‹ Les Premières illustréesChapitre 57 sur 97 · V II A M E · texte numérisé non relu

V II A M E

Aussi M ilf Riverolles ne fait-elle pas ce qu'elle

Rien que le récitde cette vengeance imaginaire ne saurait s'entendre sans confusion.

si elle ne le contait pas, où sérail la leçon donnée au mari ?

LE MARQUIS

Mais c'est qu'on croit que c'est arrivé, el cela choque !

DORANTE

.Non ! on doute jusqu'à la tin; et, du reste l'auteur a su préparer si habilement cette résolution de Francine qu'un ne pense qu'une chose : c'esl que le mari n'a que ce qu'il mérite.

LE MARQUIS

Alors, quand on sait la vérité, il y n déconvenue.

DORANTE

Point! Car là encore l'auteur a déployé un art merveilleux : il n'y a pas déconvenue, parce que le mari l'a échappé si belle, il a frisé le danger «le si près, qu'on pense que la leçon a été suffisante, et qu'on est soi-même content que les choses soient allées de la sorte.

LE MARQUIS

Eh bien, Dorante, puisque vous indiquez le danger couru par M. de Riverolles, répondez, je vous prie, a cette question, si l'inconnu avec lequel Mmode Riverolles a soupe à la Maison d'Oravail été moins

galant homme et s'il avait exigé déjouer pour de vrai le rôle qui lui avail

été; attribue, que serait-il arrivé .

n un INTE .

D'abord, Marquis, nous le savons ions, les femmes ne vont que jusqu'où elles veulent aller ; ensuite, nié me en ad met la ni l'h\ po thèse indiquée par vous, la thèse reste inattaquable-, seulement la comédie aurait tourné au drame: M"1 de Riverolles se serait tuée, (die le dit : » Le monsieur n'a été pour elle que ce qu'aurail pu être un boisseau de charbon ou un flacon de laudanum ; elle aurait pris le poison après.

CLIMÈN I..

Elle aurait mieux fait de le prendre avant '. C'eût été plus propre !

DORANTE

\<in • puisqu'elle est sortie saine el sauve de l'aventure et qu'elle sera désormais respectée et aimée.

CLIMLNE.

Respectée? Peut-être! Mais respectable, c'est une autre affaire ! Aimée? Je n'y contredis pas! Mais trompée à nouveau, probablement! Je ne donnerais pus un fétu, pour l'avenir, de la vertu de M""' de Riverolles et de la tidélité de M. de Riverolles. Celui-ci, rassuré par l'issue de l'épreuve à laquelle il a été soumis, s'exposera bientôt à ce talion mitigé ; celle-là voudra tâter encore des aventures troublantes, et cette fois à bon escient, non avec un inconnu.

DORANTE

Oh! madame, vous imaginez là une suite à la comédie. L'exemple a

été donné dès longtemps ; mais qu'est-ce que cela prouve contre l'auteur? Par ce procédé toutes les suppositions sont possibles, et sauf la mort des personnages, laquelle tranebe définitivement toute question, il n'y a pas un dénouement qui résisterait à l'application de ce système.

Ainsi, après Tartuffe, vous pourriez affirmer qu'Elmire, ayant vu son mari crédule et lent à sortir de dessous la table, fera quelque jour Orgon, — peut-être avec Tartuffe lui-même ! — ce que Molière qualifie comme vous savez. Il n'y a pas de raison pour ne point prédire que la charmante Henriette des Femmes savantes, laquelle a sur le mariage des idées si justes, mais qui penche, elle l'avoue, du côté des sens et des grossiers plaisirs, prendra un... adjuvant à son mari, si celui-ci devient indolent ou trop vile empêché. Et Agnès, cette jeune fille innocente, qui n'est pas aussi bête que le croit Arnolplie, — il l'apprend à ses dépens!— que fera-t-elle une lois mariée à Horace? Si l'époux s'en tient au passé de l'épouse, certes la caution n'est pas bourgeoise! Et Alceste, que deviendra-t-il dans l'endroit écarté où il se relire? Quels seront ses regrets, ses désirs et ses résolu lions? L'imagination de Ions peut se donner libre carrière sur l'avenir, et bien des écrivains n'ont pas manqué de pousser plus avant dans la vie des personnages créés par eus ; mais le spectateur ne doit point risquer autrement que comme un jeu des conjectures hasardées. Quand la toile est tombée, il faut, madame, accepter pour exact l'état des eboses tel que l'auteur le montre et ne pas critiquer des solutions à l'aide d'hypothèses qui peuvent ne pas se réaliser, car la logique ni la mathématique ne règlent impérieusement les actions humaines.

CLIMÈNE

Enfin ! tout cela est un spectacle immoral.

ÉLISE

Que vous irez voir !

Pour en juger l'abomination !

DORANTE

l'.h ! ce n'est pas plus abominable que faux, car il n'est pas immoral de

FRANCILLON

proclamer la nécessité pour le mari de tenir ses engagements conjugaux,

et de montrer à quoi il s'expose quand il blesse le cœur de sa femme.

RECETTE DE LA SALADE JAPONAISE Acte 1"'. Scène II.

\ \ \ i mi.

\ i i liteS cuire îles pommes de terre dans du bouillon, vous les coupez en tranches comme pour une salad linaire, et, pendant qu'< Iles -"in encore ièdes, vous li - assaisonnez de sel, poivre, i rès bonne huile d'olives à goùl de fruit, vinaigre...

il k\ l: I .

\ l'esl -

L'orléans vaut mieux ■ mais c'esl sans grande importance; l'important, c'esl un demi-verre de \in blanc, chateau-Yquem, si c'esl possible. Beaucoup de Unes herbes, bâchées menu, menu.

Faites cuire en même temps, au court bouill

de très grosses moules avec une branche de céleri, Faites-les bien égoutter el ajoutez-les aux pommes de terre déjà assaisonnées. Retournez le

- II). Mil.

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