‹ Les Premières illustréesChapitre 45 sur 97 · PATRIE · texte numérisé non relu

PATRIE

ment moulurée el ornée de statuettes et d'armoiries, et surmontée de la statue en pied du roi.

Le plafond à caissons compliqués et largement fouillés est en bois de cliêne.

Ce lever de rideau donne le frisson. Prés du loyer, le due d'Albe — Edouard de Reszké, qu'on dirait descendu du tableau d'Antonio Mor — est accoude la tête dans ses mains, sur une table couverte d"un tapis de velours aux armes d'Espagne et où brûlent lugubrement deux chandelles de < ire Au fond, immobile, maître Charles, le bourreau de Bruxelles, tout (!<• roujje vêtu. L'horrible

duo de Vargas etDelrio, griffonnant dans un coin des arrêts de mort, complèle ce tableau sinistre.

Rien de poignant et d'horriblement grandiose comme L'épisode de la dénon dation. C'est, d'ailleurs, un prodige de mise en scène. La Krauss s'y est élevée jusqu'aux plus hautes cimes de l'inspiration lyrique. Toute la salle était haletante et l'a frénétiquement acclamée. Le cri que pousse Dolorès, quand elle s'affaisse sous la brutale poussée du duc d'Albe, est entré dans tous les cœurs. On ne rencontre pas au théâtre beaucoup de scènes de cette envergure.

Il y a pourtant un rayon de pure lumière dans ce sombre tableau : c'est la plainte que soupire le duc d'Albe sur sa fille évanouie. Edouard de Reszké y est d'un pathétique qui vous remue jusqu'au fond de l'âme.

Le décor est de lîubé, Chaperon et Jambon.

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