‹ Les premiers almanachs canadiens [microforme]Chapitre 15 sur 15 · cest à toi que j'adresse ces vers · texte numérisé non relu

cest à toi que j'adresse ces vers

Quand je vois tes talents restés sans récom- [ pense.

J'approuve ton dépit et ton impatience,

Et je tombe d'accord que nous autres rimeurs

Sommes toujours en butte à Messieurs les rail-

[leurs.

Je sais qu'à parler vrai ta muse un peu gros- [sière

Aux éloges pompeux ne peut donner matière, Mais entn tu fais voir le germe d’un talent Que doit encourager tout bon gouvernement,

Les autres matières devaient être emprunt'es à des publications étrangères. C'étaient une idylle, des chansons, des énigmes, des anecdotes dans lesquelles la note galante prédominait, |

Je pourrais prolonger indéfiniment cette incursion dans le domaine du passé, exhumer quantité d’autres souvenirs rétrospectifs aussi intéressants les uns que les autres, mais cela m'entraînerait à des développements trop considérables et qui à la longue finiraient par être fastidieux.

Ce que nous avons glané du reste dans ces bouquins, vieux d’un siècle suffit à notre curiosité et donne une ide à peu près exacte de ce qu'ont cté les premiers almanachs publiés au pays et de ce qui entrait dans leur composition,

Qu'il soit bien compris que je n’entends pas assigner à ce genre de publication plus d’importance qu'il n'en mérite. Je ne saurais cependant refuser de reconnaître qu'avec les perfectionnements qu'on a apportés à sa confection, et avec la multitude de renseignements dont il fourmille, l’almanach constitue un livre tort intéressant à consulter et qu'il s'est popularisé à ce point qu'il est devenu l'hôte favori de presque toutes nos familles. À la campagne, pour ceux de nos bons villageois qui savent lire, l’almanach, porteur du calendrier, porteurs des notions de toute espèce sur l’agriculture, sur la science culinaire, et bondé de statistiques, contribue avec le journal à charmer les loisirs des longues soiréos de l'hiver.

Quant aux premiers almanachs canadiens, ils ont de plus, à mes yeux, le mérite d'être un reflet du passé, reflet modeste, il est vrai, mais projetant encore asesz de lumière pour

antennes ee » more ornirhingn trs e atteste rs . ne à he 0

ae men ee nee

nous éclairer sur le rouage social à la fin du X VIlième siècle et sur les personnalités marquantes de la génération disparue.

J'ajouterai qu'ils ont un autre titre à notre respect et à notre considération. Sans être des recueils de littérature—la littérature canadienne ne s'était pas encore d‘pouillée de ses Janges—nos almanachs marquenë avec Île premier journal de Brown et Gilmore, louverture d'une tre nouvelle, et sont pour ainsi dire, les premitres fleurs “closes au pays dans le champ des manifestations de l'esprit humain. Ils n'ont ni le fini, ni le coloris, ni l’érudition des livres ou des journaux qui les suivront, mais ils ont l'insigne mérite—dans un temps où l'imprimerie était à ses, premiers essais au Canada—de nous avoir Kgué des matériaux dont nous nous emparons chaque jour pour édifier notre histoire.

En résumé, les premiers almanachs canadiens resteront pour nous des reliques précieuses, presque sacrées, des livres que l'on feuilietera avec autant de profit que de plaisir, parce qu'ils s'intéressent constamment à notre enfance comme peuple,parce qu'ils nous parlent de ce que nous fûmes et nous laissent prévoir ce que nous serous,

‘ouainsi dans hu- 'Érusuis un miers , des aque

Cana-

pré- > Jon plaient à s NOUS

uissent

TT

Page 1