‹ Les premiers éléments de la science de la couleurChapitre 21 sur 23 · TABLEAU IX · texte numérisé non relu

TABLEAU IX

Dégradation du bleu complémentaire de l’orangé-

jaune.

§ 54. Matières colorantes qui ont servi a l’exécution de CE TADLEAU. — Pour obtenir les couleurs du tableau n” IX, on a composé un mélange de vert Guignet et de bleu d’outremer de manière à ce que la couleur n“ 1 fût complémentaire du jauneorangé n” i du tableau V ; il est du ton complémentaire du n“ 1 à 5 du tableau VI, et de tous les tons du tableau n" VIII.

Les tons 2 à 5 ont été faits en mélangeant du sulfate de baryte, du bleu d’outremer et du vert Guignet de manière à avoir des couleurs de plus en plus claires, mais toujours complémentaires du même jaune-orangé.

§ 55. Données numériques des 5 tons de la colonne de GAUCHE. — Voici maintenant les données numériques relatives à ces 5 couleurs ;

Angle des secteurs nécessaires pour produire avec la couleur 1 du tableau V, la

sensation du blanc.

Numéros

Angle de l’orangéjaune.

Angle du bleu com- Angle du secteur blanc plémentaire. donnant le même gris.

eu

§ 56. Influence du mélange des matières blanches sur le

POUVOIR COLORANT DE l’OUTREMER. — Le POUVOIR COLORANT AUG- MENTE jusqu’à une certaine limite. — Le ton clair est plus INTENSE QUE LE TON FONCÉ. — Ces résultats numériques sont un exemple d’un phénomène très remarquable, qui se rencontre fort souvent, mais qui offre quelque chose d’inattendu. Il semble à première vue qu’en mélangeant une poudre blanche dans une poudre bleue on devrait en affaiblir la couleur, c’est-à-dire en diminuer l’intensité de coloration.

Mais ici c’est précisément l’inverse qui se présente.

Les n°® 2 à 5 possèdent une intensité de coloration bien supérieure au n'’ 1, ainsi que l’indique la mesure de l'angle du secteur orangé-jaune' nécessaire pour produire du gris avec chacun de ces tons bleus.

Eh effet, si l’intensité de coloration du mélange avait diminue, il aurait fallu un secteur orangé-jaune plus petit pour neutraliser le bleu complémentaire; or il faut un angle plus grand, donc la valeur de la coloration a augmenté d’uno quantité exactement donnée par l’expérience.

J’exprime cette valeur en surfaces équivalentes laquelle possède une signification pratique: c’est la surface que doit occuper chaque ton bleu si on l’associe à une surface de jaune-orangé (n" 1 du tableau V), représentées par 100.

Numéro 1 2 3 4 5

Surface équivalente. . 164 113 95 77 87

L’oraiigé-jauue qui a servi à ces mesures est le u° 1 du tableau V.

Cette surface diminue à mesure que l’intensité de coloration augmente; cette dernière, ainsi qu’on le voit, croit à mesure que la couleur devient plus claire, cependant il y a une limite qui correspond au n° 4, où elle est plus du double du n" 1, puis elle commence à décroître. — Mais le ton le plus clair possède une intensité de coloration encore supérieure à celle du n" 3, et à plus forte raison que celle du n° 1 , qui est faite avec les matières colorantes sans mélange de matière blanche.

§ 57. Comparaison de cette gamme avec celle des gobelins; DE l’influence DE l’ÉDUCATION SUR NOS JUGEMENTS. — Pour obtenir ces 5 tons ayant même complémentaire, il a fallu employer de moins en moins de matière verte à mesure qu’on a éclairci la couleur par de la matière blanche; pour ce motif l’esprit juge que les tons clairs de cette gamme sont de moins en moins verdâtres, c’est-à-dire de plus en plus rapprochés d’un bleu voisin de l’outremer qui est un bleu violacé. En comparant celte gamme avec celle des Gobelins, on trouve que les 5 tons corres-

pondent aux tons suivants :

Numéro i 4® vert-bleu lO*" ton.

— 2 5® vert-bleu 11® —

— 3 1®^ bleu 7® —

— 4 1®'' bleu 6® —

— 5 entre bleu et 1®' bleu 5® —

Or du 4® vert-bleu au 1®'' bleu, le cercle chromatique des Gobelins représente 4 gammes, la première la plus voisine du vert, la dernière la plus rapprochée du violet. Les teinturiers des Gobelins, se basant sur leur expérience du mélange des matières, trouveraient donc les tons clairs de ma gamme plus violacés ou moins verts que les tons foncés, tandis qu’en réalité ils représentent la dégradation exacte d’une seule et même couleur, puisque tous les tons ont même complémentaire.

Cet exemple donne une preuve de plus que l’éducation de notre œil, dans l’état actuel, n’est pas faite; car nous jugeons les cou-

leurs par l’esprit en les comparant avec le résultat que donnerait le mélange des matières.

§ 58. Matières colorantes dont les tons clairs sont plus

Page 1