Cliine ont péri lors de l'incendie des livres ordonné, d'après la tradition, par l'empereur Tsin-chi Iloang-ti, constructeur de la Gi-ande Muraille en l'an 213 avant notre ère. (Pu. Behckh, Hisl. écriture ti.s l Antiquité, 1891, p. 41.)
(2j Un fait anormal est l'existence en Corée, dès le début de notre ère. d'un système alphabétique très complet. Certainement ce système n'a pu prendre naissance au contact de l'écriture chinoise; il a fallu qu'il naisse spontanément en Corée ou qu'il y soit apporté ! Cette dernière supposition semble être le plus rationnelle (de Rosny, Fr. Lenormant, Taylor) ; en ce cas il eût été exporté de l'Inde par les
missionnaires bouddhistes. Il présente, en effet un certain air de parenté avec l'ancien alphabet |)àli lapidaire, dit Kiousa. Mais cette thèse supposerait, dès le commencement de notre ère, la présence de missionnaires en Chine, fait qui est loin d'être prouvé. De Corée, cet alphabet aurait été introduit avec quelques modifications au Japon, et c'est de lui que serait sortie cette écriture indigène, qui y a été usitée jusqu'au moment où les Japonais ont à leur tour adopté, en la simplifiant, l'écriture chinoise. (Cf. Pu. Berger, Hist. de l'écriture, 1891, p. 2i3, sq. — Faulm.'VNN, Dus Duch der Schrift, Vienne, 1878, p. 64, sq.)
(3) Cf. A. DE RÉ.MLS.\T, Recherches sur l'origine et la formation de la langue chinoise, in Méin. Acad. incr. et belles-lettres, 1820.
tous même furent, dans certains cas, appelés à rendre ce service.
C'est ce qui arriva en Egypte, en Chaldée et probablement aussi chez les Hétéens, en Amérique et dans tous pays possédant des systèmes qui procédaient de la figuration; et, de même que dans ces contrées, les signes chinois prirent également un.e valeur idéographique et une phonétique. Mais ces analogies sont dues uniquement à des causes naturelles, et non à des parentés de langues ou d'écritures, ou à des influences réciproques.
Les nombreux dialectes parlés en Chine, mais descendant tous d'une souche commune, montrent les derniers restes des anciennes divisions en tribus. Ces dialectes diflerent à tel point que les habitants des diverses provinces ne s'entendent pas les uns les autres. L'unité chinoise se fit sur la langue mandarine; et surtout sur l'écriture, dont les idéogrammes se peuvent lire et prononcer dans tous les dialectes, (^uant aux dialectes euxmêmes, jamais ils n'ont j)Ossédé d'écriture propre.
La race chinoise était grand observateur de la nature el de tout temps elle la reproduisit avec une exactitude minutieuse ; mais son amour pour le baroque, le contourné, le fantastique l'éloigna du grand art, de même que l'Egypte en avait été tenue à l'écart par ses canons religieux.
La Chine se figea dans la tradition, aussi bien dans les lois que dans les sciences, dans le culte que dans les arts. Aujourd'hui encore elle s'y trouve enfermée.
La religion chinoise (l) des origines nous est complètement inconnue; elle était fort probablement polythéiste, car Lao-tseu (vers 6ZiO av. J.-C), bien que partant du principe de l'unité divine, revient au panthéisme ; (juant à la morale, ce même Lao-tseu fonda une doctrine surprenante pour ces époques, trancjuille, pleine de mansuétude, supérieure aux passions, aux intérêts, à la gloire^ qui, tendant vers l'impassibilité, poussa vers lascétisme d'une part, l'égoïsme de l'autre. 11 est pour l'Extrême-Orient le fondateur du stoïcisme.
(I) Le Yi-Kinçi (livre des Irausformalions) el d'aulre jiart la passivité, le froid, la nuit, le re-
le Chou-Kiruj (livre des annales) sont les deux pos, l'inertie Ces écoles primitives eurent une
ouvrages qui renferment les principes fonda- nombreuse descendance, parmi laquelle les
mentaux de la philosopliie chinoise. Le Yi-King plus intéressantes sont le système de la raison
(attribué à Fou Ili) est le plus important. Ses de Lao-Tseu et celui de Confucius cherchant
principes se distinguent de ceux des i)hiioso- le perfectionnement matérialiste de l'homme
phies occidentales par leur dualisme. Le ciel par hii-mème en supprimant l'idéal, la nolion
el la terre en opposition : d'une pari, la force du divin, créatrice, la lumière, la chaleur, le mouvement;
/lOO LKS PREMIÈRES CIVILISATIONS
Confiicius eut une autre méthode ; il se contenta de recueillir les anciennes doctrines et de les grouper, les ramenant à la sagesse primitive idéale : l'obéissance envers le Dieu du ciel, Tamour du prochain, la lutte contre les passions et les mauvais instincts, écouter la voix de la raison. Tout, pour Confucius, aboutit à la piété filiale, aux vertus domestiques, au culte des ancêtres.
Chez Lao-tseu comme chez Confucius, la morale est pure, le souci du bien d'autrui domine; cest l'altruisme dont, à la même époque, nous voyons apparaître les premières traces chez les nouveaux venus Indo-Européens de l'Europe méridionale et de la Perse. 11 se peut que ces idées aient eu leur foyer initial dans les pays voisins de rxVltaï, par exemple ; et que, de là, elles se soient, sous diverses formes, répandues vers lOccident et l'Extrême-Orient.
GHAPITIIE XI
La prépondérance iranienne.
Depuis longtemps déjà, dès le douzième siècle (1) avant notre ère, les armées assyriennes, en pénétrant sur le plateau iranien, avaient rencontré des tribus d'une nature ethnique diflérente de la leur, de celle des Elamites, des Ourarthiens et de tous les autres peuples avec lesquels ils avaient toujours guerroyé.
Ces tribus étaient l'avant-garde de la branche septentrionale des Iraniens ; telles les Parsoua, les Andiou, les Abdadana, les Manda, les Bikni, etc., et enfin les Madaï ou Mèdes, dont les rois, peu de temps avant la chute de Ninive, avaient su grouper sous leur autorité les peuplades congénères, donnant à ce nouveau royaume le nom de la tribu dont ils étaient princes.
Cet Etat avait son siège dans les pays actuels de l'Azerbaidjan, du Kurdistan, de Gherrous, de Bidjar etd'Hamadan. Il était limité au nord par TOurarthou, à l'ouest par l'Assyrie, au sud par les tribus iraniennes de Perside et, à l'est, s'étendait sur le plateau jusqu'au delà de Ragha et aux limites du grand désert salé (2).
Sur sa frontière occidentale, sa population n'était certainement pas homogène en tant que race; car une partie de l'Atropatène et
(1) Entre Teglalplialasar I" et Aclioiirnal- (leliAntichilà Assira. p. 196. — Anii. d'Achoar-
sirpal (1110 à 857;. Les Assyriens semblent nalzirpal, col. II, II. 23-75.)
avoir fait peu d'e.vpêditions contre les tribus li] Les habitants actuels du Gliilan, du
du plateau persan. Cependant, ils restèrent Mazandéran et d'une partie du gouvernement
en contact avec elles; ne serait-ce que dans d'Asterâbàd appartiennent à la souche perse,
le pays de Zamoua (vallée de la Diyalà). Il semblerait (jue leur venue fut postérieure à
(Xenopuon, Anabase, II, IV, 23. Cf. Fried, celle des Mèdes et que, si la niasse principale
Deutzsch, \Vo lay dus Panidies, p. 186. — des Perses gagna le Sud, c'est qu'elle ne put
Plise, \l, VA. —Cf. Fiszi, Riceicheper lo Studio s'avancer vers l'ouest du plateau déjà occupé par les Mèdes.
des monts Carduques était habitée par des tribus émigrées des vallées du Tigre et des deux Zabs, sans compter les déportés dont Assour peupla certains districts de Médie (1).
En sorte que, non seulement lesMèdes reçurent de FAssyrie, par contact, les principes de leur civilisation, mais que ces principes eux-mêmes tombèrent dans un milieu fortement mélangé d'éléments appartenant aux plus anciennes couches humaines de l'Asie Antérieure.
En disparaissant, les Assyriens n'avaient rien laissé que le monde ensanglanté par leurs crimes et fumant des incendies qu'ils avaient allumés. Aucune trace ne demeura d'eux, ni dans les arts ou la littérature, ni en philosophie, ni dans les principes moraux, privés ou publics; mais leur exemple avait corrompu le monde.
Le nouvel élément, en entrant sur la scène, avait apporté dans son patrimoine des idées philosophiques élevées (2), la notion du bien et du mal (3), de la charité, de la pitié; mais son contact avec l'Assyrie étouffa vite en lui les qualités naissantes. Mèdes et Perses furent cruels, cupides, orgueilleux, tout comme des Assyriens; c'est par les procédés des vieux États qu'ils gouvernèrent leur
Empire.
La culture iranienne forme, pour ainsi dire, la transition entre la barbarie de l'ancienne Asie et la civilisation dont l'ère va s'ouvrir; sans unité, sans originalité, sans esprit national, elle n'est qu'un assemblage mal ordonné des multiples éléments empruntés aux peuples soumis à son joug. L'Egypte, la Phénicie,
(1) Parmi les campagnes des Assyriens en desAclièménidesquepar des données éparees, pays mèdes, il convient de citer : la soumis- soit dans les inscriptions émanées d'eux, soit sion des peuples du Zagros sous Salmana- dans la littérature grecque. (J. Darmsteter, sar II (857-822), et Chamchiramman (822-810). le Zend Avesta, t. III, 1893. Introd. p. IV.) La Cf. Obélisque, 11.92-93; 141-146, etc. ScHRADER, morale avestique reposait sur le culte delà Keilin.^chr. nnd Gexch.); la campagne de vérité, de la famille, du travail et de l'agri- Médie de Rammannirari III (810-781) ; celle de culture. Le roi donnait chaque année des Teo-latphalasar II (745-727). — Salmanasar V prix à ceux de ses sujets qui avaient le plus (726-72-2) déporte en Médie des colons israé- d'enfants. (Hérodote, I, 136.) Il accordait l'usuliles (II, Bois, XVH, 6). Enfin la colonisation fruit du terrain, i)endant cinq gén-rations, par Saro-on (722-704) de toute la partie occi- aux cultivateurs qui amenaient l'eau dans denlale^du pays. (Cf. A. Delattre, le Peuple les terres arides (Folybe, X, 28). Darius et lEmpire des Mèdes, p. 99, sq.). félicite le satrape Gadatès d'avoir acclimate
(2) La religion de l'Iran ne nous est direc- en Asie Mineure des plantes d'au-delà de tement connue que pendant la période sassa- l'Euphrate. (J. Darmsteter, le Zend Avesta, nide ; nous possédons une grande partie du t. III, 1893. Introd. LXVIL)
livre de celte époque, ÏAvesla, et tout une (3) Dès l'époque achéménide les Iraniens
vaste littérature religieuse qui s'est déve- croyaient déjà à la défaite d'Aliriman et con-
loppée sous ces souverains et, depuis, autour naissaient le dogme de la résurrection et la
de VAi'esla. L'Avesta même est représenté par durée limitée du monde qu'ils fixaient ;i douze
les Sassanides comme les débris d'un livre mille ans. (J. Darmsteter, le Zend Avesta,
achéménide, Nous ne connaissons la religion l. III, 1893. Introd. p. LXVL)
LA PRKPONDÉHANCE IRANIENNE
la Grèce, F Assyrie, la Chaldée contribuèrent, chacune pour leur part, à cet ensemble disparate auquel on a donné le nom de civilisation achéménide.
C'était, de tous côtés, la (in des vieilles monarchies ; les peuples
La Médie vers l'époque de l'apogée de l'Empire assyrien.
perdaient jusqu'à leur nom, et les races se fondaient dans cet ensemble vague dont les rois mèdes firent leurs sujets. Le royaume d'Ourarthou s'était évanoui lors du passage des Scythes, mais les Ourarthiens ne disparurent pas (1) de suite. Ils demeu-
(1) Les Ourarthiens avecles Matiènes et les rent devant les Arméniens, qui, à celte épo-
Saspires formaient encore, au temps d'Héro- que, formaient la XIII" satrapie entre le Tau-
dote (III, 103, lOi), une satrapie, la XVIII». rus et l'Arsanias. Refoulés vers le Nord, les
Ce n'est doue que peu à peu qu'ils disparu- Ourarthiens (Alarodiens) se fondirent avec les
ûO'i
rèrent dans les montagnes de Van, de l'Ararat et du Petit Caucase. Là, se fondant avec les Mèdes (Kurdes) et les Arméniens nouveau-venus, ils formèrent encore, jusqu'au septième siècle, une nation distincte ; ensuite l'histoire se tait à leur sujet.
Lesrécentes fouilles dans rArménierusse \\), dansleTàlyche(2), el le Ghilan (3), ont montré combien les différences ethniques étaient encore tranchées, bien que mal définies, à l'époque où Mèdes et Ourarthiens se trouvaient en contact sur les rives de l'Araxe.
Alors que le Petit Caucase ne présente qu'un état du bronze très rudimentaire et, semble-t-il, de courte durée, les pays mèdes offrent au contraire cette même industrie très développée, se perfectionnant sur elle-même, suivant trois phases bien caractérisées, et appartenant, sans nul doute, à des tribus distinctes dont les noms ne nous sont pas parvenus.
Dans la première, les armes sont simples et la poterie est rudimentaire, sans art. C'est l'époque de construction des grands dolmens en matériaux grossiers (ù.
Dans la seconde, les mobiliers funéraires accusent de très orands progrès. Les sépultures de cette époque renferment des parties bâties, remplaçant les monolithes latéraux (5).
Enfin, dans la troisième jdiase (6^ l'industrie se montre très développée; les formes, en tout, sont élégantes; mais jamais on ne rencontre la moindre velléité de copier la nature.
Pendant que se développaient successivement ces civilisations chez les Iraniens du nord, le Petit Caucase était en possession du fer et exploitait activement ses mines (7).
Plus tard, aussi bien dans la Transcaucasie que dans le Chilan et le Talyche, au cours de l'industrie du fer 8 , s'opère une véri-
].opulalions couoasifiiiies (Cf. H. Rawlinson, on Ihe Alarodians of Herodolus, in G. RawlinsoN, Herodotux, t. IV, p. 203 et Fr. Lemor- M\NT. /es Origines de l Histoire, t. II. p. iW-)
(1) Cf. J. DE MORG.A.N, MiS'iion scienliftque au Caucase, 1889, l. I.
(-2) Cf. J. DE Morgan. Mission scientifique en Perse, t. IV, 189G. Rech. archéol., 1" partie, ].].. 13-125.
(3) Cf. H. DE Morgan, in Méin. Déléij. en Perse, 1".K)6, t. VIII. Recl». archéol.
(4) Nécropole deChirchir. Cf. H. de Morgan, oji. cit.
(h) Nécropole de Nâmin. Cf. II. de Morgan. o/). cil.
(6) Nécropole de Véri. Cf. .). ue Morgan, .l//s.s;on en Perse, l. IV, 1896, p. 35, sq.
(7) Les principales nécropoles examinées
jusqu'à ce jour se trouvent dans le voisinage immédiat des affleurements de cuivre, à Allah Verdi, Tchamlou(i, Akthala, Dilidjan, etc., dans le petit Caucase.
(8) Il n'existe aucune relation entre l'industrie du fer dans le nord de l'Asie Antérieure et la civilisation dite Hallslalticnne de l'Europe centrale. Les Chaldéens, Assyriens, Egyptiens, etc., connurent le fer de très bonne heure, mille ans au moins avant que la culture de Ilallstatt se développât dans le bassin du Danube. Il n'y aurait donc rien de surprenant à ce que la connaissance du fer fût parvenue par l'Ourarthou et le Cauca.se au.Y nomades vivant dans les steppes de Russie el que de là, cette industrie eût gagné le Danube.
LA PHÉPONDÉRANCH II^AMENNK /jO.')
table révolution. Non seulement les foi-mes humaines et animales apparaissent dans l'art (1), mais aussi la gravure sur cuivre (2) très caractéristique de cette nouvelle ornementation qui s'est conservée, jusqu'à nos jours, dans la ciselure persane (3).
Les dolmens ne se rencontrent ni dans la 'rranscaucasie, pays alors touraniens, ni dans la Perside; on les trouve cantonnés dans le nord de la Médie. 11 existait donc, en Perse, deux branches ethniques: celle du nord avec ses constructeurs de dolmens, et celle du sud qui, dans son patrimoine, avait apporté d'autres idées (û).
Je serais porté à croire que l'apparition du naturisme dans les arts correspondrait, pour les pays du Nord, au moment où Thégémonie passa des Médes aux Perses, que les coutumes de la Perside gagnèrent les provinces septentrionales de l'Empire, et que l'art spécial à l'état du fer est originaire du midi. Dans ce cas, ce serait vers le milieu du sixième siècle avant notre ère qu'il faudrait placer ce courant artistique si spécial.
Une partie de la tiédie, dira-t-on, appartint pour un temps aux Assyriens; mais les conquêtes niniviles définitives se trouvèrent être limitées aux districts des montagnes bordières de l'Iran et à quelques pays limitrophes, tels que le voisinage du lac d'Ourmiah et le Kurdistan de Moukri. Ailleurs l'Assyrie semble n'avoir guère opéré que des razzias.
Vers 722, des prisonniers Israélites furent déportés dans des villes de Médie (5;; mais ces villes |)ouvaient être situées dans le voisinage de la frontière naturelle entre l'Assyrie et l'Iran, telles Khoi, Ourmiah, Revandouz, Serdecht, etc. N'ai-je pas retrouvé, à Sihneh, une colonie israélite dont le langage est remarquable par les archaïsmes qu'il renferme \6) ?
En 713, Sargon soumet le petit État de Dayakkou (Déjocès), de
(1) Nécropoles de Djonii, Tiilii, Hivi-ri (Len- J. de Morgan, MUs. seau Cuucaxc, L I «l koran) de la Khevsoiirelliie, de Samlhn- Commission archéologique russe de Traiisvro, etc. Cf. J. de Morga.n, Miss, en l'erse, Caucasie, in Verliandluiujen der Derliner Ge- Op. cit., p. Wi. xellsrhuft fur Anthrop. Elhnol. u. Uryeschiclile,
(2) Cf. J. DE Morgan, Mi.^s. au Cauca.<<e. Op. Berlin. 18'.t'.t, p. 243 s(i ; l'.tOl, p. 81 sq : l'JOâ. \>. cit., p. 141, fig. 145: p. 162, fig. 182 à 185; p. 134, sq : ]>■ 221, s.|. La plupart des nécropoles 163, fig. 186 à 189; p. I(i4, fig. 190; p. 165, fig. explorées par celte commission apparlienneni ig^l. à l'étal du fer, sous iiilluence iranienne.
(3) Dans la ciselure persane moderne telle (4) L'usage de creuser dans les rochers les qu'elle se pratique surtout à Ispahan, on re- sépultures des rois et des grands est cerlaitrouve des traces évidentes de l'ancien art, nement chez les Perses une importation égyiisurtout en ce qui concerne les animaux, tels tienne.
que le houquetin. le cerf, le cheval, les oi- (h) liois, 17,6; 48, 11.
seaux. Quant au procédé de gravure.il e>l (6) Cf. J. de ^tloROA^, .Visaion scientifique en
absolument le même que dans l'anliijuité. Cf. Perse, I. V. Eludes linguistlipies.
ce personnage dont IJérodote fait le premier roi des Mèdes (1). Dayakkou n'était certainement qu'un roitelet sans importance; mais ses ancêtres et lui furent les fondateurs de l'un des plus grands empires asiatiques i'2'. Ses successeurs étendirent son pouvoir; Fravarti (Fraortès) ^3) réunit à sa couronne la Perse proprement dite c'est-à-dire les pays situés au sud d'Ecbatane (Ispahan, peut-être même Cliiraz), que des dynastes continuèrent à gouverner sous la suprématie méde (/i).
Le règne de Fraortès fut certainement encore une période d'incubation pour la souveraineté médique; l'autorité royale s'étendit et s'affermit à l'intérieur, l'armée s'organisa, s'aguerrit dans les luttes pour l'établissement de l'empire. Phraortès guerroya, non sans succès, contre Tsinive elle-même, et serra de bien près la capitale assyrienne, puisqu'il périt sous ses murs.
Avec Cyaxarès (5) (Huvacli-Scliatara), la Médie atteignit, sinon l'apogée de sa puissance, du moins une situation prépondérante en Asie. Organisée à l'assyrienne, elle se montre, dès ce temps^ sauf par la religion et par la langue, comme étant devenue un véritable Etat asiatique.
Ninive tombe sous les coups de Cyaxarès et de Nabucliodonosor et les deux princes alliés (6) se partagent l'Asie. Babylone étend sa domination sur la Syrie et la Palestine ; tandis qu'Ecbatane conserve l'Assyrie proprement dite, s'empare de l'ancien royaume d'Ourarthou, devenu l'Arménie par l'arrivée des
(Ij Les données que nous possédons sur la dien Geschiclile, |i|i. l'23. 1-24. — Floigl, Kyrua
succession des rois médes (Hcrodofe, I, XCV- und Heredol. pp. 'Jô-li:'.. — Unger, Kyaxares
cm. — Ctesias, Fr(iy;?i., 25, in Muller-Didot u. Auli/ai/es, pp. 39-41. — Prashek, Medien u.
Clesiae Cnidii fragmenta, i)[). 41-53), sont toutes d. Ilaus des Kyaxares, pp. 51-63): suivant Hé-
fanlaisisles. (Cf. Volney, Jiecli. s l'Uisl. anc, rodote, ce roi serait mort en combattant
I. I, p. 144, s(j. — MAiiQu.vitT, Die Assyriaka contre l'Assyrie.
des Ktesias, in Philologus. Sup., l. V, p. 562, (4) Les Mèdes, premiers arrivés dans
f-q. — G. Maspeiio, Hist. anc. peuples Or. ilass., l'Iran, se déveloi)pcrent vite au contact de
t. IIL 1890, p. 447, note 2.) l'Assyrie ; tandis -<pie les Perses, tenus à
f2) Ctesias (Diodore de S/ri'/e, IL 33;. donne l'écart des centres civilisateurs du Tigre et de
l)Our les rois mèdes la liste suivante : — rEujtlirale par les montagnards d'Anchan,
Arbace régna 28 ans. — Mandancès, 30.— demeurèrent pendant quelques siècles encore
Sosarmès, 20. — Artycas, 50. — Arbianès, 22. à l'état primitif; c'estee quiexpliijue pourquoi
— Artée, 40. — Arlynès, 22. — Astibaras l'hégémonie iranienne débuta par la royauté
(Cyaxare), 40. — Aspadas (Aslyage), 35. Cle- médique et pourcpioi aussi les Perses n'entrè-
sias, on le sait, était le médecin (ÎArtaserxès rcnt en scène que plus lard.
II et, par suite, les informations qu'il donne (5) Cyaxare = Houvaklichatara (Inscr. de
résultent de traditions postérieures de quel- Bisouloun, col. Il, 1- 15, 81, col. IV, 1. 19, 22.—
ques siècles seulement aux événements. Cf. .Justi, Eranische Nameiibuch, p. 140. — G.
(3) L'existence de Phraorte {Hérodote, l,<:u), Rawliisson, The five Greal Monarcliies, 2'' éd.,
Fravarlich ou Fravarti {Inscr. Bisouloan, col. t. II , pj). 414-415. — G. Maspero, Hist. anc.
H, 1. 14) est encore douteuse (Rawi.inson, peuples Or. c/ass.. I. III, p. 465).
Heredotus, t. I, PP- 330, 331. — The five («) Nabuchodonosor épouse Amytis, fille du
(irent Monarchies, %' éd., t. II, p. 883, note H».— roi mède. WiNCKLER, Untersuchunyen z. Allorienlulis-
(1) Cf. G. Maspero, Ilist. anc. des peuples de l'Orient classique, L III, p. 180
Ascaniens et conquiert la Cappacloce, encore peuplée en partie des débris des Hétéens. Enfin, sous un prétexte futile (11, elle entre en guerre contre les Lydiens (^2). Les Médes avaient trouvé, dans les dépouilles de Ninive, la soif des conquêtes.
Les faits qui suivirent la mort de Cyaxarès ne nous sont parvenus que très confusément. 11 y eut, semble-t-il, une période de repos, de décadence même, dans la valeur gouvernementale de la famille royale; et c'est cette période de faiblesse, représentée par Astyages, qui permit à Cyrus de faire passer le pouvoir des mains des Mèdes à celles des Perses.
Ecbatane (Hamadan) étant la capitale de l'empire de Cyaxarès, on a pensé, et moi-même tout le premier j'ai cru que le site de cette ville fournirait des indications utiles sur la nature ethnique et sur l'histoire des Mèdes.
Or, après avoir, pendant près de vingt ans, suivi les trouvailles qui se font dans ce site, je suis aujourd'hui convaincu que jamais il ne décèlera rien sur ces peuples, parce que les Mèdes, ne possédant pas l'écriture, n'ont laissé aucun document.
Une partie seulement des ruines d'Ecbatane se trouve sous les maisons de la ville actuelle d' Hamadan. Le reste des terrains antiques a été exploité, lavé par des indigènes; et jamais il n'a été rencontré le moindre indice relatif aux prédécesseurs des Perses. Inscriptions, cylindres, cachets sont tous babyloniens, assyriens ou achéménides (8).
Dans l'Elvend, où les stèles appartiennent aux successeurs de Darius (/i), il n'existe pas le moindre souvenir des Mèdes.
Je suis porté à croire que, si ces premiers Iraniens ont fait parfois usage de l'écriture, qu'ils connaissaient forcément j)ar leur contact avec Ninive, ils ont employé en même temps la langue assyrienne. C'est ainsi qu'aujourd'hui les Kurdes, bien que fort attachés à leurs dialectes, n'écrivent qu'en persan.
Il ne suffisait pas, pour écrire les langues iraniennes en caractères cunéiformes, de prendre les signes assyriens, babyloniens ou élamites et de les appliquer au dialecte qu'on désirait
(1) Le prétexte de la guerre fut la désertion (3) CI". J. de Moroan, Miss. se. en Perse, de quelques Scythes qui, fuyant le service de t. IV, 1" partie, 1805, p. 235, sq. Cyaxarès, s'étaient réfugiés en Lydie, chez le (4) Xerxes. Cf. J. Oppert, les Inscriplions roi Alyattes (618-561). Achéménides, 1851, p. 280. Darius. — .1. Oppért,
(2) Une éclipse (28 mai .585) mil fin à celte le Peuple et la Langue des Mèdes, 187ït, guerre et les deux Etats conservèrent leurs p. 191.
possessions.
l.A PnKPONDÉRANr.H ll'.ANIKNNE
transcrire ; il fallait les transformer, les mettre à la portée d'une ianii-iie indo-européenne, afin de lui conserver la valeur de ses voyelles. Ce travail ne pouvait se faire d'un seul coup; il s'opéra probablement dans le sud-ouest du domaine perse (1), et comme
La Perside à l'époque de Cyrus.
don d'avènement, Cyrus apporta aux Iraniens la fixation de leur parler méridional.
Au point de vue de la politique intérieure, la révolution qui fit de Cyrus le roi des Perses et des Mèdes fut de peu d'importance; le pouvoir passa simplement d'une tribu iranienne dans une autre,
(1) Les AclR-ménides, originaires d'Elani, avaient vécu dans un pays dès longtemps accoutumé à l'usage de iécrilure cunéiforme; il n'est donc pas surprenant de voir Cyrus, le premier d'entre eux dont l'autorité se soit
ai)pliquée au perse alors que dans son pays d'origine on l'employait couramment pour l'Assyrien cl l'Anzanile. La nécessité d'écrire les trois langues s'imposnnl, dés son avènement on appliqua à la langue iranienne les
tendue sur tout l'empire, introduire l'écriture principes du cunéiforme en les simplifiant.
de la famille de Déjocès à celle d'Achéménès (1). llien ne fut changé. Mèdes et Perses composèrent, comme par le passé, les forces militaires de Flùnpire, fournirent en commun les satrapes et les généraux, les j)ersonnages de la cour; l'armement demeura le même, ainsi que les méthodes de conquêtes et de gouvernement. Aux yeux de bien des peuples étrangers, des Grecs entre autres, les Perses de ^larathon, de Platée, de Salamine, étaient toujours des Mèdes.
Mais, en ce qui concernait la politique extérieure, la modification était capitale. Si les Mèdes étaient liés par traités avec Babylone et avec Sardes, le nouveau roi ne l'était avec personne; aussi devait-il user du droit du plus fort.
Cyrus n'était pas, comme on s'est plu à le dire, de basse extraction; il apj)artenait à une famille princière, ayant ses apanages en pays de langue élamite ("i). Ses ancêtres et lui-même étaient rois (seigneursi d'Anchân ou Anzan (3).
C'est en raison de leur origine que, dans leurs textes lapidaires, les souverains achéménides employèrent toujours trois langues: le babylonien, langage des Sémites, parlé depuis la Chaldée et l'Assyrie jusqu'à la Phénicie ; le perse, langue de l'Empire, et enfin l'anzanite (Zi;, idiome touranien alors en usage chez tous les montagnards du sud-ouest et dans la plaine susienne.
(1) Souverains acliémriiides :
Acliéménès.
Teispès, roi d'Ancliari.
Cambyses, id.
Cyrus, id.
Teispès, id.
Cyrus. id.
Cajubyses, id.
Cyrus, roi des rois, 5.5',l-5-2'.i.
Cambyses, id. 5-29-53-2.
[Gaumala, usurpateur;, 522-521.
Darius I", roi des rois. 521-i85.
Xer.xès I"', id. 485-46't.
Arlaxerxès l'S id. 464-424.
Xer.xès II, id. 424
Sogdianus, id. 42i-423.
Darius II, id. 423-410.
Arlaxerxès II. id. 410-358.
[Cyrus II, usurpateur".
Arlaxerxès III, roi des rois. 358-338 ?
Arsès. id. 338-.3.3C ?
Darius III, id. 336-331.
L'inscriplion d'Artaxerxès-Oclius (Cf. .1. Oi'i'ERT, Inscripliiins Acliéménides, 1850, p. 295) donne la liste complète des souverains de la Perse depuis Darius I", et contrôle par conséquent les assertions des historiens classiques sur leur succession. — Déjà, sous Arlaxerxès-Ochus, la langue |)erse était en décomposition et passait graduellement au
pehlevie, le texte d'Ochus regorge de fautes. (Cf. J. Oppert, op. cit., ]). 298.)
(2) Cf. Cylindre de terre cuite (H. Uawlinso.N, Journ. of Ihe royal Asial. Soc. N. S, 12, 70 et sq.) Cyrus ne se nomme pas lui-même et ne nomme pas davantage ses ancêtres jusqu'à Teispès, rois de Perse, mais désigne les rois de la ville d'Anchân.
(3) J. Ilalévy est le premier savant qui ail attribué à Cyrus une origine anchanile, c'està-dire élamite. (Cf. Rev. des Eludes juives ; juillel-sept., 1880, pp. .3-31. Annales de philosophie chrétienne, année 1880, pp. 570-574), et à rattacher les textes des troisièmes colonnes à la langue susienne. Inutile de dire que jamais J. Opperl ne pardonna à son savant confrère cette critique de son Peuple el Langue des Mèdes.
(4) Les nombreuses inscriptions élamitesauzaniles découvertes à Suse (Cf. V. Scheil, Mém. Délég. en Perse) ont prouvé que les pays d'Anzan et la Susiane étaient reliés très étroitement el parlaient la même langue. Cette langue avait survécu dans laNéo-Anzanite jusqu'au temps des Achéménides et se trouve dans la troisième colonne des textes de ces rois. Delallre (le Peuple et l'Empire des Mi'des, p. 52, sq.), reconnaissant que les Mèdes étaient des Anens, ne va pas jusqu'à retrouver dans la langue de la S' colonne le ])arler d'Anzan et par suite l'Elamite.
LA 1'IU:P()NDKHA\CE ihamfnne
<^n^K-¥fcmff!M^TI^ïïTVT<Tm^MeRM
\tHim mK^Wv^<r^m<m^K] n !<»- ïït
^< TTr-nT\TV TnàTr- ■'"^<s:«^l<\ «ÏÏ«M<^T<T
TTT«r<Kffr\^<rT ft\<K«ïï TTr-TffKTT^nT<-\
C'étaient là les langues officielles de la monarchie; mais, en cas de besoin, on ajoutait à ces triples textes Tidiome de la province où le document public devait être placé, si, dans ce pays, l'une au moins des trois langues officielles n'était })as comprise. C'est ainsi que, sur le canal des Deux-Mers en llgypte, un texte égyptien venait s ajouter aux trois autres et que, sur la plupart des vases d'allnitre acliéménides que nous trouvons dans les fouilles de Suse, le nom du souverain est exprimé en quatre langues ; parce que, fort j)robablement, ces vases étaient de fabrication égyptienne. C'est ainsi également que les satrapes de Phénicie et de Gappadoce firent graver sur leurs monnaies des légendes araméennes.
Perse Achéniénide.
Xerxès, roi Grand — roi des rois — nis de Darius — roi Achéméiiido (1).