‹ Les premiers éléments de la science de la couleurChapitre 20 sur 23 · TABLEAU IX · texte numérisé non relu

TABLEAU IX

appareils, il est bon, à l’occasion du tableau VIII, de dire comment on procède pratiquement pour diminuer une couleur d’intensité et pour conserver l’aspect des tons ainsi obtenus.

Le procédé consiste à placer devant l’orifice noir un secteur coloré (qui est ici le jaune-orangé n° 1 du tableau VI), associé à un petit secteur blanc ; faire tourner rapidement et copier aveu des matières colorantes couvrantes. On peint le mélange coloré que l’on a composé, sur un morceau de papier fort. Pour donner de la solidité à cette peinture à l’eau, il faut employer une dissolution de gélatine pour délayer les poudres colorées ; si l’on employait de la gomme, on s’exposerait à voir l’enduit s’écailler. Quand la peinture est sèche, on découpe dans ce bout de papier un petit disque, à l’aide de l’emporte-pièce, et on le place devant les secteurs sur le même axe, en le maintenant en place avec l’écrou.

En mettant en rotation rapide, on peut comparer et juger si l’on a réussi. Dans le cas contraire, on corrige le restant du mélange coloré et on recommence, autant de fois qu’il le faut, ces opérations jusqu’à ce que l’on soit arrivé à une ressemblance parfaite.

11 faut souvent de longs tâtonnements pour imiter exactement l’aspect du disque. Quand ce résultat est obtenu, on peint avec le mélange qui a réussi, une grande feuille de papier préalablement tendue sur une planche à dessin, et on laisse sécher à l’air.

§ 50. Contrôle. — Ceci étant fait, il faut contrôler le travail * dans ce but, on découpe dans la feuille un petit disque fendu, à l’aide de l’emporte-pièce, et on constate si la couleur du papier possède la même complémentaire que la couleur du secteur. On opère ainsi qu’on l’a expliqué figure 2, en cherchant par tâtonnements l’angle des secteurs des deux couleurs complémentaires qui donne le gris parfaitement incolore. (Voir tableau I, figures 1 et 2.}

§ 51. Données numériques relatives aux dix tons du ta-

BLEAU. — Voici la composition des disques dont le tableau VIII représente la copie :

Colonne

Colonne

Surface

de gauche.

de droite.

équivalente.

j Secteur coloré

\ Secteur blanc

j Secteur coloré

/ Secteur blanc

J Secteur coloré • ^ .

( Secteur blanc

i Secteur coloré

j Secteur blanc

i Secteur coloré

\ Secteur blanc

Le secteur coloré est le no 1 du tableau V, sa surface équivalente étant 100.

En examinant les chiffres de ce tableau, on voit :

1" Que l’angle du secteur cploré croit comme les nombres 1, 2, 4, 8, 16, c’est-à-dire selon les termes d’une progression géométrique ;

2" Que pour chaque secteur coloré, d’un angle déterminé, on a fait deux tons qui ne diffèrent entre eux que par l’angle du secteur blanc. Deux tons obtenus dans cette condition possèdent même intensité de coloration, mais leur intensité lumineuse est différente, la sensation du blanc venant s’ajouter à celle de la couleur.

§ 52. De l’influence du blanc isiélangé a la couleub. — Il est aisé de constater, en comparant les deux tons dérivant d’un même secteur coloré, que non seulement l’addition du blanc éclaircit la couleur, ce qui ne saurait surprendre, mais quelle fiait paraître le ton clair bien moins coloré que le ton foncé.

Toutes les couleurs de la colonne de droite ont exactement même intensité de coloration que celles qui leur correspondent dans la colonne de gauche et, cependant, elles paraissent incontestablement moins colorées. La différence sérail encore bien pins saisissante, si les teintes de la colonne de gauche eussent pû être

obtenues elles-mêmes exemples de blanc, mais cela n’a pu se réaliser, ainsi que je l’ai expliqué plus haut.

La conclusion à tirer de cette comparaison, c’est que le mélange de la sensation du blanc avec celle d’une couleur, dont l’intensité a été affaiblie, nuit beaucoup à la sensation de la couleur d’une manière générale, et notre œil a de la peine à s’y reconnaître; il n’est pas juge de l’égalité de l’intensité de coloration des deux tons.

§ 53. Propriétés des tons d’égale intensité de coloration. — Mais si l’on veut comparer la différence qui existe entre deux teintes consécutives de la colonne de droite, à celle des types correspondants de la colonne de gauche, on reconnaîtra que cette différence n’est guère plus faible dans la colonne des tons clairs que dans celle des tons foncés.

D’où cette autre remarque : qu’avec des tons clairs on peut obtenir des effets de contraste aussi accentués, que par l’opposition de tons foncés, si on n’a en vue que la couleur. Cette observation peut être souvent mise à prolît dans les arts. Il y a des genres qui ne comportent pas de couleurs foncées, comme par exemple la décoration des murs. Le mur doit concourir à l’éclairage de la salle et ne doit pas paraître noir.

A l’aide des tons clairs, tels que ceux du tableau VIII, on peut obtenir des effets d’opposition, sans avoir recours à des tons foncés.

On peut reproduire l’effet de contraste entre tons clairs par une expérience fort simple, qui consiste à placer un papier transparent sur un dessin peint avec des couleur.s très vives et foncées.

La sensation du blanc produite par la vue de ce papier s’ajoute à la sensation de la couleur qui paraît à travers; l’opposition des couleurs reste, mais l’effet d’ensemble est souvent supérieur à celui du dessin vu directement.

Les tons d’égale intensité de coloration trouveront dans l’avenir, j'en suis convaincu, de fréquentes applications.

Ils possèdent en effet une propriété spéciale, qu’il est utile de faire ressortir.

Une surface qui est peinte de divers tons d’une même teinte présente en réalité une coloration uniforme sans que nous en ayons conscience. Si nous distinguons les tons entre eux, ce n’est pas par leur coloration qui est la même pour tous, mais par la répartition de la lumière blanche entre eux ; les uns sont plus foncés, les autres plus clairs ; il n’y a entre eux d’autre différence que celle qui existe entre un gris foncé et un gris clair.

Pour bien se rendre compte de cette condition toute spéciale, que l’on se ligure une surface peinte en blanc, en gris et en noir, et que l’on vienne appliquer sur cette surface une gaze très fine, mais colorée.

La présence de cette gaze jettera sur le tout une teinte uniforme ; le blanc, le gris et le noir qui s’apercevront à travers les mailles fines du tissu apparaîtront colorés; et ils le seront indubitablement de la même manière, ainsi que cela ressort des conditions de l’expérience. On aura ainsi plusieurs tons de même intensité de coloration, ne différant que par la proportion de blanc qui s’ajoute à la sensation de couleur; le ton clair, produit par le blanc apparaitra à peine coloré ; le maximum de coloration se verra sur le noir.

La particularité qui distingue ces divers tons, c’est qu’ils ne présentent entre eux aucun contraste de couleur.

Il n’y a d’autre opposition que celle qui résulte du blanc, du gris et du noir. Je crois que c’est cette particularité qui rend si agréable à la vue une surface colorée d’après ce principe. J’ai eu l’occasion d’en faire plusieurs applieations, et selon l’avis de connaisseurs, avec succès.

Corrections relatives au tableau VIII

Les différences entre le modèle et la reproduction sont assez grandes, sinon quant à la nuance, qui est bonne, du moins sous le rapport des intensités.

Voici

les chifïres

vrais déterminés sur

le papier peint

même :

Colonne

Colonne

Surfaces équivalentes

(le gauche.

de droite.

gauche.

droite.

Secteur coloré .

Secteur blanc .

Secteur coloré .

Secteur blanc .

Secteur coloré .

tu

Secteur blanc .

Secteur coloré .

Secteur blanc .

Secteur coloré .

Secteur blanc .

Page 1