U RAME
Oh! ma chère, je vous répliquerai ce que Dorante, par politesse pour les femmes, n'osera pas vous répondre. Si le titre et la qualité de mère arrêtaient les épouses, il y aurait moins de femmes adultères.
Quelle traîtrise de tenir un pareil langage devant ces messieurs!
C'est que vous me forcez à défendre, fût-ce à nos dépens, l'auteur que j'aime; parce que vous l'attaquez avec vigueur par des arguments qui ne sont que spécieux. Non ! l'auteur de Francillon ne vous dit pas, comme on le répète à tort, que nous avons le droit à l'adultère banal; non, non! Il crie à l'homme que l'adultère appelle l'adultère, et cela ne saurait être contesté, car le mari qui ne donne pas de sujet de plainte n'est jamais abandonné par nous, vous le savez bien, ma chère.
CLIMÈNE
Je ne sais plus, ma foi ! que vous opposer, et voilà ce qui me fait regretter encore bien plus de n'avoir pu être parmi les privilégiées des premières représentations.