LES VACANCES DU MARIAGE
DE MM. ALRIN VALABP.ËGl'E ET MAURICE II EN NI'.oLIN
Représentée pour la première fois sur le même théâtre le 12 février 1887
En ce temps-là. une beauté régnait à Royat, sans partage-, c'était une fille de la libre Amérique, miss Edith Harrisson. Cette beauté avait pour soupirant assidu un jeune banquier, nommé Paul Jolimont, ami d'un certain Baligan, un négociant qui reste a son comptoir onze mois par an et vient invariablement passer le douzième à Royat, où il descend toujours au même hôtel ; de son côté, Jolimont est le modèle des époux — car il est marié — pendant onze mois, et il folichonne le douzième : c'est ce qu'il appelle son douzième provisoire ou les vacances du mariage.
Or miss Edith n'est qu'une sorte d'aventurière cherchant une dupe pour
re épouser et flanquée d'un oncle fantoche qui fait le ro lomont et signifie
a Jolimont que, ayant compromis sa nièce, il n'avait plus qu'à lui donner s. m
nom sous peine de se faire couper les oreilles. Jolimont consent à tout pour
gagner du temps.
Malheureusement, sa femme et sa belle-mère surviennent, et voilà le pauvre banquier au supplice : les quiproquos se succèdent sans interruption et aussi les éclats de rire, jusqu'à ce qu'enfin, au troisième acte, Jolimont
apprenne par une dépêche d'un de ses amis, employé à la préfecture, que la chaste Edith n'est qu'une rôtisseuse... de balais, surnommée le Niagara à cause de ses chutes. En vain l'oncle redouble de fanfaronnade, Jolimont se déclare à ses ordres et le Yankee se dérobe comme un simple poltron qu'il est.
Quant à la morale de la pièce, elle se dégage d'elle-même. Jolimont ne prendra plus de douzième provisoire ou, s'il en prend un, ce sera avec sa femme.
Les Vacances du Mariage ont obtenu un grand succès; l'intrigue n'en est peut-être pas absolument nouvelle, mais il y a tant d'esprit dans ce dialogue vif et pétillant, les situations en sont si amusantes et si habilement nouées et dénouées, que le public n'y a pas pris garde et qu'on a beaucoup ri.
La pièce est jouée avec entrain par MM. Montcavrel, Larcher, Ghambôry, et Mmes Toudouze, Ollivier et Debray.
DISTRIBUTION DE LA CRÉATION