LES DOSSIERS JAUNES
tes collaborateurs du résultat final.
L'intrigue des Dossiers jaunes n'est pas plus mauvaise qu'une autre; elle ne brille pas par une originalité transcendante, mais elle est mouvementée et elle motive des mots aussi amusants qu'égrillards.
Maître Moncbevreuil est un avoué qui, en raison des nombreuses affaires de divorce qu'il est chargé de plaider, a classé, pour s'y reconnaître, ses dossiers suivant le degré des chances qu'ont ses clients d'être libérés de leurs chaînes matrimoniales. Ces ainsi que les dossiers jaunes sont réservés aux maris notoirement connus pour avoir été trompés et au profit desquels le divorce sera prononcé.
Or, tandis qu'il s'occupe de séparer les autres, le pauvre .Moncbevreuil s'aperçoit qu'il a droit, lui aussi, à un dossier jaune : il trouve son maître clerc aux pieds de sa femme.
Mais il ne plaidera pas, lui, il a un moyen de se venger bien plus sûr : il impose à son clerc et à sa femme l'obligation de vivre désormais
ensemble, et après les avoir flanqués à la porte tous les deux, il commence à flirter avec une baronne qui est venue le consulter.
Or, le clerc n'est pas du tout l'amant de la femme de l'avoué ;Ia preuve, c'est fille de la patronne du Grand-Cerf, à Fontainebleau, onchevreuil est un officier en garnison dans cette même ville de Fontainebleau , et les deux expulsés arrivent, l'un pour rejoindre sa fiancée, l'autre pour relancer son amant.
Le hasard veut que Monicvreuil ait aussi l'idée d'amener la baronne à Fontainebleau.
Vous devinez qu'il descend aussi au Grand - Cerf, ainsi que le mari de la baronne, qui n'est autre que M. Cbampagnol, lequel surprend sa femme avec l'avoué, et fait arrêter tous les vo} ageurs del'hôtel.
l.e il énoueuienl a lieu à la mairie, où les héros de cette aventure multiple,
après avoir passé la nuit au violon, s'expliquent tant bien que mal devant le commissaire.
Les femmes prouvent leur innocence d'autant plus victorieusement qu'elles sont coupables, et tout le monde est content... excepté l'auteur, qui aurait sans doute désiré que les applaudissements fussent plus nourris.
Nous ne sommes pas éloignés de partager sou avis, car sa pièce pouvait et devait être mieux accueillie.
Raymond, Galipaux et Mme Aubryssont drôles, mais il y a deux dames, nommées Mignon et Debay, qui sont bien insuffisantes, mais bien jolies.
DISTRIBUTION DE LA CRÉATION
Monchevreiii MM. RAI MOND.