‹ Les Premières illustréesChapitre 76 sur 97 · Y S US · texte numérisé non relu

Y S US

DE MM. OKDONNEAI ET \ ALABRÈGl I

Représentée pour la première fois sur le théâtre du Palais~Royal, le is mars 1881

Directeurs : MM. Briet el Dblcroix — ►« H ! ■■

Il n'y a pas ;ï dire, c'est un véritable triomphe que vient de remporter Durand et Durand, au théâtre du Palais-Royal; la comédie de MM. Ordonneau el Valabrègue a été aux nues, le soir de la première, el les spectateurs des repré sentations suivantes ne l'en ont pas l'ail descendre : soixante dix représentations, à l'heure où nous écrivons ces lignes, n'onl pas encore émoussé son succès, el ce désopilanl vaudeville se tient, comme aux pre miers jours, dans les régions aimées du maximum.

Albert Durand, l'illustre avocat, a pour cousin klberl Durand, le riche épicier... Lachaud el Potin !!

L'épicier, qui étail allé faire une saison aux bains de mer, arrive un beau soir dans un bôtel bondé de voyageurs; plus une seule ebambre libre on va le mettre à la poi te avec la sombre perspective de passer une nuilà la belle étoile, quand le maître d'hôtel aperçoit, écrit sur sa valise, le nom d'Alberl Durand. Ciel ' Uberl Durand . le grand avocat !!... el il allait le renvoyer II Hais il préférerait jeter dehors, deux, quatre, dix

voyageurs, tout son hôtel!... et il lui donne sa propre chambre. L'épicier a garde de protester, et, pendant tout son séjour aux bains de mer, il passe pour son cousin ; devenu éperdument amoureux d'une charmante jeune fille dont le père, également abusé, lui prodigue mille attentions, il demande la main de la demoiselle et le voilà conjoint en justes noces avec la fille de M. Coquardier, agronome à Mézidon, heureux et fier d'être allié au grand avocat Albert

Durand, alors qu'il n'est en réalité que le beau-père d'un vulgaire épicier.

Le malheureux Durand revenu à Paris avec sa femme et Coquardier ose d'autant moins leur avouer sa supercherie, que le bonhomme lui a déclaré qu'il n'avait consenti à ce mariage que parce qu'il était le célèbre Durand, et que sa femme elle-même lui a laissé entendre qu'elle ne saurait l'aimer s'il était un homme ordinaire, un épicier, comme son cousin l'autre Albert Durand, par exemple.

Sur ces entrefaites, arrive l'avocat, qui vient annoncer à Albert son prochain mariage avec M"c de la Haute-Tourelle ; nécessairement on le prend pour l'épicier, on le reçoit avec une froideur marquée, et Coquardier va même jusqu'à lui faire comprendre qu'on ne tient pas autrement à avoir des relations plus suivies avec lui. L'avocat trouve la famille du cousin un peu sans gêne, mais peu lui importe, et il s'en va.

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