‹ Les Premières illustréesChapitre 85 sur 97 · DE MM. PIERRE DECOURCELLE ET HENRY KÉROUL · texte numérisé non relu

DE MM. PIERRE DECOURCELLE ET HENRY KÉROUL

Représentée pour la première fois sur le théâtre des Menus -Plaisirs le 20 mars 1887

Directeur : M. Blandin

Ce tiçre a nom Casimir Mouton, un brave employé des contributions directes, doux comme son homonyme à quatre pattes et qui, à demi etoulle par la foule le lk juillet, au feu d'artifice du Champ de Mars, a, en voulant se dégager envoyé sa main sur le visage d'un de ses voisins. Justement M Orgelet un inoffensif fabricant de pâtes alimentaires à Chantilly, se croit poursuivi par le capitaine Brochart avec qui il a eu maille à partir un soir, au concert des Ambassadeurs ; ce qu'il cherche, c'est un gendre qui puisse prendre la suite de sa querelle et au besoin se battre avec le soudard ;... il croit l avon trouvé en la personne de Mouton et il lui offre d'emblée la main de sa lille, que Casimir accepte, car il aime depuis longtemps la petite qui demeure en face de chez lui. Au déjeuner d'accordailles, qui emplit tout le premier acte,

LFS VACANCES DO MARI \i.l . 21 1

Mouton, voulant soutenir sa réputation de batailleur, cherche querelle à un pauvre garçon do restaurant avec lequel il s'arrangera, pense-t-il, pour une vingtaine de francs; mais, au moment où il va gifler le malheureux porteserviette, celui-ci se baisse el c'est le vicomte de Sainte-Anémone, le propre rival de Mouton, qui reçoit le soufflel ; d'où provocation, échange de cartes el tout ce qui s'ensuit. Toutefois, Mouton, prudent comme un lièvre, persuades son beau-père que le duel doitavoirlieu à Chautillyel file avec sa future famille.

Il y est rejoint par Sainte-Anémone el son oncle, le capitaine Brocbart, qui servira de témoin à son neveu, et ions nos héros se retrouvent à la gare de Chantilly. .Mouton et Orgelet, tremblants, se déguisent, l'un en homme d'équipe, l'autre en lampiste; ici se place une sc( qui a fort diverti : Mouton

doit, par ordre du chef de gare, faire dessignaux pour annoncer a l'express que la voie n'es! pas libre et demande conseil à Orgelet, qu'il prend pour un véritable lampiste; Orgelet, qui n'entend absolument rien au code des signaux, lui donne une leçon tout à l'ait fantaisiste, el il arrive que notre Mouton empêche le tamponnement de deux trains.

Enfin, le troisième acte dénoue la pièce à Erquelines, à l'hôtel de la butte de Nevers, spécialité pour duels; là. Mouton, toujours poursuivi par Brochart et Sainte- Anémone, qui l'ont rejoint, a une scène avec sa fiancée, qui lui déclare qu'elle ne saurait être la femme d'un poltron -, l'amour l'a rendu brave, il fait crânement le coup de l'eu avec Sainte-Anémone, et il veut même en découdre avec le terrible Brochart: mais celui-ci décline la rencontre; Mouton vient de faire ses preuves, et il le tient pour un brave à trois poils.

Tant de prouesses désarment Mariette, qui lui avoue qu'elle l'aime, et le mariage aura lieu le lendemain.

Cette folie, écrite gaiement et sans l'ombre de prétention, semée d'incidents drolatiques et de "mots heureux, d'un mouvement endiablé au deuxième acte, a réussi agréablement.

Elle a été, du reste, fort bien enlevée par l'inimitahie Saint-Germain, qui n'a jamais été plus amusant, ainsi que par MM. Montcavrel, Chambéry, Larcher, Numas et M""* Ollivier, Toudouze et Joissant.

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