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LE PARTI CATHOLIQUE VERS iSjS 2^']

Les renseignements que nous possédons sur l'épiscopat de Médek ne sont pas beaucoup plus édifiants : toujours la même disette de prêtres, les usurpations des seigneurs, la détresse matérielle et morale, l'ignorance des curés, leurs défaillances dogmatiques et morales, les scènes de scandale ordinaires, les rixes, l'ivrognerie, les mariages clandestins. Les prêtres ne portent pas le costume ecclésiastique, se promènent en armes, se battent avec leurs paroissiens, s'empoignent avec les prédicateurs utraquistes. A conduire ce troupeau, les plus fermes volontés s'usent rapidement; au bout de quelques années de fonctions, les doyens déclarent qu'ils sont à bout de forces, supplient l'archevêque de les relever d'une tâche trop lourde.

Les liens d'obéissance sont rompus depuis trop longtemps; les prêtres se sont habitués à une liberté sans limites et se cabrent contre toute discipline. Lorsque l'archevêque recommence les tournées d'inspection ou veut rétablir les réunions pastorales, presque tombées en désuétude, beaucoup de curés s'indignent, ne se rendent pas aux convocations.— L'exemple de la résistance vient d'en haut : l'évêque d'Olomouts refuse de reconnaître la suprématie d'Antonin Prous. Le chapitre de Prague ne renonce pas sans ennui à l'autorité qu'il a exercée pendant un siècle et demi; à diverses reprises, l'archevêque doit recourir à l'intervention du pape contre ses chanoines et ses doyens, « insolents, arrogants et rebelles w, sans d'ailleurs que les ordres du Saint-Père produisent grand effet. Les autorités temporelles sont plus mal disposées encore; les seigneurs catholiques ne sont pas plus respectueux que les protestants des droits de l'Eglise, les plaintes d'Antonin contre des nominations fâcheuses, dans lesquelles l'intérêt de la religion n'a certainement aucune part, sont fort mal reçues et non avenues. Les rois ne ménagent pas les promesses : autant en emporte le vent! Les intentions de l'archevêque sont suspectées, ses moindres démarches interprétées dans le sens le plus défavorable ; les États l'accusent auprès de Maximiliende vouloir introduire dans le royaume l'Inquisi-

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