ACTE
L'hôtel de ville. Un des chefs-d'œuvre, pour ne pas dire le chef-d'œuvre du maître Lavastre.
Un escalier monumental conduit à la salle des États. De grandes voûtes d'arêtes, aux fines nervures enchevêtrées et aux tympans ornementés, s'élèvent majestueusement au-dessus de piliers ornés de statues, de dais et de fines colonnettes. Ces piliers sont distribués de manière à livrer de grands passages à l'escalier qui, par plusieurs révolutions, monte de la salle inférieure à la salle haute. Sous l'escalier, une voûte surbaissée donne accès à une crypte d'où sortent les conjurés. A gauche, l'entrée d'un beffroi qui pénètre les voûtes.
11 fait nuit. Une vapeur bleuâtre estompe les détails et les silhouettes de cette architecture de pierre grise, comme il arrive, la nuit, dans les grands espaces intérieurs et quand il fait froid au dehors. Un pâle rayon de lune, pénétrant par une haute fenêtre, éclaire d'une lueurlivide une partie de la salle inférieure. Des statues décapitées et jetées en bas de leur piédestal gisent sur le sol.
On a fait une entrée à cet admirable décor comme on l'a fait à l'artiste en vedette.
L'acte qui s'y passe peut s'appeler l'acte de Lassalle. Il le remplit tout entier. Il faut dire aussi que le compositeur a fait la part belle à cet admirable tragédien lyrique. Tout ce qu'il chante porte en soi son elïet. Il a dû bisser les adieux au sonneur Jonas. Le morceau, du reste, est irrésistible, et je défie les plus sceptiques de l'entendre sans se sentir une petite larme au bout des cils. Je signale un commerce très lucratif aux ouvreuses : qu'avec des petits bancs elles nllïeut des mouchoirs,
Le rideau s'est relevé trois fois sur ce quatrième acte, qui sera le clou de Patrie, et qui, indépendamment des beautés musicales dont il est semé, de son puissant intérêt dramatique, comporte une mise en scène jusqu'à présent inconnue à l'Opéra.
Même décor au quatrième acte qu'au premier tableau du deuxième. 11 y