‹ Les premiers almanachs canadiens [microforme]Chapitre 8 sur 15 · LE *, 44 À · texte numérisé non relu

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fl 1848, qui dévora le parlement installé à cette fl ha Li \ » A

nl époque à Montr{al, En exceptant donc la col- HE. des bribes, des- parties de collection qui ne A . . 74

11É laissent point d’être fort respectables, et que

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thèques publiques et privées. (2)

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1—Le même M. Neilson possède la série complète de l'ancienne Guzette de Québec, fond{e en 1764 par Brown et Gilmore et continuée par les Neiïlson.

2— Ainsi la bibliothèque de l'Université Laval, celle du parlement fédéral et la bibiiothèque du palais cardinalice possèdent la collec-

HF tion dd 1800, avec quelques volumes seulement ( antérieurs à cette date. Quatre à cinq bibli- À É

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C'est bien à tort que certaines gens s’imaginent que les anciens almanachs canadiens publiés à une époque où le mouvement littéraire ne s'accusait pas encore nettement, sont absolument dépourvus d'originalité et n'offr. ent, pour toute pâture au lecteur du siècle qui a préc{dé le nôtre et même au bon public de la première nartie de l’ère actuelle, qu'un amas de fastidieuses statistiques, qu’une nomenclature sèche et aride ou encore trop surchargée pour être de digestion facile. Les fondateurs de l’almanach canadien--disons-le à leux honneur,—eurent le bon esprit, pour donner une forme piquante à leur recueil de compilations, de s'inspirer des ouvrages du ophiles québecquois, MM. Cyrille Tessier, Philippe Landry, Philias Gagnon et Thomas Chapuis, ont réussi aussi à sauver de la destruction des parties essentielles de la eollection Neilson ; quand à la collection de Brown, elle se résume à quelques exemplaires seulement et est assez difficile à rencontrer. L'Université Laval possède le premier almanach de cette dernière série, ceux de l’année 1780 et de l’année 1783, #7 fape fantute

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même genre, publiés en Angleterre où ils ||158 étaient déjà en grande faveur. On peut même | avancer, sans crainte de tomber dans lexagération, que le The Royal Calendar ou le Rider's British Merlin, imprimé un peu avant la fin du dix-huitième siècle, ont dû servir de prototype à nos premiers almanachs, tant l’analogie entre les recueils anglais et les nôtres est frappante., Mesplets, Brown et, après eux, les Neïlson paraissent leur avoir émprunté, dans une large mesure, leur manière d’exposer les sujets aussi bien que leur mode d’agencement des matières. La différence n'existe que dans les noms et les matières elles-mêmes, qui étaient de facture essentiellement canak dienne.

La gravure qui n'avait pas encore atteint, dans Ja moitié de l’autre siècle, ce degré de perfection qu’elle à acquis depuis, fut néanmoins utiliste pour nos premiers almanachs.

(1) Cette gravure se résumait dans une étampe que l’on faisait figurer au frontispice du

Je ne parle ici que de l’almanach de own, car celui de Mesplets n'était pas

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livre et. représentant en perspective l’Zmprimerie avec cette inscription ‘ Cause du progrès de la raison et de l'avancement des arts et des sciences.”

Ces étampes qui se sont renouveltes deux à trois fois dans les commencements de l’almanach n'étaient point—cela se conçoit —de provenance canadienne, On les achetait au rabais en Angleterre où aux États-Unis, après qu'elles eussent servi à orner le frontispice d’autres recueils.

Comme conclusion de ce chapitre, je dirai que le Bas-Canada était le seul endroit du pays où se publiaient des almanachs en 1780. La province d'Ontario n’a vu fleurir chez elle l'almanach que vingt ans plus tard, en 1800 ou 1801. |

J'ai déjà eu occasion de noter que les almanachs de Brown et de Neilson possédaient une qualité et une très grande qualité : celle de s'attacher à des sujets essentiellement cana. diens. Cette particularité constitue peut-être leur principal mérite,

Les grandes hgnes de l'histoire ne sont ici à la vérité qu'ébauchées, mais, par contre, quelle mine intpuisable d'informations, quel immense répertoire de faits et de menus faits pour ceux qui aiment à vivre du passé ! L'observateur ou le chercheur peut suivre à la piste, année par année, la marche progressive de la colonie, le développement du commerce et de la marine, le mouvement de la population, les divers régimes qui se sont succédés, en même temps que s'initier au fonctionnement de la machine administrative, les douanes, le revenu, le service des postes, etc.

Je viens de mentionner le service des postes. Cela m'amène à parler du mode de transport des mailles à cette époque reculée et du voiturage ordinaire des voyageurs. C’est peutêtre l’une des pages les plus curieuses à consulter dans l’almanach de Neilson,

Sillonné comme l’est aujourd'hui notre pays par un vaste réseau de chemins de fer ; habitués comme nous le sommes à franchir par eau et par terre, en quelques heures, d’énormes distances, le lourd et modeste véhicule dont se servaient nos pères pour se transporter d’un lieu à un autre, dans les paroisses du

bas du fleuve ou à Montréal, nous paraît bien primitif. Les Canadiens du dernier siècle s’accommodaient pourtant de-ce voiturage assez peu expéditif qui aurait effarouché nos contemporains presque gâtés par la double découverte de l'application de la vapeur et de électricité à la navigation et aux chemins de fer. Il est vrai que l’on ne se déplagçait alors que pour d'assez graves raisons, surtout en hiver, et qu'avant de pousser une pointe à Montréal, ou même de rendre visite à un parent qui avait installé ses pénates aux Trois- Pistoles, l’on se consultait plusieurs semaines auparavant. La longueur de la route, les in.

tempéries de la saison d’hiver et d'automne, les relais ennuyeux à force de se répéter et, par-dessus le marché, la prespective d’être ballotté dans une calèche aux ressorts détendus, tout cela n'avait rien d’absolument engageant. Et puis le voyage résolu, il restait encore au voyageur une précaution de première nécessité à prendre. Il lui fallait conférer avec le maître de poste qui était alors un rouage excessivement important dans l’organisation sociale, s'entendre avec lui sur la date du départ, et obtenir enfin de sa bienveillance l’insi-

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gne faveur de s'installer sur les coussins moëljeux—quand il y en avait—de la calèche traditionnelle. Puis, quand tout était prêt, passagers et colis, l'on se mettait en route pour Montréal,

Comment se faisait le trajet ? Quelle était sa durée ? Il n’y avait rien de fixe à cet égard. L'état de la température, plus encore l'état des chemins, la vigueur du coursier qui était rarement à la hauteur du portrait flatté qu'en faisait l’automédon, toutes ces causes, dis-je, devment influer sensiblement sur la rapidité de la course.

L'on comptait au moins trente-trois relais de Québec à Montréal. L'almanach de Ncilson, en 1791, en fait foi et c'est encore à lui que nous devons de connaître le nombre de milles à parcourir entre chaque poste, la note à payer, et Jusqu'au nom des différents maitres de poste chez lesquels on faisait relâche. Je ne résiste point au désir de vous communiquer cet intéressant tableau.

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