DON JUAN DE MARA.NA
dément; il va plus loin, il fait Mtonner et chasser don José. Sa fiancée se précipite dans le Mançanarès. J'oublie en chemin bien des petits crimes ; je laisse tomber à dessein quelques forfaits pour alléger mon analyse. Parvenu à un assez joli degré de perversité, don Juan rencontre dans une posada un bravache de son espèce, un fier-à-bras avec une grande plume au chapeau et une grande épée au côté, don Sandovald'Ojedo, qui marque sa place à une table en disant : « Je vais donner une sérénade à dona Inès, comtesse d'Almeida; s'il y a quelqu'un à Madrid à qui cela déplaise, il me trouvera sous ses fenêtres! » Naturellement don Juan de Marana s'assoit à cette place marquée; le Sandoval revient et s'étonne, comme un spectateur de l'orchestre qui trouverait sa stalle occupée. Don Juan tue don Sandoval, après lui avoir gagné au jeu sa bourse, sa chaîne, l'agrafe de son manteau, son château dans les Algarves, et, par-dessus le marché, sa maîtresse, dona Inès, comtesse d'Almeida. Rafaël Garrucci et Hannibal Desiderio ne font pas mieux dans les Marrons du feu. Mais la comtesse d'Almeida, pas plus que la Camargo, n'entend se laisser passer à l'ordre d'un inconnu; elle s'empoisonne, après avoir inutilement tenté d'empoisonner don Juan, et en lui recommandant (l'imprudente I) d'aller trouver sa sœur, Novice au couvent de Notre-Dame-du-Rosaire, et de l'informer de sa mort.
Continuons. Don Juan au couvent, c'est le loup dans la bergerie. Il voit sœur Marthe et s'en éprend; ici commence la partie sentimentale du drame ; il serait trop long d'expliquer comment sœur Marthe est