I. Borovy, Antonin Brous, p. 210 et sq
236 LE PARTI CATHOLIQUE VERS iSjS
le fait attacher à une échelle et lui brûle les côtes avec une chandelle, parce qu'il a cassé un pot. Aucun Ordre n'est aussi gangrené que celui des Dominicains. Le Provincial, « tout adonné au luxe et à la mollesse », répand les fausses doctrines, écarte les prédicateurs orthodoxes, gaspille les revenus de l'Ordre. Le prieur du cloître de Sainte-Agnès à Prague, en 1 567, vole le calice de l'autel, vend les domaines du monastère, est accusé d'inceste ; traduit en justice, il veut prendre la fuite, envoie en avant sa cuisinière, très suspecte, avec toute une voiture chargée d'objets volés au couvent. Trois ans plus tard, le nouveau prieur veut établir un cabaret dans le cloître, et il faut un ordre exprès de l'Empereur pour le lui interdire. La même année, les conseillers de Prague accusent quelques moines d'avoir volé six poutres déposées sur la rive de la Vltava : lorsque les juges arrivent pour procéder à une enquête, les Dominicains barricadent leurs portes, soutiennent un siège ; il faut percer la muraille, et les agents sont accueillis par des huées et des injures. Le vol est prouvé; le visitateur déclare qu'il n'y est pour rien, s'excuse sur la misère des moines : d'ailleurs la rive de la Vltava leur appartient et ils ont le droit de prendre la dîme des objets qui y sont déposés; — c'est un mensonge éhonté, et ils n'ont aucun titre de propriété '. Ils construisent sur un ancien cimetière de petites huttes, les louent fort cher à des vagabonds de la pire, espèce qui souillent « et profanent le sanctuaire où reposent tant de braves gens ». Ils expulsent les honnêtes ouvriers qui logeaient dans leurs maisons et les remplacent par d'ignobles tavernes qui deviennent bientôt le rendez-vous des voleurs et des filles.
« L'Église menace ruine, écrit le doyen de Litomierzitse en 1570; voilà où nous ont conduits nos dissidences, nos divisions, nos colères, nos haines, nos désirs de vengeance. Autant d'hommes, autant d'opinions. Lorsque les bœufs tirent chacun de leur côté, le char n'avance guère - ».